Le groupe de transport Norbert Dentressangle a subi mardi des perquisitions dans quatre sites, dans le cadre d'une enquête vraisemblablement liée à du travail dissimulé, a indiqué un responsable syndical CFTC, la direction confirmant l'opération à l'AFP.
Le groupe de transport Norbert Dentressangle a subi mardi des perquisitions dans quatre sites, dans le cadre d'une enquête vraisemblablement liée à du travail dissimulé, a indiqué un responsable syndical CFTC, la direction confirmant l'opération à l'AFP. - Olivier Morin afp.com

Du «travail illégal». Trois sociétés du groupe Dentressangle et plusieurs cadres régionaux vont comparaître à partir de mercredi devant le tribunal correctionnel de Valence (Drôme) pour des faits présumés de «travail illicite de main-d’œuvre» et «délit de marchandage».

Le transporteur est accusé d'avoir «détaché» des conducteurs roumains, polonais et portugais. Environ 1.500 entre les années 2005 et 2012. Soit 20% des effectifs. Des «esclaves de la route», selon la CFTC et FGT CFTC qui se sont portées partie civile.

Payés deux à trois fois moins chers qu'en France

«Il ne s'agissait pas de travailleurs étrangers mobiles qui arrivaient en France avec leurs poids lourds pour ensuite stationner sur les sites français», raconte Pascal Goument, président du syndicat CFTC Norbert Dentressangle. Les chauffeurs, issus des filiales étrangères du groupe, étaient acheminés par minibus, par groupe de dix, sur le site où ils prenaient leur service.

«Dans ce cas de figure, ils auraient dû être embauchés sous un contrat français avec un niveau de rémunération comparable à celle des pays qui les salarient», poursuit le syndicaliste. Or, ces hommes auraient été payés 2 à 3 fois moins chers que leurs homologues français. «De plus, on met ainsi en concurrence les salariés français et étrangers. C'est inacceptable», s'insurge Pascal Goument.

« Pas d'autre choix que de faire appel à nos filiales européennes »

«Des directives européennes sont en place depuis des années, Dentressangle ne les a jamais respectés, estime Thierry Douine, président de la fédération générale CFTC Transports. Nous attendons que ces pratiques-là soient révélées au grand jour. Et surtout, qu'elles cessent.» Car le cas de Norbert Dentressangle ne «serait pas isolé».

De son côté, le groupe affirme ne pas avoir enfreint la loi. «Le marché du transport international est très concurrentiel. Nous n'avons pas d'autres choix que de faire appel à nos filiales européennes pour effectuer ces transports, être compétitif et répondre à la demande de nos clients», indique Thierry Leduc, directeur de la communication de Norbert Dentressangle.

«Nous sommes attachés à démontrer que nos filiales roumaines ou polonaises sont de véritables entreprises, respectueuses de la réglementation européenne du travail. Ces salariés répondent à leurs supérieurs hiérarchiques, ils sont sous l'autorité des sociétés dont ils dépendent.»

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