« On ne veut pas que la vérité sorte »

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Publié le 20 septembre 2012.

Justice La cour d'appel de Lyon doit se prononcer vendredi sur la dangerosité du bitume

Le bitume est-il dangereux pour les milliers d'ouvriers qui s'en servent afin de construire les routes ? La cour d'appel de Lyon devrait se prononcer sur cette question vendredi après-midi. Elle aurait dû rendre son arrêt en mai 2011 mais à l'époque, les juges avaient demandé un complément d'information et chargé un comité scientifique de donner son avis. L'affaire remonte à juillet 2008, après le décès de José Francisco Andrade Serrano, un ancien ouvrier d'Eurovia (filiale de Vinci). Après des mois de combat et de souffrance, l'homme s'éteint d'un cancer de la peau qui s'est déclaré sur le visage. Ce jour-là, sa famille jure que sa mort n'aura pas servi à rien et attaque la société, estimant qu'une trop grande inhalation de vapeurs de bitume est à l'origine de sa maladie. Et l'entreprise a été condamnée pour « faute inexcusable » deux ans plus tard.

« Aucun lien avéré »
« Ce procès est dans la continuité du scandale de l'amiante, déclare Jean-Marc Rinck, avocat de la famille. Il a pour but de mettre fin au silence de mort imposé par les sociétés industrielles de la route. Car aujourd'hui, on ne veut pas que la vérité sorte. » Mais pour le défenseur d'Eurovia, Franck Dremeaux, la maladie est due à « une exposition aux rayons UV du soleil ». « Aujourd'hui, il n'y a aucun lien avéré entre toute forme de cancer et le bitume. Et l'on se fonde pour cela sur des données objectives telles des études scientifiques émanant d'organismes indépendants », poursuit l'avocat en faisant référence aux travaux du centre international de recherche sur le cancer en 2009. Des arguments qui font bondir Jean-Marc Rinck. « Les grands fabricants savent très bien que les produits bitumiques sont hautement toxiques et mortels. Il serait temps que ces crimes industriels cessent. » « On ne voit pas comment la cour ne pourrait pas confirmer la condamnation, poursuit Luis, l'un des fils de la victime. On a hâte que ça se termine pour faire notre deuil tranquillement ».

Caroline Girardon
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