Jérôme Pagalou

Jamais deux expositions aussi liées à la musique ne s'étaient succédé au Musée d'art contemporain de Lyon. Mais jamais peut-être il n'y a eu d'univers aussi différents que ceux de Robert Combas et du défunt John Cage, célébré pour ses 100 ans à partir de jeudi (inauguration gratuite à 18 h 30) à Lyon. « Nous sommes passés d'un trop plein d'œuvres dans le musée avec Combas, à un probable trop vide avec l'univers zen et minimaliste de Cage, remarque le directeur du Mac Thierry Raspail. C'est notre rôle de prendre ce type de risques. »

Des concerts… d'ameublement
Car les deux étages de « Cage's Satie : Composition for Museum » ont toutes les chances de déstabiliser les visiteurs, avec son faible nombre d'œuvres visuelles. L'expo a pris le parti de s'intéresser à l'admiration totale vouée par Cage au pianiste français Erik Satie, dont il a notamment repris Les Vexations, phrase répétée 840 fois pour… 18 h de concert ! Dans la même lignée, le premier étage du Mac propose douze morceaux sortant des murs de manière aléatoire. John Cage, qui n'a jamais vu de différence entre musique et silence, avait d'ailleurs repris le concept de « musique d'ameublement » de Satie. Des musiciens lyonnais le revisitent samedi (14 h et 15 h au Mac, 18 h et 19 h au CNSMD), lors de surprenants concerts gratuits.

Autres artistes

La Monte Young et Marian Zazeela, George Brecht et Richard Buckminster Fuller, qui ont tous un lien avec John Cage, seront aussi exposés au Mac Lyon jusqu'au 30 décembre, du mercredi au dimanche (de 11 h à 18 h, 4 ou 6 €, gratuit pour les moins de 18 ans).