Lyon: Ils lancent des soirées pour les roux !

SOCIETE Lassés d'être souvent stigmatisés, les rouquins ripostent en organisant des «Ginger party» sur Lyon. Un concept inédit...

Caroline Girardon

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Alice et Gérald ont lancé les Ginger Party à Lyon, soirées réservées aux roux.

Alice et Gérald ont lancé les Ginger Party à Lyon, soirées réservées aux roux. — C.Girardon

L'idée est née d'un «délire», comme ils aiment à le rappeler. Tout est parti d'une soirée, où attablés dans un pub du quartier Saint-Georges à Lyon, ils discutaient des mésaventures qu'ils avaient connues dans leur enfance. Car leur problème, façon de parler, c'est leur couleur de cheveux: rousse. Souvent raillés, voire tyrannisés par leurs petits camarades, ils ont décidé de prendre une revanche sur le passé avec humour.

C'est Alice, serveuse anglaise de 24 ans, qui a imaginé le concept: organiser chaque premier lundi du mois des «Ginger party», des soirées festives, réservées aux rouquins(e)s ou ... aux personnes venant avec une perruque ! La seconde du genre est prévue lundi 2 mars au Johnny Walsh

Moqueries et harcèlement

«On avait envie de développer le côté communautaire», explique Gérald, livreur de quenelles à la barbe flamboyante. Mais derrière l'aspect insolite de l'événement, se cachent de vraies blessures. 

«Quand j'étais jeune, je détestais ma couleur de cheveux. A 15 ans, je me suis même teinte en noir pour être différente. Aujourd'hui, je ne le referai pour rien au monde car j'adore être rousse. J'aime dire à mon copain que c'est exotique», relate Alice en riant.

Dans le passé, la jeune femme a pourtant souffert des moqueries des autres enfants. «Petite, on riait de moi, témoigne-t-elle. On me traitait de "ginger" , un mot anglais peu sympathique. Mais finalement, ce n'était pas si méchant, comparé à ce qui s'est passé après.»

Créer un effet boule de neige

«Quand on est enfant, on aime se moquer des autres en caricaturant les choses. Ce ne sont pas les mots ou les expressions en tant que telles qui parfois sont le plus blessantes. Mais ça le devient quand elles le sont de façon répétée. Cela peut vraiment être traumatisant», indique Gérald. Ce fût le cas pour Alice.

«Vers 12-13 ans, les moqueries ont viré au harcèlement», témoigne-t-elle. Devenue un bouc émissaire, l'adolescente se renferme, allant à l'école la peur au ventre. «Mon quotidien était horrible, à tel point que mes parents ont fini par me changer d'établissement scolaire.»

>> Pour découvrir les Ginger Party sur Lyon

Aujourd'hui, les organisateurs espèrent «créer un effet boule de neige». Le but de la soirée, c'est bien sûr de se retrouver entre roux, partager ses souvenirs «comme dans une thérapie de groupe» mais c'est aussi de «faire la fête ensemble et de découvrir des talents pour les mettre en avant», selon Gérald. «On veut casser cette image du mauvais roux et faire émerger des artistes pour ensuite créer d'autres événements», conclut-il. 

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