Fumeuse nouvelle pour l'Opéra

Après la série de malfaçons observées ces dernières années, une nouvelle série de défaillances vient remettre en cause les conditions de sécurité

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Encore une tuile pour l'Opéra de Lyon. Après la série de malfaçons observées ces dernières années sur l'équipement scénique, la verrière, les pare-soleil et le toit de l'opéra Nouvel inauguré en 1993, des défaillances du système de désenfumage et de ventilation du bâtiment viennent remettre en cause les conditions de sécurité à l'intérieur de l'ouvrage. C'est en tout cas ce qui est ressorti hier matin de l'examen des « vices » par le tribunal administratif, faisant suite à une requête de la ville de Lyon. Cette dernière, maître d'ouvrage de l'opéra, a saisi la justice afin d'obtenir la condamnation des entreprises intervenues sur le chantier de rénovation de l'édifice. Selon un rapport d'expertise menée en 2004 à la demande de la mairie et dont certains extraits ont été lus à l'audience, le système d'extraction de fumées « ne fonctionne qu'à 50 % de sa performance réglementaire » sur certaines parties du bâtiment. « Il y a un risque potentiel que l'ouvrage soit mis en péril », conclut l'expert nommé par la justice. Dans les cuisines de l'opéra, où des travaux ont été réalisés au niveau des hottes et des fourneaux pour éviter l'éventuelle propagation d'un incendie, même constat : les vices constatés sur le réseau de ventilation pourraient compromettre « la sécurité des usagers ». Pourquoi alors laisser l'opéra de Jean Nouvel ouvert au public dans cet état ? « Aujourd'hui, à la vue de l'expertise, on ne peut pas dire qu'il y a des risques. Le rapport de l'expert est incomplet », note l'avocat de la mairie de Lyon, Alain Duflot, soucieux d'obtenir de la justice « un complément d'expertise ». Le commissaire du gouvernement lui a donné en partie raison, en soulignant l'« insuffisance » des investigations sur certains points et en prescrivant un complément d'enquête sur les cuisines. Sans pour autant remettre en cause les conclusions de l'expert sur les conditions de sécurité.

Elisa Frisullo

En février 2000, l'opéra, qui a coûté six fois plus cher que prévu, avait fermé en urgence à cause de cintres dangereux.

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