"L'espérance-monde : essais sur l'idée de progrès à l'heure de la mondialisation" de François Vatin chez Albin Michel (Paris, France)

0 contributions
Publié le 11 septembre 2012.

Résumé

De roi de la création qu'il était ou qu'il croyait être, l'homme est monté ou descendu (comme il plaira de l'entendre) au rôle de concessionnaire d'une planète.

C'est ainsi qu'en 1872, le philosophe Augustin Cournot décrivait la place cosmologique de l'homme moderne. Alors que la société se mondialise et que la question écologique prend une dimension planétaire, cette formule sonne plus juste que jamais. La mondialisation ne se réduit pas à l'internationalisation des échanges économiques. Prise de conscience partagée de la finitude de la planète et de la destinée commune de l'humanité, elle nous impose de repenser l'idée de progrès, sans illusion naïve, comme sans désillusion stérile.
Guidé par ce questionnement, François Vatin invite son lecteur à un voyage dans le temps et l'espace. On croisera les éleveurs peuls sénégalais et les ouvriers-machines des premières manufactures textiles ; on s'interrogera sur la psychologie des insurgés malgaches de 1947 et sur la rationalité économique des ingénieurs forestiers ; on comparera l'histoire du droit du travail en France et dans les colonies africaines ; on discutera l'image de l'usine moderne chez Charlie Chaplin et chez Georges Friedmann...
En multipliant les angles d'attaque et en adoptant la forme du récit, ce livre foisonnant propose une réflexion tout à la fois lucide et optimiste sur le devenir de la société mondiale.

François Vatin est professeur de sociologie à l'université de Paris X Nanterre, directeur de l'École doctorale "Économie, Organisation, Société" et directeur du site de Nanterre de l'IDHE. Expert en sociologie à l'Agence d'évaluation de la recherche et de l'enseignement supérieur, il est l'auteur, notamment, de : Le Travail, économie et physique (1780-1830), PUF, 1993. Trois essais sur la genèse de la pensée sociologique : politique, épistémologie et cosmologie, La Découverte, 2005. Le Travail et ses valeurs, Paris, Albin Michel, 2008. Refonder l'Université, La Découverte, 2010 (avec Olivier Beaud, Alain Caillé, Pierre Encrenaz et Marcel Gauchet).

Courier des auteurs le 08/09/2012

1) Qui êtes-vous ? !
Un chercheur ouvert à toutes les disciplines de sciences sociales qui cherche comprendre le monde contemporain en remontant son histoire. Professionnellement, je suis professeur de sociologie à l'université de Paris Ouest (Nanterre).

2) Quel est le thème central de ce livre ?
L'idée que l'Humanité doit apprendre à se représenter son destin dans un monde limité, dans l'espace comme dans le temps, que la "question sociale" (celle de la distribution des richesses qui doit être posé aujourd'hui à l'échelle internationale) et la "question naturelle" (celle de l'écologie) sont intrinsèquement liées. Mais ce n'est là qu'un "thème" (comme on dit en musique), qui court d'un chapitre à l'autre, chapitres où je raconte des histoires variées, les unes relatives à l'Afrique, les autres à l'Europe.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
Celle que j'emprunte au philosophe Auguste Cournot (1801-1877) : "De roi de la création qu'il était ou qu'il croyait être, l'homme est monté ou descendu (comme il plaira de l'entendre) au rôle de concessionnaire d'une planète". Elle exprime mieux que je pourrais le faire le thème central du livre évoqué plus haut. Gérons bien notre concession, mais sachons qu'aucune concession n'est véritablement "perpétuelle".

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Une "musique du monde", selon la catégorie des disquaires, métissée. Disons une chanson de Salif Keïta, avec une pensée pour le Mali, pays que j'apprécie et qui connaît aujourd'hui de graves difficultés.

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
L'idée qu'il faut ouvrir les yeux sur le monde et que la peur du déclin n'est pas bonne conseillère. Voilà pourquoi je défends l'idée de "progrès", ce par quoi j'entends seulement porter un regard lucide, mais sans appréhension de principe, sur un monde en marche.

La revue de presse : Frédéric Keck - Le Monde du 6 septembre 2012

Nul éclectisme dans une telle variété de sujets, mais une pensée sociologique au travail, à l'épreuve des textes autant que du terrain. Le récit d'une collecte de lait au Sénégal, qui ouvre le livre de façon apparemment naïve, permet d'entrer dans cette forte vision du monde.

Retrouvez la fiche complète sur le choix des libraires

en partenariat avec 20minutes.fr
Newsletter
POP

En fin de journée, faites
le tour de l'actu POP : culture, people, médias

publicité
publicité
publicité

Top 5 des vidéos partagées
publicité
Réagissez à cet article
Vous souhaitez contribuer ? Inscrivez- vous, ou .
Confirmer l'alerte de commentaire
Annuler
publicité
publicité
Se connecter avec Facebook
S'identifier sur 20minutes.fr