Gains
Gains - Le choix des libraires

en partenariat avec 20minutes.fr

Résumé

1830. La famille Clare crée à Boston une petite entreprise de savon. Celle-ci va évoluer au rythme des États-Unis et devenir, un siècle et demi plus tard, une véritable multinationale. Des plantes médicinales aux cosmétiques, détergents et autres insecticides, des pionniers inventifs au règne de la communication et du libéralisme, le chemin sera long et impitoyable.

1998. Laura Bodey, 42 ans, divorcée, mère de deux enfants, travaille dans l'immobilier à Lacewood, Illinois, siège des usines de Clare Inc. Sa vie va basculer et son destin converger d'une façon inattendue avec celui de la multinationale, faisant d'elle une victime révoltée par l'idée de fatalité.

Après Trois fermiers s'en vont au bal et Le Temps où nous chantions, Richard Powers ausculte l'influence du libéralisme sur la vie quotidienne et les destinées individuelles. Animé à la fois par une vision globale et une rare puissance émotive, il plonge le lecteur dans les contradictions de la société de consommation, et met en scène avec brio et tension les gains et les pertes auxquels est confronté l'humain.

«À la fois subtil, provocateur et d'une rare puissance littéraire, Richard Powers nous lance un avertissement de façon beaucoup plus efficace que quiconque depuis très longtemps : consommateurs, méfiez-vous !» Rick Moody

Richard Powers est né à Evanston, dans l'Illinois, en 1957. Paru aux États-Unis en 1998, Gains est son sixième roman publié en France par Lot49 au cherche midi éditeur.

Le choix des libraires : choisi le 08/09/2012 par Frédéric Boillot de la librairie INTERLIGNES à LIMOURS, France

1830, Boston, la famille Clare crée une petite entreprise fabriquant et commerçant des savons et des bougies. Au fil des années, des crises financières, des guerres, des découvertes scientifiques, des optimisations industrielles et des études de marché, la modeste fabrique est devenue une gigantesque société internationale.
1998, Laura Bodey, divorcée, et mère de deux adolescents, ayant vécu et travaillé à l'agence immobilière d'une petite ville située à proximité des usines de Clare Inc., lutte contre le cancer et les effets des traitements.
Dans l'alternance de ses récits, l'auteur nous plonge dans deux histoires de survie, de mutation, de déclin et de disparition, qui se sont nourries l'une de l'autre : les prospérités de la firme et de Laura sont allées de pair, jusqu'aux conséquences sur la santé de Laura qui pourraient entraîner la dislocation de la société. Ce roman, aux analyses historiques et socio-économiques claires et passionnantes, à l'émotion croissante, est également chargé d'ambiguïté quant aux rôles et aux attitudes de chacun, tour à tour citoyen, entrepreneur, salarié ou consommateur.

La revue de presse : André Clavel - Lire, octobre 2012

Une saga autour de la création d'une fabrique de savon qui deviendra une multinationale. Le romancier américain Richard Powers montre l'exploitation et les dérives du capitalisme, sans manichéisme...
Gains, le nouveau roman de Powers, est une fresque balzacienne, une saga impressionnante par son érudition et par les interrogations qu'elle soulève, des interrogations liées au destin - et à l'essence - du capitalisme. Le récit remonte au début du XIXe siècle lorsqu'une petite fratrie - les Clare - s'installe près de Boston pour y fonder une modeste savonnerie en remuant des graisses dans des chaudrons d'alchimistes...
A force de manoeuvres machiavéliques, leurs descendants sauront déjouer les révoltes ouvrières et ils s'installeront dans l'Illinois, à Lacewood, où ils prendront les commandes d'une multinationale tentaculaire exportant des denrées alimentaires et des cosmétiques, des produits pharmaceutiques et chimiques. Mais le rêve des Clare, pour les populations locales, se transformera en cauchemar lorsque leurs usines cracheront dans les airs des nuages toxiques porteurs de mort. Cette mort qui talonne Laura Bodey, une habitante de Lacewood dont Powers raconte le long calvaire pour lutter contre le cancer... Sous sa plume, cette maladie sert de miroir à un autre fléau, le capitalisme moderne, dans une époque obsédée par la consommation, le "marché roi" et la course au bonheur - autres cibles de Powers, qui signe un roman passionnant, inquiétant, jamais manichéen, où l'intime se mêle sans cesse au collectif, où les êtres sont à la fois victimes et complices de toutes sortes d'empoisonnements de plus en plus sournois.

