Illustration d'une opération sous hypnose.
Illustration d'une opération sous hypnose. - Virginia Mayo - AP-SIPA

Imaginez-vous les yeux grands ouverts, allongés sur une table d'opération. Un cauchemar? Non, car vous ne ressentirez rien. Vous serez sous hypnose. Cette pratique, bien que peu répandue en chirurgie, séduit de plus en plus les centres hospitaliers de France.

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A Lyon, on vient de franchir une étape supplémentaire dans ce domaine. Car désormais on opère les cancers de la prostate par curiethérapie sous hypnose. Une première en France. «L'hypnose permet de remplacer l'anesthésie générale, habituellement pratiquée pour ce type d'intervention, qui est très douloureuse», indiquent les hospices civils de Lyon.

«On évite les risques liés à l'anesthésie et ses effets secondaires : nausées vomissements, fatigue», complète Olivier Chapet, chef du service de radiothérapie à l'hôpital Lyon-Sud. «Le patient après intervention sous hypnose est rapidement en forme. Il peut reprendre ses activités dans les jours qui suivent l'intervention.»

Le patient conscient

Le patient n'est d'ailleurs pas endormi. Il reste conscient tout au long de l'intervention. «Il s'agit alors de focaliser son attention et de la détourner afin de lui permettre de s'évader dans son monde intérieur», précise Edwige Rigal, médecin anesthésiste, formée à l'hypnose. Pierre Charvet en a récemment fait l'expérience.

«Quand on m'a proposé cette technique, j'ai été rapidement intrigué. J'ai dit oui tout de suite, témoigne-t-il. L'anesthésiste m'a toutefois rassuré en me disant que si je résistais et qu'elle n'arrivait pas à m'hypnotiser, on m'endormirait de façon classique.»

En pleine forme

L'homme s'est alors retrouvé dans la salle d'opération, seul avec elle et le radiothérapeute. «Le chirurgien ne parlait jamais. Il communiquait avec elle à l'aide d'ardoises pour ne pas perturber l'hypnose. Un moment, j'ai lu qu'il voulait commencer. Je m'inquiétais car j'étais toujours là et j'avais l'impression d'être parfaitement conscient.»

Sauf que Pierre Charvet n'a rien senti des 20 piqûres qu'on lui a faites à ce moment-là dans le corps. Occupé à parler au médecin anesthésiste, il n'a jamais réalisé ce qu'il se passait réellement. Après une heure et demie d'intervention, il est ressorti en pleine forme. «J'ai juste eu l'impression qu'on me faisait une prise de sang, raconte-t-il. Je suis retourné dans ma chambre manger et je suis rentré chez moi à 15h30.»

A Lyon, une vingtaine de cancers de la prostate ont été traités de la sorte.

 

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