"La blonde et le bunker" de Jakuta Alikavazovic chez Ed. de l'Olivier (Paris, France)

0 contributions
Publié le 11 octobre 2012.

Résumé

«Gray était amoureux. Anna, non.
Gray dormait mal. Il errait dans la maison, contemplait ses verres d'eau ou la surface de son bain dans l'espoir de la voir lentement apparaître, comme une inconnue photographiée émerge peu à peu, affleure dans un bac de développement. Il se découvrit tout un imaginaire, toute une érotique des chambres noires. Anna lui manquait toujours, même lorsqu'elle était là. Il la sentait circuler autour de lui, la nuit; en lui, même - sous son autre nature, volatile, caressante, chimique.»

Gray est l'amant de la blonde Anna, qui vient de divorcer du célèbre auteur des Narcissiques anonymes, John Volstead. À la mort de ce dernier, une ligne du testament charge implicitement le jeune homme d'une enquête.

Érudit et ludique, La Blonde et le Bunker est aussi un grand roman d'amour.

Jakuta Alikavazovic est née en 1979 à Paris. Lauréate de la Fondation Lagardère en 2007 et du prix Goncourt du premier roman en 2008, elle a publié aux Éditions de l'Olivier Histoires contre nature (2006), Corps volatils (2007, Points 2010) et Le Londres-Louxor (2010, Points 2012).

Courier des auteurs le 12/09/2012

1) Qui êtes-vous ? !
Répondre à cette question présenterait deux risques (au moins) : vous ennuyer et/ou m'auto-incriminer.

2) Quel est le thème central de ce livre ?
Le désir de conservation.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
«Il suffit de quarante-huit heures pour construire soi-même un refuge»

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Heartbreaker (Girls) ou The Murder Mystery (The Velvet Underground). Ou une composition d'Erik Satie ? C'est assez arbitraire : je n'entends rien ni quand j'écris ni quand je lis.

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Le goût du mystère.

6) Avez-vous des rituels d'écrivain ? (Choix du lieu, de l'horaire, d'une musique de fond) ?
L'ordinateur sur lequel j'écris n'a jamais été connecté sur internet ; pas une seule fois.

7) Comment vous vient l'inspiration ?
Je ne sais pas. Chaque idée a sa propre durée d'incubation.

8) Comment l'écriture est-elle entrée dans votre vie ? Vous êtes-vous dit enfant ou adolescent «un jour j'écrirai des livres» ?
En 1986 la navette Challenger a explosé en vol. J'ai découvert que j'étais peureuse. J'ai envisagé l'écriture comme un compromis : une entreprise encore un peu aventureuse qui avait néanmoins le mérite de minimiser (pensais-je) les risques de désintégration.

9) Vous souvenez-vous de vos premiers chocs littéraires (en tant que lectrice) ?
Un jour, une étagère pleine de livres d'art s'est écroulée sur moi. Sinon, je dirais sans doute Raymond Chandler. Enfant, je voulais passionnément être un détective désabusé, désargenté, à feutre mou (le chapeau était crucial).

10) Savez-vous à quoi servent les écrivains ? !
Non.

11) Quelle place tiennent les librairies dans votre vie ?
Une place privilégiée.

La revue de presse : Sabine Audrerie - La Croix du 10 octobre 2012

La Blonde et le Bunker est une histoire d'embrasement et de consomption, d'asphyxie et de conservation, où il semble en aller des oeuvres d'art à travers les siècles comme des sentiments : paradoxaux, volatiles et éternels, gouvernés par le besoin de croire. On retrouve ici le goût de la fantaisie de l'auteur de Londres-Louxor (L'Olivier 2010), multipliant les cachettes à l'intérieur de son livre, traçant des lignes entre les villes comme on épingle des fils sur une carte, sextant littéraire en main. Les apparitions succèdent aux disparitions, et les incises entre parenthèses viennent semer le doute, colorer de nuances et d'humour délicat.

La revue de presse : Marine Landrot - Télérama du 10 octobre 2012

Très cinéphile, Jakuta Alikavazovic communique son amour charnel pour la pellicule, de film ou de photo, support à date de péremption dangereusement proche. Alors, la lecture se transforme en expérience limite. Peu à peu, le papier des pages se gaufre sous les doigts, et l'encre du livre devient tatouage.

La revue de presse : Florence Bouchy - Le Monde du 13 septembre 2012

Dans l'univers de Jakuta Alikavazovic, les blondes ont " le gène du film noir " : elles condamnent ceux qui les approchent à ne plus " s'exprimer que par clichés, déjà-vus, redoublements. On n'a plus rien à dire. On se réveille enfermé dans une structure préexistante, un scénario peuplé de figures qui se répètent. (...) Tout est menaçant et peut-être trompeur. " Dans cette prise de pouvoir qu'elles opèrent sur l'imaginaire et sur la langue, le roman trouve sa matière, et l'écriture, le moteur de son désir. Entre vaudeville, polar et OLNI (objet littéraire non identifié), La Blonde et le bunker, son troisième roman, revisite avec élégance et malice la fascination qu'exerce la femme fatale. L'écrivain se confronte aux mythes et aux archétypes pour affirmer la singularité de son style, sans lever tout à fait le mystère.

La revue de presse : Emily Barnett - Les Inrocks, septembre 2012

Quel rapport y a-t-il entre une collection d'art introuvable, la photo culte d'un écrivain dans Time Magazine et un couple qui ne s'aime plus ? Aucun - sinon un même principe d'absence, un jeu de cache-cache avec la mort, l'effacement. La disparition était déjà le fil rouge du précédent roman de Jakuta Alikavazovic, Le Londres-Louxor, l'histoire de deux soeurs dont l'aînée s'est volatilisée. La Blonde et le Bunker soupèse le «paraître» et le «disparaître», évalue les chances d'une oeuvre d'art d'être immortelle, d'un amour de durer...
Au final, La Blonde et le Bunker déroute, enchante et intrigue par sa totale liberté, son indifférence souveraine à nous laisser choir parfois sur le carreau. On chérit un grand nombre de phrases, on en relit certaines, pour être sûr de bien comprendre. Reste qu'à 32 ans, Jakuta Alikavazovic s'impose en franc-tireuse du paysage littéraire français avec ce troisième roman parmi les plus audacieux et emballants de cette rentrée.

La revue de presse : Alain Nicolas - L'Humanité du 23 août 2012

Jakuta Alikavazovic propose, avec la Blonde et le bunker, un roman où l'écriture joue avec sa propre disparition. Un roman virtuose où l'amour et l'art brouillent les pistes...
Jouant avec virtuosité cette partition, Jakuta Alikavazovic va nous conduire dans une intrigue complexe, où mots, oeuvres et actes, interchangeables, se codent et se décodent mutuellement. Où l'émotion, toujours refoulée, ne cesse de sourdre des jointures de cette machinerie textuelle. Est-ce pour cette raison qu'on a du mal à quitter ce labyrinthe dans lequel on se perd avec délectation  ?

Retrouvez la fiche complète sur le choix des libraires

en partenariat avec 20minutes.fr
Newsletter
POP

En fin de journée, faites
le tour de l'actu POP : culture, people, médias

publicité
publicité
publicité

Top 5 des vidéos partagées
publicité
Réagissez à cet article
Vous souhaitez contribuer ? Inscrivez- vous, ou .
Confirmer l'alerte de commentaire
Annuler
publicité
publicité
Se connecter avec Facebook
S'identifier sur 20minutes.fr