Clément et les autres ont fini de déballer leurs cartons dimanche après-midi.
Clément et les autres ont fini de déballer leurs cartons dimanche après-midi. - C. VILLEMAIN / 20 minutes

Caroline GiraRdon

Ils s'appellent Clément, Tan, Lily, Erika, Zoé et Laurie. Ils ont entre 18 et 32 ans. L'un est originaire du Vietnam, l'autre de Colombie, un troisième vient d'un petit village de la Loire tandis qu'une autre débarque de Paris. Leurs routes ne se seraient probablement jamais croisées. Mais depuis une semaine, ils partagent tous le même appartement dans le quartier des Buers de Villeurbanne, et forment la première colocation solidaire du Rhône ; un système déjà expérimenté dans d'autres villes de France comme Paris, Rennes ou Grenoble. « L'objectif est de mettre en lien plusieurs jeunes de différents horizons ou cultures et montrer qu'il est possible de les implanter dans un quartier qui a besoin d'être redynamisé », explique Samuel Raveneau, de l'Afev (Association de la fondation étudiante de la ville).

Cinq heures par semaine
« Il ne s'agit pas seulement de leur faire bénéficier d'un loyer à bas coût (190 € par personne pour un 130 m²). L'idée, c'est qu'ils s'investissent vraiment dans ce quartier, qu'ils trouvent une activité à raison de 5 heures par semaine, poursuit Samuel Raveneau. A eux de définir ce qu'ils veulent. Mais ils peuvent faire du soutien scolaire, préparer un repas convivial ou s'impliquer dans l'organisation d'un événement. »
Clément n'est pas novice en la matière. L'an dernier, il accompagnait déjà deux adolescents vivant à Vaulx-en-Velin et Mermoz (8e). Une expérience qui lui a donné le goût de l'échange et l'a convaincu de postuler à la colocation. « Cette fois, j'aimerais me tourner vers autre chose, comme par exemple, m'investir dans la Ferme des Buers, qui distribue des paniers de fruits et légumes », songe-t-il. L'étudiant en sciences politiques qui n'a pas encore déballé toutes ses affaires apprécie déjà l'ambiance de l'appartement. « Je vivais l'an dernier dans une chambre de 9 m². Ça change radicalement. Et puis on a déjà bien refait le monde en seulement deux jours », rigole-t-il.