Un tee-shirt à l’écoute de notre santé

SCIENCES Une entreprise lyonnaise a inventé un maillot permettant de mesurer fréquence cardiaque et mouvement...

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Un tee shirt connecté inventé à Lyon

Un tee shirt connecté inventé à Lyon — DR

Des tee-shirts capables de mesurer le rythme cardiaque, la vitesse ou position à la place des ceintures et bracelets GPS… Inimaginable il y a encore quelques années, cette technologie, mise au point par le spécialiste lyonnais du vêtement connecté Citizen Sciences, devrait prochainement débarquer dans les magasins spécialisés.

Ce défi industriel, récompensé en janvier au Consumer Electronics Show de Las Vegas, a commencé en 2003 sous l’impulsion de Jean-Luc Errant, alors spécialiste des nouvelles technologies de l’information et de la communication appliquée à la santé. «Il cherchait au départ un outil léger et fiable pour suivre la santé des sportifs dans des conditions extrêmes comme l’alpinisme, explique Laure Jouteau, directrice marketing de Citizen Sciences. Les vêtements étant les seules choses qu’on n’oublie pas en partant de chez soi, le textile s’est imposé comme le support idéal.» 

Des micro capteurs tissés

En 2008, Citizen Sciences voit le jour et le projet industriel est lancé et développé avec le soutien d’une douzaine d’industriels et partenaires académiques, moyennant 18 millions d’euros d’investissement sur quatre ans. Le fonctionnement de «D-shirt» repose sur des micro capteurs tissés dans la fibre textile. Les informations récoltées sont transmises dans un petit boîtier intégré dans le vêtement, analysées et transférées sur smartphone.

En créant le D-shirt, Citizen Sciences voulait à tout prix éviter le côté gadget et concevoir une technique compatible avec une production industrielle en grande série. Le maillot a donc été conçu pour être confortable à porter et supporter entre 100 et 200 lavages

Le prototype actuel permet de mesurer la fréquence cardiaque, le mouvement (vitesse, accélération, saut) et la position GPS. «Mais demain, nous voulons pouvoir mesurer le niveau d’hydratation, la température, la respiration», ajoute la start-up qui doit sortir cet été la présérie industrielle. Les maillots seront ensuite testés sur un panel d’utilisateurs, et vendus en ligne et dans les boutiques du réseau Cyclolab pour la coquette somme de 300 euros.

Un maillot bientôt testé par l’Asvel et l'ASSE

Avant d’arriver en boutique, le t-shirt connecté aura fait l’objet de longues années d’études et de conception. Une aventure technologique à laquelle ont participé des chercheurs, industriels, réseaux de distribution mais aussi des clubs sportifs. L’Asvel, club de basket de Villeurbanne, participe au projet depuis deux ans, tout comme le stade Toulousain et l’AS Saint-Etienne. «Au bout du bout, ce vêtement connecté doit nous permettre de connaître, grâce à toutes une série de données croisées, l’état de forme du joueur. S’il est fatigué ou pas», explique le préparateur physique de l’Asvel Fabrice Serrano.

Une fois ces informations en poche, ce professionnel espère ainsi améliorer «la préparation des basketteurs et leurs performances». Fin 2014, certains joueurs villeurbannais, rugbymen toulousains et footballeurs stéphanois testeront le maillot.  Les échanges et tests avec les joueurs doivent nous permettent de savoir ce dont ils ont besoin en terme de données et de développer nos textiles connectés», explique Citizen Sciences, qui travaille déjà sur la sortie d’autres vêtements connectés. «L’objectif, c’est qu’en 2015, on puisse avoir sa panoplie connectée, composée du t-shirt et d’un caleçon de course connectés», précise la société.

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