"Les cordelettes de Browser" de Tristan Garcia chez Denoël (Paris, France)

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Publié le 10 octobre 2012.

Résumé

Et si le temps s'arrêtait ? Si le monde était fini ?
Dans un roman qui devient une histoire rêvée de l'humanité, Tristan Garcia explore les conséquences de cette hypothèse stupéfiante.
Lorsque David Browser, explorateur spatial, arrive aux confins du cosmos, il arrête l'expansion de l'Univers. Condamnés à l'éternel présent, les hommes peuvent cependant revivre et modifier à loisir leur propre vie en manipulant des cordelettes enfouies dans une console individuelle.
En plusieurs récits qui se répondent et entrent en résonance, Tristan Garcia construit une galaxie de personnages survivant dans le temps immobile. Entre Dreamer Wallace âgé de dix mille ans, David Browser naufragé à la frontière de l'Univers, Anita qui déclenche en rêve des paysages nouveaux en tournant la vis centrale de la Terre, Viv qui monte et remonte jusqu'à la nausée une séquence clé de son existence, Eliedo et ses successeurs qui luttent pour restaurer le cours de l'Histoire... Un fabuleux récit d'aventures s'engouffre dans un battement de cil, une intermittence de la réalité.

Philosophe et romancier né en 1981, Tristan Garcia a reçu un accueil critique exceptionnel pour La Meilleure Part des hommes publié chez Gallimard en 2008 (prix de Flore), suivi de Mémoires de la jungle en 2010. Il enseigne aujourd'hui la philosophie à l'université d'Amiens.

Courier des auteurs le 11/09/2012

1) Qui êtes-vous ? !
J'ai trente et un an, j'écris des livres de fiction et des livres d'idées.

2) Quel est le thème central de ce livre ?
Le temps

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
"Tout : matière, énergie, événements et sentiments sont en baisse; le taux de natalité s'est effondré partout depuis des lustres ; l'ère de l'Expansion est réduite à néant ; des colonies sont abandonnées, déjà; tout le monde est étrangement fatigué ; depuis combien de temps nous n'avons pas vu une théorie scientifique d'envergure ? Pensez-y... Une grande invention ? Tout a été inventé. Et un bon bouquin ? Un grand tableau ? Un opéra ? N'en parlons pas. On chante les vieux airs, on récite les poésies classiques, on copie et on colle les images d'antan. Les plus belles femmes, les plus beaux hommes... Morts depuis longtemps. À mesure que nous avons conquis l'espace galactique, le monde est devenu de plus en plus petit.

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
"Space oddity" de Bowie, "A Space odyssey" des Byrds, "Set the controls for the heart of the sun" de Pink Floyd, "Master of the universe" d'Hawkwind, "Ground control" de Jonzun Crew, Sun Ra...

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
J'espère d'abord être lu, éventuellement être compris - mais je n'y parviens pas toujours.

6) Avez-vous des rituels d'écrivain ? (Choix du lieu, de l'horaire, d'une musique de fond) ?
Pas vraiment. Je n'aime pas ce qui tend à sacraliser l'écriture.

7) Comment vous vient l'inspiration ?
Dès que je sais d'où elle vient, elle s'en va.

8) Comment l'écriture est-elle entrée dans votre vie ? Vous êtes-vous dit enfant ou adolescent «un jour j'écrirai des livres» ?
Ayant grandi au milieu des livres de mes parents, j'ai souhaité faire des livres avant même de savoir écrire.

9) Vous souvenez-vous de vos premiers chocs littéraires (en tant que lecteur) ?
Petit enfant, une histoire qui s'appelle "À Panama tout est bien plus beau" ; adolescent, Joyce.

10) Savez-vous à quoi servent les écrivains ? !
À rendre au monde la pareille. Le temps, l'Histoire, la société font de nous de petites choses ; la littérature essaie de faire du temps, de l'Histoire, de la société de petites choses à son tour.

11) Quelle place tiennent les librairies dans votre vie ?
Je me souviens très bien de certaines librairies que j'ai beaucoup fréquentées ; mais j'ai passé peut-être encore plus de temps en bibliothèque...

La revue de presse : Hubert Prolongeau - Télérama du 10 octobre 2012

Comme son maître Ray Bradbury, il compose non un roman, mais une suite de variations sur un même thème, un corpus de nouvelles qui se rejoignent car mettant en scène le même univers et parfois les mêmes personnages. Comme Bradbury, il invente de somptueux paysages, des mondes improbables et préfère, à la fascination de la technique, le jeu tellement plus excitant du merveilleux. Comme lui, il rend familiers les concepts les plus hardis par un style sensuel et évocateur.

La revue de presse : Donatien Grau - Le Monde du 4 octobre 2012

Un David Browser, explorateur qui donne son nom au livre, " bouche le trou de l'Univers ", et les hommes désormais hors du temps sont rendus à eux-mêmes, entre animalité et humanité, sentiments et sauvagerie. Ce troisième roman de Tristan Garcia comporte de superbes moments d'évocation, notamment le réveil final, quand l'humanité sort de l'Eternité. Si l'on devait poser une définition de la fiction à partir des Cordelettes, ce serait la mission, pour l'écrivain, de " créer un monde " parallèle à celui où les hommes vivent.

La revue de presse : Patrick Grainville - Le Figaro du 6 septembre 2012

Tristan Garcia est un écrivain passionnant parce qu'il se renouvelle tout le temps et prend les plus grands risques. Il peut embrasser aussi bien le monde politique actuel que de grandes questions sur la généalogie humaine. Il aime les paradoxes, les retournements de situation, épuiser toutes les facettes de la pensée jusqu'au vertige...
Cette fois, c'est le grand jeu. Son récit s'inscrit, si l'on veut, dans le courant de la science-fiction et du fantastique, sous la houlette d'une foule de maîtres et de rémini­scences où l'on reconnaît à tire-d'aile Jules Verne, Borges, Stanley Kubrick, Tolkien, Moebius, ­Bradbury...

La revue de presse : Emily Barnett - Les Inrocks, septembre 2012

En basculant de plain-pied dans la SF, Garcia tourne le dos à un certain surmoi discursif, au profit d'une pure oeuvre d'imagination. Délivrée de tout souci réaliste, chaque scène s'offre comme une sublime virée onirique...
Par sa fable intergalactique, Garcia invite à relire le monde. Il s'en prend à son recyclage bégayant - le désir d'éternité comme parabole. Garcia prône la fin de la toutepuissante pensée humanoïde et un retour à l'intelligence du réel et de ses objets - thèse défendue dans son essai de philo paru en 2011, Forme et objet - Un traité des choses. Renvoyant dos à dos quête du paradis perdu et mythologie du progrès, pro et anti-éternité, Garcia offre une autre façon de voir et de penser, une manière de réenchanter le monde.

La revue de presse : Marion Cocquet - Le Point du 27 juillet 2012

S'y retrouvent les codes et les attendus du genre, des échafaudages technico-mathématiques aux méditations sur la nature et les aspirations de l'homme. Mais Tristan Garcia les respecte moins qu'il n'en joue, dans une langue (désormais) épurée, pour continuer de tracer son surprenant chemin littéraire. En rendant hommage, ce faisant, aux dieux de son panthéon personnel (liste - non exhaustive - en fin d'ouvrage) : Kubrick et Tarkovski, Verlaine et Stefan Wul, Moebius et le douanier Rousseau....

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