Le père de famille était venu sans avocat à l'audience. Il sera fixé sur son sort le 16 octobre.
Le père de famille était venu sans avocat à l'audience. Il sera fixé sur son sort le 16 octobre. - C. VILLEMAIN / 20 minutes

Caroline Girardon

«La bêtise humaine n'a pas de limite. Il est désolant de voir un père de famille entouré de tels emblèmes. » Malgré des propos sévères, le procureur du tribunal correctionnel de Lyon a demandé mardi après-midi la relaxe à l'encontre d'un père de famille de 36 ans.
Ce plombier chauffagiste était poursuivi pour provocation à la haine raciale. Son épouse, dont il est actuellement séparé, avait porté plainte, l'accusant d'avoir photographié dans son berceau leur bébé enveloppé du drapeau nazi et d'avoir ensuite posté les clichés sur Facebook. Selon la plaignante, qui était absente à l'audience, l'homme avait également entrepris d'apprendre au nourrisson à faire le salut nazi « dès qu'il a été en âge de lever le bras ».
Au domicile du prévenu, les enquêteurs ont retrouvé des autocollants portant des inscriptions « Zone anti-racaille » ou « La France aux Français », des photos d'Hitler et des symboles de l'extrême-droite. Mais le drapeau en question s'est révélé être un drapeau impérial de Guillaume Ier. « Le délit de provocation à la haine raciale n'est en soi pas caractérisé », a estimé le procureur persuadé cependant que l'homme, qui a la Pucelle d'Orléans tatouée sur le bras, est « quelqu'un d'extrême droite ayant une sympathie pour les thèses nazies ». Ancien membre des Bad Gones, il avait d'ailleurs été interpellé à la sortie du stade de Gerland pour avoir fait un salut nazi. « Un simple coucou », selon le prévenu. « Elever son fils dans la haine, diffuser de telles photos et prendre comme héros ce monstre (Hitler)... il y a là des carences éducatives qui portent interrogation », a néanmoins déclaré le procureur. Décision le 16 octobre.