Lyon: Grièvement blessé par un tir de flash-ball, un supporter de l'OL accuse la police de bavure

FAITS DIVERS Le jeune homme de 26 ans a été touché dimanche soir lors des échauffourées ayant éclaté en marge du match de foot entre Lyon et Montpellier...

Caroline Girardon

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Illustration de flash-ball à Lyon

Illustration de flash-ball à Lyon — Pasval Fayolle / SIPA

Que s'est-il réellement passé dimanche soir en marge du match de foot entre l'OL et Montpellier? Alors que des échauffourées ont éclaté entre bandes rivales de supporters au niveau de la station essence proche du stade de Gerland, un jeune homme de 26 ans a été grièvement blessé à l'arcade sourcilière, essuyant un tir de flash-ball de la part des policiers dépêchés sur place.

«Il s'agit d'un supporter déjà connu des services de police, qui appartient au mouvement des ultras depuis l'année 2002, décrit à 20 Minutes, une source proche de l'enquête. Il a été interdit de stade à deux reprises. Il a été vu plusieurs fois parmi les milieux les plus durs de supporters, des milieux proches de l'extrême-droite.»

« Un supporter mais pas un hooligan »

Du fond de son lit d'hôpital, Alexandre, la victime, s'en défend. «Ce sont des interdictions administratives. La dernière remonte à 5 ans, se justifie-t-il. J'ai été interpellé avant un déplacement de supporters. Nous avions prévu de partir en bus mais nous n'avions pas l'autorisation de la Préfecture». Et d'insister : «Je suis un supporter depuis dix ans mais pas un hooligan. Je n'ai jamais été jugé, ni même arrêté pour des faits de violence.»

Alexandre, la victime après avoir essuyé un tir de Flash-Ball, dimanche 19 octobre 2014 en marge du match OL-Montpellier - DR

 

«Je n'étais pas du tout à l'endroit où la bagarre a éclaté, assure Alexandre, interrogé par 20 Minutes. Je me trouvais à l'opposé, à 250 mètres environ. Curieux, j'ai regardé la scène de loin quand un supporter montpelliérain s'est approché. Il y avait des familles, des enfants. Je me suis interposé sans le toucher et lui ai demandé de partir. Ce qu'il a fait. Ensuite, une trentaine de personnes qui le suivaient, sont arrivées. J'ai reculé. Les policiers tiraient. Là, je me suis pris un tir de flash-ball en pleine tête.» Une histoire qui n'est pas sans rappeler l'affaire Casti survenue à Montpellier il y a deux ans.

Risque de cécité

«Il y avait des caméras qui peuvent attester ses dires», appuie l'un de ses amis. La suite, le jeune homme n'en souvient pas. Il a été emmené d'urgence à l'hôpital Edouard-Herriot, où les médecins ne sont guère optimistes. Il pourrait bien perdre l'usage de son œil droit. «J'ai un décollement de la rétine. Si la rétine se déchire ou qu'une cicatrice se colle dessus, je ne verrai plus rien», précise Alexandre. Un sérieux handicap sachant que le garçon a déjà perdu son œil droit il y a 5 ans suite à un accident du travail.

Deux enquêtes en cours

Le supporter qui envisage de porter plainte, dit «ne pas chercher à salir le policier» qui lui a tiré dessus. Mais il entend relancer le débat sur l'usage des flash-ball. «Le tir a été effectué à hauteur de la tête, insiste l'un de ses amis qui a lancé un appel sur Facebook pour retrouver des témoins de la scène. Imaginez si la victime avait été un enfant. Pourquoi ne pas tirer dans les jambes, les pieds ou le torse?»

Deux enquêtes de police sont en cours. La première, administrative, visera à établir l'origine et la nature des blessures de la victime. La seconde, judiciaire, devra permettre de déterminer les responsabilités de chaque groupe de supporters dans le déroulement des faits.

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