La revue de presse : Didier Jacob - Le Nouvel Observateur du 20 septembre 2012

En éblouissant maître des constructions romanesques où l'universel s'articule à l'intime, Richard Powers (natif de l'Illinois comme son compère écrivain David Foster Wallace) retrace, dans cette fresque qui ne se laisse jamais gagner par la lourdeur démonstrative, rien de moins que l'histoire du libéralisme mondial. Un réquisitoire aussi efficace que subtil.

La revue de presse : Alexis Brocas - Le Magazine Littéraire, septembre 2012

C'est une loi des mathématiques littéraires modernes : un parallèle donne souvent deux narrations. Croisées, comme ici, et qui cherchent l'opposition dans leurs termes. La première narration de Gains est donc collective et s'enracine dans le passé : elle raconte la croissance mouvementée, sur deux siècles, de l'entreprise Clare, qui deviendra ce Moloch économique auquel rien de ce qui est chimique n'est étranger. La seconde narration est individuelle et se déroule dans le présent : elle relate les quelques mois de lutte de Laura, jeune mère divorcée, Américaine typique, contre le cancer qui frappe inexplicablement ses ovaires. Dans les deux cas, il s'agit de prolifération incontrôlée. Et, dans les deux cas, d'une affaire humaine qui conduit l'homme, tel le brave cafetier Céleste au procès de L'Étranger, «tout au bout de sa science», là où le désir de compréhension finit par capituler...
La chute du roman, ironique, semble consacrer la pérennité organique du capitalisme : comme les tumeurs cancéreuses, il naît littéralement sur la nature humaine, se nourrit de son esprit d'invention et paraît relever de l'irrémédiable. Mais, en livrant, à travers l'allégorie Clare, ce portrait presque exhaustif, Richard Powers nous permet aussi de rêver à une réformation raisonnée.

La revue de presse : Florence Noiville - Le Monde du 30 août 2012

On retrouve dans Gains cette structure en double hélice - général/intime - que Powers affectionne. Mais, cette fois, c'est l'économie qui l'intéresse. Nous suivons l'ascension irrésistible d'une entreprise de savon créée à Boston au début du XIXe siècle par la famille Clare. Powers explique comment les produits Clare ne vont pas tarder à tout envahir et pas seulement les armoires à pharmacie des Américains...
Son roman est un jeu d'écritures en partie double, où il est sans cesse question de prix, d'estimations, de dépréciation, des termes de l'échange, bref de débits et de crédits. Cours des matières premières, nombre de grandes fortunes, pourcentages de guérison... Tout est chiffre, espérance de gain. Mais quel gain ?...
Sixième roman traduit en français, Gains n'est pas un livre récent et c'est dommage. Lorsque Powers l'écrivait, en 1998, il ne pouvait imaginer la crise de 2008, les subprimes, les scandales des banques ou les turpitudes de l'industrie du tabac qui auraient rendu sa démonstration plus tranchante encore. Quinze ans plus tard, son livre reste néanmoins une peinture effarante de la société de consommation, de sa genèse et de ses dangers. Des dangers impalpables dont les victimes - nous tous - sont presque toujours des complices.

La revue de presse : Christine Ferniot - Télérama du 22 août 2012

C'est là que réside l'immense talent de Richard Powers : cette faculté à passer de la réflexion générale au tourbillon personnel, de la performance du produit à un corps décharné qui continue de perdre du poids. Gains parle d'argent, bien sûr, et s'achève sur un procès gagné par une mourante pour ses enfants, mais c'est surtout d'empoisonnement des corps et des esprits qu'il est question dans ce grand roman. Publié en 1998 aux Etats-Unis, il demeure, quatorze ans plus tard, une grande fiction sur la manipulation et la société de consommation, un livre provocateur et bouleversant où l'intelligence démonstrative n'est jamais gratuite.

Retrouvez la fiche complète sur le choix des libraires