«Je me suis d'abord trompée.
Je me disais c'est trop facile, tu portes des sandales dorées, tu te complais dans des histoires d'amour impossible, tu aimes les bains dans la Méditerranée et tu crois qu'une fille comme toi peut écrire sur la Shoah ? Car c'est bien de cela qu'il s'agit. La petite Salomé, dont ma fille porte le beau prénom, mon arrière-grand-mère, ma grand-mère, mes oncles et tantes, mes cousins, vivaient en Lituanie avant la guerre. Ils appartenaient à une communauté dont il ne reste rien.»
Que s'est-il vraiment passé dans le ghetto de Kovno en 1943 ? Et pourquoi cette volonté de vivre à tout prix ?
Dans ce roman-vrai, Colombe Schneck remonte le temps et fouille les mémoires. Jusqu'à la découverte d'une vérité bouleversante.
Colombe Schneck, née à Paris en 1966, est journaliste et écrivain. La réparation est son cinquième livre.
En 1939-1945, la Lituanie a perdu une grande partie de sa population juive. Déportée, exécutée par le régime nazi. Que s'est-il passé à Kovno en 1943 ? Qui est cette petite Salomé dont personne ne parle plus dans la famille de l'auteur ?
Colombe Schneck replonge dans son histoire familiale et dans les méandres de la guerre pour découvrir un secret familial bouleversant. Un livre très juste, sans faux pas et touchant.
La réparation, c'est l'histoire bouleversante de la famille de Colombe Schneck décimée pendant la Shoah. Une histoire tue pendant son enfance et qui resurgit alors qu'elle attend un enfant, et c'est peu à peu qu'elle comprend qu'il s'est passé quelque chose là-bas en Lituanie où sa grand-mère est née, dans cette Lituanie où 95% des juifs ont été exterminés pendant la guerre.
Un énième livre sur la Shoah ? Oui mais à chaque fois, cet effroi renouvelé devant tant d'ignominie, cette tristesse qui nous envahit, ces larmes parfois quand on arrache les enfants des bras de leurs mères... Impossible de rester insensible à cette tragédie que fut la Shoah, qui veut dire "catastrophe" en hébreu et qui évoque le silence après le cataclysme, le vide après l'évidence de l'irréversibilité.
1) Qui êtes-vous ? !
Une lectrice avide, une mère de famille inquiète, une fille qui aime les bains dans la Méditerranée, une écrivain...
2) Quel est le thème central de ce livre ?
Le choix de la vie.
3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
Le 26 octobre 1943, en allant vers la mort, Mary, mon arrière grand-mère, a uni dans un même mouvement la vie et la mort, les vivants d'aujourd'hui et Auschwitz. Tout cela, je ne l'ai appris que récemment.
4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Une chanson yiddish, celle qui chante un monde heureux qui a disparu.
5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
On n'est plus victime de rien, même de l'arbitraire, du pire, de ce qui détruit la vie, quand on le décrit avec ses mots propres" ; David Brossman
Colombe Schneck est partie sur les traces de sa famille, disparue à Auschwitz. Une enquête passionnante...
Au centre de la fresque, deux femmes exceptionnelles : Raya et Macha, les soeurs de Ginda et mères de Salomé et de Kalman, qui, après avoir été sauvées, par le sacrifice de Mary, des forces du mal et des entrailles de la terre - deux ans dans une mine de schiste près du camp estonien de Klooga -, choisirent de vivre. Coûte que coûte. Frénétiquement. Fondant une nouvelle famille, offrant au monde générosité et sourire lumineux.
Dans son nouveau «roman-vrai», qui poursuit une enquête généalogique commencée en 2006 avec «l'Increvable Monsieur Schneck», Colombe Schneck s'interroge sur sa légitimité à écrire sur la Shoah. Faut-il encore le faire, est-ce utile ? C'est à la naissance de sa fille que cette nécessité s'est imposée à elle. Lorsqu'elle a réalisé que le beau prénom de Salomé qu'elle lui avait donné, prénom autrefois suggéré par sa mère, faisait en réalité peser sur son enfant une indicible malédiction...
Ce livre bouleversant, tout en élégance et en retenue, fait écho à l'affirmation de David Grossman : «On n'est plus victime de rien, même de l'arbitraire, du pire, de ce qui détruit la vie, quand on le décrit avec ses mots propres.»
S'il fallait ne retenir qu'un seul des cinq livres de Colombe Schneck, ce serait certainement celui-là. La jeune femme, qui, au passage, change d'éditeur, quittant Stock pour Grasset, ouvre avec «La réparation» l'album familial. Tant d'autres le font. Tant d'autres évoquent régulièrement pères et mères, oncles et tantes et autres aïeuls. Tant d'autres nous prennent à témoin dans leur drame familial comme si nous y pouvions quelque chose. Alors pourquoi ce récit nous touche-t-il plus particulièrement ?...
Colombe Schneck est allée à la rencontre de tous ceux qui connaissaient une bribe de ce douloureux passé. L'enquête l'a menée en Lituanie, aux Etats-Unis, en Israël. Ici et là, elle a trouvé des clefs qui lui ont enfin permis d'ouvrir la porte de ce retour vers le passé. Et d'obtenir un début de réparation.
Colombe Schneck a enquêté sur le ghetto de Kovno, sur le sort tragique des Juifs d'Europe de l'Est, elle s'est rendue en Israël et aux Etats-Unis pour rencontrer les derniers témoins. Tout au long d'un roman-vrai grave et beau, on suit le cheminement et les interrogations de l'auteur de Val de Grâce (Stock 2008, repris en J'ai lu). Une femme qui porte des "sandales en chevreau mordoré", se complaît dans "des histoires d'amour impossibles", raffole des "bains dans la Méditerranée". Une femme qui, par hasard, a appelé sa fille Salomé. Une femme qui s'interroge, cherche à comprendre. Une femme qui, avec La Réparation, vient d'écrire son plus beau livre.
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