Louis, né avec une malformation crânienne, a été opéré en 2002.
Louis, né avec une malformation crânienne, a été opéré en 2002. - D. R.

Elisa Riberry-Frisullo

Il leur aura fallu attendre dix ans pour que les erreurs médicales dont leur fils a été victime soient reconnues. Les parents de Louis, lourdement handicapé depuis une intervention chirurgicale réalisée à l'hôpital Pierre-Wertheimer de Lyon, ont obtenu la condamnation du neurochirurgien et de l'anesthésiste chargés d'opérer leur enfant le 16 octobre 2002. Le petit, né sans trouble psychomoteur, avait dû être opéré à l'âge de 7 mois d'une craniosténose, une malformation du crâne due à une soudure prématurée des sutures crâniennes.

La bataille judiciaire continue
Dans son arrêt du 30 août, dont 20 Minutes a obtenu copie lundi, la cour d'appel de Lyon a condamné le chirurgien des HCL, relaxé en première instance, à 4 mois de prison avec sursis. L'anesthésiste, condamné à un an avec sursis par le tribunal correctionnel, a vu sa peine réduite à 6 mois. Tous d'eux ont été reconnus coupables « d'atteintes involontaires à l'intégrité physique ». « Il est reconnu que les fautes commises pendant l'opération ont entraîné des séquelles extrêmement lourdes sur l'enfant », explique l'avocat de la famille Yves Hartemann. Pendant l'intervention, Louis avait notamment perdu beaucoup de sang. Mais ces pertes, « sous-estimées » selon l'arrêt de la cour d'appel, n'ont pas été compensées. Louis, ressorti aveugle de l'opération, a recouvré la vue. « Il parle mais n'a pas l'âge mental d'un enfant de 10 ans, n'est pas propre, ne marchera jamais. C'était une intervention bénigne mais ils ont accumulé les fautes et ont bousillé notre vie », explique Christelle, sa maman, dont le combat ne s'arrête pas là. La procédure au civil pour être indemnisé se poursuit et le neurochirurgien a déposé un pourvoi en cassation. « Mon client est un ponte, estime son avocat Me Banbanaste. Il a réalisé des centaines d'opérations de ce genre. Celle-ci était un peu plus difficile. Dans cette affaire, on sanctionne le risque, ce qui pourrait décourager les neurochirurgiens à l'avenir ».