Des draps pas toujours changés, des pansements qui attendent d'être refaits... Selon une partie du personnel soignant des hospices civils de Lyon (HCL), qui était en grève ce jeudi, les qualités de soins se dégradent au quotidien. Elle résulterait selon eux d'une baisse des effectifs.
1 000 postes en moins en cinq ans
Pour réduire un déficit financier abyssal, la direction des HCL a décidé de supprimer 200 postes par an sur l'ensemble des établissements pendant 5 ans. « Sur un planning de 100 jours, il y en a 40 où nous sommes en sous-effectif », raconte Aurore, infirmière au sein du service de néonatalogie de la Croix-Rousse. » « Au quotidien on passe de 15 à 14 ou 13 infirmières. Alors, oui, une personne de moins, vue de l'extérieur, ça ne paraît pas très grave. Mais pour nous ça veut dire s'occuper de deux ou trois nourrissons en plus. Et on ne peut pas faire des soins de qualité », poursuit Aurélie. À ses côtés, Mathilde opine. « Cet été, on s'est retrouvé avec un bébé dont le pronostic vital était engagé. Avant qu'il ne meure, sa maman voulait le prendre dans ses bras. Mais on n'a pas pu réaliser son souhait. Nous étions seulement deux infirmières dans le service ce soir-là, et on ne pouvait pas laisser pendant ce temps-là les 14 autres bébés seuls ». Une délégation a été reçue jeudi matin par la direction. « On entend les préoccupations, affirme Julien Sanson, directeur général adjoint des HCL. Mais nous appliquons un plan de redressement depuis 2009 après avoir accusé 94 millions d'€ de pertes en 2008. Deux tiers des dépenses sont liés au personnel. Il est impossible de ne pas avoir d'impact sur le pilotage de la masse salariale ». Les HCL, qui prévoient pour 2012 un déficit de 15 millions d'euros, tablent sur un retour à l'équilibre en 2013.