Haut et court
Haut et court - Le choix des libraires

en partenariat avec 20minutes.fr

Résumé

Mon Dieu, un suicide familial, cela s'apprête comme un pique-nique, se peaufine comme un départ en vacances, on veille à tout, pratique et minutieux : aux cordes tout d'abord (solides, bien coulantes du noeud, montagnardes), à la lettre d'adieux, aux chaises Henri II que l'on repoussera, sèchement, du talon. Maintenant que la chose est faite, les corps découverts par les voisins, les papiers de presse (fautifs) sortis, il est temps de revenir à notre histoire, à nous, gens réputés ordinaires, que la mort a saisis pas à pas, puis vidés cul sec. Et c'est moi, le fils, qui conte l'histoire. Une histoire d'une «banalité rassurante» où tout se joue entre l'hypermarché où je végète en rêvant de Caroline et de sa Banque alimentaire, mon père et son usine, ma soeur peste et son auto-école, ma mère et son four et son foyer. Une histoire d'une linéarité à ce point morne que les doctes gendarmes, avec la voisine, la mère Bin, pataugent dans leur enquête, furètent, tâtonnent. Car tout est là : comment identifier le mal sourd, l'acide lent, qui ronge et délite, comment reconstituer la lente avancée de la mort. L'angoisse ne laisse pas d'empreinte, la nausée, des marques au sol. Avec un sens fort de l'humour noir, virtuose en cocasserie macabre, Cohen-Grillet romance ce fait divers tout ce qu'il y a d'authentique et invente une comédie noire grinçante comme une porte de cimetière. Ne riez pas, c'est arrivé près de chez vous !

Philippe Cohen-Grillet est né en 1973 à Paris où il vit toujours, même si son métier le mène parfois à l'autre bout du monde, ou au coin de la rue, d'où il rapporte de belles histoires, et plus souvent de belles horreurs, qu'il raconte dans la presse. Il aime le département du Jura (39), Coppet et Carouge (Suisse romande), mitonner des recettes de pâtes et, par-dessus tout, écrire (passionnément) ailleurs que dans les journaux. La preuve...

Le choix des libraires : choisi le 01/09/2012 par Nathalie Levieux de la librairie A LIVR'OUVERT à PARIS, France

Une famille entière (le père, la mère et les enfants adultes) est retrouvée pendue dans son pavillon. Tout semble indiquer qu'il s'agit d'un suicide collectif. On ne retrouve aucune lettre sur les lieux.

Qu'est-ce qui a bien pu pousser ces gens sans histoire à cette extrémité ?

C'est le fils qui va raconter le déroulement des événements...

Inspiré d'un fait divers réel, l'auteur livre avec un humour noir et féroce le récit de la détresse ordinaire.

Le choix des libraires : choisi le 31/08/2012 par Max Buvry de la librairie VAUX LIVRES à VAUX-LE-PÉNIL, France

Comment une famille de quatre personnes du Nord de la France a-t-elle pu se suicider de concert, un soir presque comme un autre ? C'est le fils de la famille, «A défaut d'être distingué, je sortais de l'ordinaire», qui d'outre-tombe revient sur l'histoire de ce suicide collectif ainsi que sur l'enquête policière qui n'éclaircira pas cette affaire. Avec un ton décalé, un humour noir voire désespéré, il décrit avec froideur la lente et tragique dérive de cette famille ordinaire, portrait représentatif d'une France délaissée : une mère au foyer, un père qui sent la préretraite approcher, une soeur employée dans une auto-école en perte de vitesse... Quant à lui, le narrateur travaille dans un hypermarché, à la réception des marchandises et c'est là qu'il rencontre la belle et lumineuse Caroline, responsable de la Banque Alimentaire en qui il place quelques espérances... Jour après jour, irrémédiablement, la famille avance à pas tranquilles vers cette soirée, naturellement, et les préparatifs minutieux s'effectuent presque dans la bonne humeur même si «Se pendre, c'est un vrai casse-tête». Dans cette chronique sociale, Philippe Cohen-Grillet a choisi l'humour noir et la banalité pour rendre compte de ce fait divers comme on l'a certainement honteusement alors qualifié, ce qui ne l'empêche de fissurer le mur de nos certitudes si elles perduraient...

Courier des auteurs le 21/06/2012

1) Qui êtes-vous ? !
Je préfère ne répondre à cette question qu'en présence de mon avocat...

2) Quel est le thème central de ce livre ?
De l'influence des histoires d'amour sur la crise du pouvoir d'achat en zone péri-urbaine ou inversement.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
Assurément, la 138ème. Ou peut être, à la réflexion, la 356ème.

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
«On ira tous au paradis», de et par Michel Polnareff. Ou, pour les plus jeunes lecteurs et les nostalgiques : «Je préfère manger à la cantine ! Tralala ! Avec les copains et les copines ! Tralala !», par le non moins inoubliable Carlos.

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Un plat de pasta que j'aurais amoureusement mitonné. Mais surtout pas mes faramineux droits d'auteur !

La revue de presse : François Morel - Le Monde du 20 septembre 2012

Haut et court est inspiré par un fait divers. En septembre 2007, une famille de Coulogne, dans le Pas-de-Calais, disparaissait par pendaisons simultanées. C'est naturellement tout à fait légitime d'avoir envie de se suicider, mais pas quand le frigo est plein. Comment peut-on avoir envie de mourir alors qu'on rentre du supermarché, qu'on a des provisions pour toute la semaine et qu'il y avait justement des promotions sur le surgelé ?...
Roman social et roman d'amour, livre ancré dans l'imaginaire et la réalité, Haut et court est triste à en éclater de rire, drôle à en pleurer.

La revue de presse : - Le Figaro du 6 septembre 2012

Que serait une rentrée littéraire sans son livre drôle, grinçant, dérangeant ?...
Philippe Cohen-Grillet dénonce par l'absurde et le cocasse un système qui broie les plus faibles. Les zélotes du profit à tout prix en prennent pour leur grade. Une façon de venger ces «moins que rien», ces déclassés qui, dans la vraie vie, en 2007, à Coulogne, Pas-de-Calais, ont fini leur vie pendus à une corde.

Retrouvez la fiche complète sur le choix des libraires