EDUCATION - Roland Debbasch est nommé à sa place...
Le recteur de l'académie de Lyon, Alain Morvan, dont le remplacement a été annoncé mercredi en conseil des ministres, s'est dit «Kärcherisé», et a assuré prendre cette «sanction» comme «un honneur qui justifie les combats que j'ai menés». «Il ne s'agit pas d'une mutation, mais d'une sanction, une révocation», a jugé le recteur devant quelques journalistes.
Comme des bruits de couloirs le laissaient entendre depuis vendredi dernier, Roland Debbasch, actuel directeur de l’enseignement scolaire au ministère de l’Education nationale, a été nommé hier en conseil des ministres à la tête de l’académie de Lyon, en remplacement d’Alain Morvan, en poste depuis juillet 2002.
Vendredi, l’association étudiante Hippocampe contre le racisme, le négationnisme et l’antisémitisme avait adressé une lettre ouverte au président de la République pour s’opposer à ce départ, perçu dans le landerneau éducatif comme « un limogeage pur et simple » au lendemain de l’affaire Al Kindi.
Un recteur aux positions tranchées
Au cours des six derniers mois, le recteur Alain Morvan, réputé pour ses positions marquantes contre le négationnisme lors de l’affaire Gollnisch,
s’est vivement opposé à l’ouverture du collège-lycée musulman Al Kindi de Décines. Un établissement privé hors contrat, qui après une longue bataille administrative et juridique avec le rectorat, a finalement été autorisé à
ouvrir ses portes le 5 mars dernier par le conseil supérieur de l’Education, basé à Paris. Quelques jours avant, le recteur de Lyon avait déclaré, avoir
subi, dans ce dossier, « des pressions » du ministère de intérieur, avant d’être contraint au silence par sa hiérarchie. Alain Morvan, professeur des universités de Paris, doit tenir cet après-midi une conférence de presse pour s’exprimer sur son départ.
Elisa Frisullo