La lecture en couleurs fait ses preuves

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Publié le 30 octobre 2012.

Insertion « 20 minutes » a suivi un cours de français donné à des réfugiés selon la méthode Gattegno

Dans cette classe, pour apprendre à lire, il n'y a ni livres ni abécédaires. Mais un cadre composé de rectangles de couleurs affichés au tableau. Et il suffit que Patrick pointe sa baguette en fer sur l'une d'elle pour que les « apprenants » émettent un son. Blanc pour le A, vert clair pour le S… Les syllabes s'enchaînent au fil des couleurs pour devenir des mots puis des phrases. Difficile pour le spectateur lambda de déchiffrer ce qui se joue devant lui. Mais Ira, Laurence ou Evguenia, présents ce jour-là, maîtrisent parfaitement l'exercice. Ces réfugiés économiques ou politiques font partie des 150 étrangers accueillis en formation chaque année à l'Union féminine civique et sociale. Un public envoyé par les structures d'aide à l'insertion, les missions locales, le Pôle Emploi.

La base pour s'intégrer
L'association lyonnaise, mobilisée pour la formation et l'insertion des jeunes et adultes, propose l'apprentissage de la lecture en couleurs, dite pédagogie Gattegno. Mise au point en 1957 par un mathématicien égyptien, cette approche repose sur la prise de conscience des liens entre l'écrit et l'oral. « Cette méthode est extraordinaire, lâche Laurence, 26 ans, originaire du Soudan. On est à la porte du français. Ces outils nous donner les clés pour l'ouvrir », explique le jeune homme, désormais à l'aise à l'oral. Il faut dire qu'ici, ce sont surtout les stagiaires qui prennent la parole. « Il y a un jeu permanent de ping-pong entre le formateur et l'apprenant, qui s'approprie le cours et fixe ses objectifs. Nous, on les accompagne », explique Patrick, l'un des deux formateurs. Ira, 50 ans, employée dans la restauration scolaire est conquise. « J'avais besoin de mieux me faire comprendre, d'avoir la bonne prononciation. » Gaiane, jeune arménienne voit dans cet apprentissage rapide un plus pour s'intégrer. « Le langage, c'est la base pour travailler et être autonome », dit-elle. « Le but est bien que le stagiaire soit capable d'aller plus loin dans son projet à l'emploi ou à l'intégration », ajoute Patrick.

Elisa Riberry-Frisullo
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