Un millier de jeunes patients passent par la fusée avant le vrai examen.
Un millier de jeunes patients passent par la fusée avant le vrai examen. - C. Villemain / 20 minutes

Elisa Riberry-Frisullo

Ce mardi, Elise, 8 ans, se prête facilement au jeu à l'hôpital Mère-Enfant de Bron. Elle s'allonge et reste immobile dans le tunnel de l'IRM factice, désormais utilisée pour un millier d'enfants de 3 à 10 ans chaque année. Ce joujou en forme de fusée, ressemblant à la vraie machine, a vu le jour en à Lyon à l'initiative de l'association Le Petit Monde. Cette innovation brevetée, première du genre au monde, entre dans sa phase de fabrication en série et de commercialisation, après neuf ans de tests et d'améliorations.

Les hôpitaux demandeurs
L'idée de l'« IRM en jeu » a germé en 2003 dans l'esprit de Jean-Pierre Parcros, président de l'association. Il est alors radiologue à l'ancien hôpital Debrousse et cherche une solution pour limiter l'usage des anesthésies générales ou de la sédation, fréquent sur les enfants lors de l'imagerie médicale. L'examen est indolore, mais impressionnant pour les patients, isolés dans un tunnel où le bruit peut dérouter. « C'est angoissant pour les adultes, et plus encore pour les enfants qui doivent rester totalement immobiles pour que l'examen soit réussi », précise le professeur Pracros. Le premier IRM factice qu'il imagine ressemble à un jouet gonflable. « Nous avons alors réalisé entre 2007 et 2009 des tests de recherche clinique sur 300 enfants avec ce prototype », explique Sarah Fatton, administratrice du Petit Monde et responsable du projet.
Les résultats sont sans appel. Les anesthésies sont évitées sur 87 % des 3-6 ans passés dans la fusée, juste avant l'examen, pour être familiarisés aux contraintes de l'IRM. « Pour l'enfant, les suites d'une anesthésie ne sont pas anodines, c'est donc une réelle innovation. Cela permet aussi de réduire les coûts liés à l'IRM (500 € l'examen) », précise Nathalie Gateau, directrice du mécénat chez Apicil. Ce groupe a financé le développement de l' « IRM en jeu », dont le dernier modèle doté d'un écran tactile et de la vidéo, permet la projection d'un dessin animé pendant la préparation. Un précieux joujou qu'une quinzaine d'hôpitaux français souhaitent désormais acquérir, selon l'association.

Recherche mécènes

Depuis 2003, le projet IRM en jeu a coûté 172 000 €. Pour en faire bénéficier d'autres hôpitaux, l'association Le Petit Monde recherche des mécènes pouvant financer l'achat de la fusée, fabriquée par la société lyonnaise Domed. Chaque IRM coûte 9960 € après réduction d'impôt liée aux dons.