Les militants UMP crient, le crieur de la Croix Rousse aussi

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Publié le 7 mai 2007.

Depuis bien longtemps, Gérald Rigaud n'avait pas vu autant de monde se presser autour de lui pour sa criée hebdomadaire. Une manifestation devenue rituelle sur le marché de la Croix-Rousse (4e) où, hier matin, second tour de la présidentielle oblige, la politique s'est ici comme ailleurs invitée sur la place publique.

« En tant que crieur, je ne dois pas prendre position », avait pourtant prévenu dès son arrivée Gérald, 32 ans, à l'origine de la manifestation anti-Sarkozy organisée le 5 avril sur le plateau lors de la venue à Lyon du candidat UMP. Mais la tentation était trop forte à la lecture des messages des Croix-roussiens confiés à ses talents d'orateur. « Je bois du Morgon et j'en profite tant que ce n'est pas encore interdit », a par exemple écrit un habitant, suscitant dans l'assemblée rires et applaudissements. « Je souhaite la bienvenue aux Sarkozystes qui sont parmi nous car lorsque nous sommes ensemble, tout devient possible », a dès lors embrayé le jeune comédien, empruntant avec ironie le slogan de campagne de Nicolas Sarkozy. « J'ai fini par croire aux sondages, il va passer. J'attends maintenant que la déception et la colère qui découleront de son élection créent un élan collectif », a ajouté à l'issue de sa criée Gérald, soucieux de faire émerger au niveau local « des actions collectives positives » pour faire évoluer la société.

Dans cette optique, une agora plénière était organisée dans l'après-midi au parc Chazières (4e) pour nourrir le programme du futur président. « Plutôt que de rester à angoisser chez moi, je préférais venir parler politique d'une manière différente, sans tension », a souligné Cindy, 25 ans, invitée comme les 200 Lyonnais participants au pique-nique à rédiger trois propositions essentielles pour l'avenir de la France. Des préoccupations qui, à quelques heures des résultats, tournaient essentiellement autour du droit au logement pour tous, la gratuité des transports publics ou le droit de vote des résidents étrangers. « Cela sera plus difficile à mettre en place sous Sarkozy, mais rien n'est joué. Nous avons encore les législatives pour nous faire entendre », a conclu Vincent, la trentaine.

©2007 20 minutes
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