Se faufiler entre les deux files de circulation à moto ou à scooter. La pratique est interdite par le Code de la route, mais elle est souvent tolérée par les forces de l’ordre. A l’avenir, elle pourrait être généralisée. Le Rhône fait partie des quatre départements français qui vont expérimenter cette mesure à partir de l’automne pour une durée d’au moins deux ans.

Accidentogène ou pas ?

Cette circulation interfiles ne sera possible que sur les autoroutes ou les routes (séparées par un terre-plein), sans croisement ni intersection. Et à condition d’être sur des axes embouteillés ou de rouler au ralenti.

En contrepartie, les motards devront respecter des règles claires, notamment ne jamais dépasser les 50 km/h et circuler obligatoirement entre les deux voies les plus à gauche de la chaussée. « Une bonne chose » pour Michel Deboffle, délégué départemental de la Fédération des motards en colère (FFMC) de la Loire.

« Il est important de mettre en place des règles de protection pour les motards et de bon sens pour les automobilistes, poursuit-il. Sur la route, ça coince parfois car il n’y a pas toujours le respect de l’autre. » Un point de vue partagé par Claude Polidori, président de l’Automobile Club du Rhône, qui lui est relativement sceptique concernant cette mesure.

« Une pratique vieille de 40 ans »

« C’est dangereux car cela va donner le pouvoir aux motards qui ne respectent guère les limitations de vitesse, plaide-t-il. D’autant que les automobilistes ne peuvent pas toujours avoir les yeux fixés sur le compteur et les rétroviseurs. Cela risque de créer plus d’accidents et de tourments qu’aujourd’hui. »

« On ne roulera pas à vive allure puisque le différentiel autorisé est de 20 km/h », répond David Thomas de la FFMC du Rhône. « Cette mesure permettra de montrer que cette pratique vieille de 40 ans n’est pas plus accidentogène que les autres », précise le motard qui aurait néanmoins préféré que cette mesure s’applique à la « remontée de file » (dépasser une voiture en franchissant parfois la ligne continue).

« En tout cas, elle va permettre de lever le doute juridique. Après cette expérimentation, les assurances vont sûrement devoir revoir leurs conditions », estime David Thomas. Aujourd’hui, un motard qui est blessé lorsqu’il circule entre les files, est tenu responsable du sinistre.