Paul François agriculteur cerealier a Bernac en Charente sera a Lyon devant la cour d'appel jeudi 28 mai  pour un  'ultime' proces contre Monsanto.  En premiere instance,  le tribunal avait en 2012 reconnu Monsanto responsable du prejudice de Paul Francois suite a l'inhalation du produit Lasso.
Bernac,France -27/05/2015/NOSSANT_NOSSANT1841008/Credit:JEAN MICHEL NOSSANT/SIPA/1505271847
Paul François agriculteur cerealier a Bernac en Charente sera a Lyon devant la cour d'appel jeudi 28 mai pour un 'ultime' proces contre Monsanto. En premiere instance, le tribunal avait en 2012 reconnu Monsanto responsable du prejudice de Paul Francois suite a l'inhalation du produit Lasso. Bernac,France -27/05/2015/NOSSANT_NOSSANT1841008/Credit:JEAN MICHEL NOSSANT/SIPA/1505271847 - SIPA

«C’est de l’acharnement et tout cela est épuisant. Plusieurs fois, je me suis posé la question de continuer.» A la sortie de l’audience de la cour d’appel de Lyon, Paul François reconnaît qu’il n’a pas été ménagé par ses détracteurs.

L’agriculteur qui vit en Charente, livre depuis huit ans un combat acharné contre la firme américaine Monsanto. Jeudi, la cour d’appel de Lyon s’est donc penchée sur le recours de l’industriel, jugé responsable en février 2012 de l’intoxication du céréalier à un herbicide : le Lasso.


Monsanto jugé « responsable » de l’intoxication d’un agriculteur français

L’accident était survenu le 27 avril 2004. Ce jour-là, Paul François qui décide de nettoyer l’une de ses cuves, reçoit accidentellement des vapeurs du produit au visage, qu’il inhale à plein poumon. S’ensuivent d’intenses mots de tête, des crachats de sang, des malaises, des pertes de connaissances pendant presque un an.

«Les experts sont formels en disant qu’il faut inhaler de très fortes doses pour avoir de tels symptômes alors que Paul François en a respiré une fraction de secondes, attaque Jean-Daniel Bretzner, l’un des avocats de Monsanto citant les rapports de 9 experts. D’autant que les substances disparaissent au bout d’une heure dans le corps. Les dommages respiratoires ou neurologiques qu’il dit avoir subis, n’existent pas.»

«Aucune preuve de l’accident»

«Les vertiges ou autres sont des manifestations anxieuses résultant de la peur engendrée par l’accident. En aucun cas, ils ne sont dus à l’inhalation de ce pesticide», poursuit l’une de ses consœurs, allant même jusqu’à remettre en cause les dires de l’agriculteur. «Il n’y a aucun témoin direct de l’accident, donc pas le moindre début de preuve sérieuse de ce qui s’est passé», plaide-t-elle.

Monsanto : «Ils savaient que c’était dangereux»

Des propos qui font bondir la défense. «La stratégie de Monsanto repose depuis toujours sur le harcèlement judiciaire, la mauvaise foi et l’indélicatesse. Il se ridiculise en venant contester une nouvelle fois les faits et en allant même jusqu’à dire qu’ils n’ont pas finalement pas produit le pesticide incriminé», répond François Lafforgue, avocat de l’agriculteur qui s’est attaché à contredire chaque point souligné par les défenseurs de Monsanto.

«Il se grandirait en invoquant d’autres arguments», poursuit l'avocat. «Ils sont même odieux», lâche Paul François. «Il y a 140 ou 150 pièces qui ont été versées au débat par mon client, qui justifient à la fois de l'accident, de son intoxication et des préjudices qu'il subit. Il vit un calvaire depuis plusieurs années», conclut François Lafforgue. Le verdict est attendu le 10 septembre.

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