Lyon: Une immense nécropole mise au jour sur la colline de Fourvière

DÉCOUVERTES Le site abrite au moins six cents sépultures datant de la période paléochrétienne...

Elisa Frisullo

— 

Lyon, le 14 octobre 2015. Les archéologues de l'Inrap ont mis au jour une grande nécropole sur un chantier en cours dans le quartier Saint-Irénée, sur la colline de Fourvière dans le 5e arrondissement. Six cents tombes datant du Ve au VIIe siècle de notre ère ont été découvertes. Lancer le diaporama

Lyon, le 14 octobre 2015. Les archéologues de l'Inrap ont mis au jour une grande nécropole sur un chantier en cours dans le quartier Saint-Irénée, sur la colline de Fourvière dans le 5e arrondissement. Six cents tombes datant du Ve au VIIe siècle de notre ère ont été découvertes. — Elisa Frisullo / 20 Minutes

Les fouilles ne sont pas encore achevées. Mais déjà, les trésors sortis de terre sur la colline de Fourvière font partie des découvertes les plus exceptionnelles faites à Lyon. En creusant dans les sols de l’ancien terrain des Sœurs Bon Pasteur, dans le 5e arrondissement, où doit être construite la résidence de luxe Lugdunum, les archéologues de l’Institut national de recherches préventives (Inrap) ont récemment mis au jour une vaste nécropole datant du Ve au VIIe siècle après Jésus-Christ. Une découverte située à quelques encablures des églises Saint-Irénée et Saint-Just.

Enterrés dans le plus grand dénuement

« Saint-Irénée est l’église où les premiers évêques ont été canonisés. Les Chrétiens voulaient se faire enterrer au plus près des saints et des églises. Il était probable qu’il y ait une nécropole ici, ce qui nous avait été confirmé l’an passé lorsque nous avions procédé à des sondages », indique Emmanuel Ferber, l’archéologue de l’Inrap responsable des fouilles.

Mais ce que les spécialistes ignoraient, c’était le nombre important de tombes enfouies depuis des siècles. Depuis le début du chantier, en juin dernier, 300 sépultures ont été fouillées et 600 répertoriées sur le terrain occupé jusqu’en 2010 par la congrégation des sœurs. Dans les tombes en coffrage en bois, très peu de mobilier ou de bijoux ont été retrouvés. « Dans les sépultures chrétiennes, à cette période, on se faisait enterrer dans le plus simple dénuement », ajoute l’archéologue.

Des amphores dans lesquelles étaient placés les bébés avant d’être enterrés ont également été exhumées. « Ce qui est exceptionnel, ce n’est pas tant la taille de la nécropole. Forcément dans une grande ville comme Lyon ou Marseille, les nécropoles étaient vastes. Mais ce qui est rare, c’est de fouiller autant de tombes, ce qui va nous permettre d’en apprendre beaucoup sur la population de cette période », poursuit Emmanuel Ferbert.

L’emprise du chantier limitée pour préserver le patrimoine

Les squelettes découverts seront transférés à l’Inrap à Bron pour être analysés par des anthropologues. Ils étudieront alors le sexe, la stature et l’âge du défunt, mais également les maladies ayant conduit à sa mort. Puis ils seront stockés dans des réserves de l’Etat.

Sur la partie du terrain non concernée par le chantier de construction, les sols ne seront pas creusés. « Pour limiter l’emprise des travaux et donc des fouilles qui auraient duré beaucoup plus longtemps, nous avons modifié le parking prévu initialement. Il sera situé sous le bâtiment d’habitations sur deux niveaux au lieu d’un, plus grand, prévu à l’origine. Cela nous permet de protéger le patrimoine. Une zone non fouillée, ce sont des vestiges protégés », indique Jean-Yves Rannou, directeur des opérations chez LEM.

Depuis le début du projet, le promoteur immobilier a travaillé en étroite collaboration avec les archéologues, ce qui a permis de réaliser les fouilles sans pénaliser l’avancée des travaux. Le premier immeuble d’appartements de luxe devrait être livré fin 2017. Le second bâtiment devrait accueillir ses premiers habitants mi 2018. Ces heureux propriétaires pourront alors se targuer de vivre sur un site recelant de véritables trésors archéologiques.

Mots-clés :