Lyon: L'hypnose envoûte les hôpitaux

SANTE Cette pratique tend à se généraliser dans les établissements de santé de la ville...

Caroline Girardon

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Illustration d'une séance d'hypnose dans un bloc opératoire.

Illustration d'une séance d'hypnose dans un bloc opératoire. — Virginia Mayo/AP/SIPA

L’hypnose comme remède pour lutter contre la douleur ? Aujourd’hui, l’idée n’est plus aussi farfelue. Depuis quelques années, cette technique s’est invitée dans les hôpitaux et les blocs opératoires de Lyon, révolutionnant le monde de la médecine. Les cancers de la prostate par exemple, s’opèrent désormais de cette façon au centre du centre hospitalier Lyon-Sud.

A Lyon, on opère les cancers de la prostate sous hypnose


« On est loin des clichés selon lesquels l’hypnose consiste à envoûter un patient et le rendre totalement dépendant », prévient Patrick Bellet, président-fondateur de la CFHTB (Confédération francophone d’hypnose et de thérapies brèves).

Bien loin du spectacle même. « Il s’agit d’un outil supplémentaire qui permet de diminuer les douleurs aiguës et les problèmes d’anxiété », indique Didier Brodsky, médecin au service des urgences de l’hôpital Saint-Joseph Saint-Luc. Un service où tout le personnel, du brancardier à l’infirmière, a été formé à cette technique. A savoir 35 personnes, sachant que 26 autres salariés d’autres services comme la réanimation ou la radiologie maîtrisent également parfaitement l’hypnose.

Subir une ponction lombaire tout en chantant

« On l’utilise depuis quatre ans, raconte Didier Brodsky. Aujourd’hui toutes les ponctions lombaires sont effectuées sous hypnose. Dernièrement, on en a réalisé une sur une patiente, chanteuse de gospel. Pendant qu’on l’opérait, elle chantait et ne se rendait compte de rien. »

« L’hypnose n’est pas une perte de conscience même si on peut être dans un état profond, poursuit Patrick Bellet. Le patient ressentira des sensations mais pas de douleur. Il peut se faire opérer le bras et continuer pendant ce temps à parler du match de foot de la veille avec le médecin. »

Un outil supplémentaire

« L’hypnose ne remplace pas les produits chimiques. On ne va pas abandonner pour autant toutes les autres techniques utilisées », précise Didier Brodsky. Mais force est de reconnaître que la méthode est plus avantageuse pour le patient.

« Les pansements faits au service des grands brûlés sont généralement très douloureux. Quand les patients sont hypnotisés, ils consomment beaucoup moins de morphine et de tranquillisant », indique Jacqueline Payre. « Ils récupèrent également plus vite. Et nous, nous avons l’impression de remplir pleinement notre rôle de soignant. »

De là à révolutionner la prise en charge future des patients ? La fondation Apicil qui soutient les actions de lutte contre les douleurs, finance actuellement une trentaine de projets de formations en Rhône-Alpes.

« Nous sommes aujourd’hui sollicités par la plupart des établissements de santé », confirme sa directrice Nathalie Aulnette. « Au début, c’était souvent les infirmières qui manifestaient leur intérêt, mais aujourd’hui, nous avons de plus en plus de médecins et de chirurgiens qui s’impliquent. »

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