Il n'a finalement pas attendu que ses plus fervents opposants manifestent ce lundi soir en marge du conseil municipal de Villefranche, comme ils avaient menacé de le faire. Gérard Ducray a démissionné vendredi matin. L'ancien adjoint à la Sécurité a expliqué dans un courrier qu'il agissait ainsi « pour ne pas gêner (ses) collègues du conseil municipal et également pour donner satisfaction à (sa) famille. »

« Etre irréprochable »
Suite à la plainte d'une ancienne salariée de la mairie, et quatre mains courantes déposées par d'autres victimes, l'homme avait été condamné en 2010 pour harcèlement sexuel par le tribunal correctionnel. Une peine confirmée quelques mois plus tard par la cour d'appel. Mais l'ancien député UMP du Beaujolais, âgé de 70 ans, avait aussitôt saisi le conseil constitutionnel, estimant que les éléments constitutifs de ce délit n'étaient pas clairement spécifiés dans la loi. La suite ? Les sages lui donnent raison au mois de mai dernier en abrogeant la loi sur le harcèlement sexuel. Lavé de tout soupçon et affirmant son innocence, Gérard Ducray revient siéger au conseil municipal de juin, provoquant ainsi la colère de Danielle Lebail. L'élue PC mène alors la fronde, soutenue par le Front de gauche, les écologistes et l'association Femmes égalité. « Sa démission est un soulagement, explique la conseillère régionale. Il a fait sauter la loi par des moyens juridiques et s'est retrouvé innocent. Mais à nos yeux il ne l'est pas ». Dans une lettre que 20 Minutes s'est procurée, le septuagénaire reproche à Danielle Lebail « de n'avoir écouté que la seule personne qui (le) poursuit de sa vindicte » et d'avoir « donné à cette affaire juridique, un caractère politique sans avoir examiné le dossier avec précision ». « Je n'en ai jamais fait une affaire personnelle, répond l'intéressée. Mais pour moi, un élu condamné à deux reprises n'a plus de raison de siéger. Et en cette période, on se doit, nous les élus, d'être irréprochables. »

Une nouvelle loi promulguée en août

Le Parlement a définitivement adopté le 31 juillet la loi sur le harcèlement sexuel, promulguée le 6 août. L'abrogation de ce délit le 4 mai par le Conseil constitutionnel avait entraîné l'extinction immédiate des procédures judiciaires en cours. La nouvelle loi vise à sanctionner le délit de harcèlement sexuel, en prenant en compte l'ensemble des situations, mais aussi à encourager les victimes à porter plainte.

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