"Un héros" de Félicité Herzog chez Grasset (Paris, France)

0 contributions
Publié le 29 octobre 2012.

Résumé

Jusqu'où remonter pour trouver la source d'une tragédie personnelle ?
Aux mensonges de la guerre à la génération des grands-parents ?
A ceux de mon "héros" de père, parti à la conquête du sommet mythique de l'Annapurna en 1950 et laissant dans les cimes de cette ascension glorieuse une part de lui-même qui le rendra perpétuellement metteur en scène de sa légende ?
A la liberté d'une mère séductrice et moderne, trop intelligente pour son temps, trop rebelle pour son milieu ?
A la fraternité fusionnelle et rivale de deux "enfants terribles" élevés dans une solitude commune et dans le culte de l'exploit ?
Toujours est-il que mon grand frère Laurent, promis à un destin magnifique, finira en vagabond des étoiles hirsute et fou, retrouvé par la police après des mois de fuite... jusqu'à sa chute prévisible.
C'était lui ou moi : ce fut lui...
Ce roman de notre fraternité blessée, je le lui dois.»

F.H.

Félicité Herzog est née en 1968. Un héros est son premier roman.

La revue de presse : Philippe Delaroche - Lire, octobre 2012

Félicité Herzog, la fille du célèbre alpiniste s'attaque à la figure paternelle et rend hommage à son frère...
Car il ne faut pas s'y tromper : si l'on peut interpréter Un héros comme un règlement de comptes aux dépens de Maurice Herzog, héros de la Résistance, héros de l'alpinisme, ministre du général de Gaulle, et père à l'occasion, 93 ans aujourd'hui, cette insistance trop exclusive ne fait pas justice à l'ampleur et à la profondeur, à la générosité et à la franchise, pondérée par le respect du secret de chacun, qui président à ce livre...
Mais c'est à brosser le portrait, le destin et l'intimité de figures familiales, à cheval entre dynastie aristocratique et aristocratie industrielle, aussi peu ordinaires quoique plus tragiques que des personnages de P.G. Wodehouse, qu'excelle Félicité Herzog. D'où il ressort que, pressés de compenser un traumatisme, certains parents sacrifient la promesse que représentent leurs enfants. En particulier, quand l'insensibilité des doigts ou des orteils finit par gagner le coeur, entraînant l'incapacité à communiquer et à transmettre.

La revue de presse : Pascale Nivelle - Libération du 20 septembre 2012

La fille de Maurice Herzog, héritière des aciéries du Creusot et de la duchesse d'Uzès, casse les usages dynastiques et le style des mémoires, romans, biographies alignés comme des trophées par sa lignée. Elle traque le mensonge dans les recoins cachés de sa généalogie pour exhumer son frère d'un cimetière de campagne. «Les grandes mythologies familiales mêlées à des mythologies nationales finissent par détruire les êtres les plus vulnérables», dit-elle. Laurent, son frère aîné schizophrène, est mort il y a treize ans, en tombant de l'escalier du château familial. Personne n'a jamais plus prononcé son prénom depuis. Dans ce premier roman qui n'en est pas un, Félicité Herzog tire toutes les ficelles de sa vie, serrées en pelote autour d'une double trahison. Celle de sa famille aux valeurs si enracinées, qui avait pactisé sous l'Occupation. Et la trahison du père, héros au sourire si faux. Maurice Herzog, le vainqueur de l'Annapurna, l'homme qui donna ses mains et ses pieds à la jeunesse de France, planta le premier drapeau tricolore sur le toit du monde...
Lorsqu'il l'avait croisée, dans les années 90, Jean-Christophe Rufin avait posé un oeil distant sur cette héritière à la beauté de papier glacé, alors lancée dans la finance à Londres : «Encore un de ces jeunes loups», s'était-il dit. «Un règlement de compte familial estampillé roman», a-t-il pensé en voyant le livre. Un héros l'a bouleversé.

La revue de presse : Josyane Savigneau - Le Monde du 13 septembre 2012

Laurent est donc le vrai " héros " silencieux de ce récit, celui que cette famille a détruit. Pas seulement le père trop absent, avec son autre vie, ses autres enfants, son désir perpétuel de séduire, et son image de demi-dieu. Mais aussi la mère, qui récuse tout ce que dit Félicité sur l'état de Laurent. Et tout un milieu social, aristocratie et haute bourgeoisie très fortunée, où règnent avant tout l'hypocrisie, les convenances et le mensonge.

La revue de presse : Jérôme Garcin - Le Nouvel Observateur du 30 août 2012

En même temps qu'elle enregistre, d'un ton glacial, parfois glaçant, la faillite d'un père, Félicité Herzog décrit, telle une avalanche poudreuse, l'écroulement d'un monde de privilégiés dont elle est la rescapée exaspérée et médusée. Elle et son frère ont grandi en effet dans les châteaux ducaux de la famille maternelle (leur mère, Marie-Pierre de Cossé-Brissac, héritière des forges du Creusot, coupable d'avoir épousé en première noces «le juif Simon Nora», s'était rachetée aux yeux de ses parents collabos en convolant avec Maurice Herzog). Des châteaux macabres remplis de bois de cerf et de pieds de chevreuil où le pétainisme le disputait à l'antisémitisme, où on lisait «Mein Kampf» et «les Décombres», où l'on recevait la visite de la reine d'Angleterre, où les tantes avaient servi de modèles à Marcel Proust, où l'on vitupérait l'époque et la démocratie, et où surtout le silence était d'or. Un silence brisé aujourd'hui par une fille dont la colère ne retombe pas et par une soeur dont la douleur ne s'apaisera jamais. Elle porte le beau prénom de Félicité, mais c'est calamité qu'on entend.

La revue de presse : - Le Figaro du 6 septembre 2012

Félicité Herzog a un talent de mémorialiste, servi par des personnages dignes de Saint-Simon. Elle a d'ailleurs une manière de dresser des portraits et des tableaux de moeurs, un style acéré et sensible, élégant et vigoureux, soucieux de serrer au plus près la vérité des êtres, qui fait songer au grand peintre de la cour de Louis XIV...
Ce roman passionnant met crûment en lumière le danger qu'il y a à dissocier sans vergogne le rêve et la réalité, la forme et le fond, l'élégance aristocratique et la noblesse de coeur.

La revue de presse : Marianne Payot - L'Express, août 2012

Le 3 juin 1950 : Maurice Herzog, accompagné du guide Louis Lachenal, devient le premier homme à fouler un sommet de plus de 8 000 mètres, l'Annapurna, au terme d'une tragédie de glace et de roc. Pour avoir restauré l'orgueil national, Herzog, le flamboyant conquistador de l'Himalaya, immortalisé à la Une de Paris Match, avec son physique à la Clark Gable, est érigé en héros national. La République lui rend tous les hommages, de Gaulle le fera entrer au gouvernement. C'est cette belle image d'Epinal, à peine égratignée par la publication posthume des Carnets du vertige de Lachenal, que Félicité Herzog, sa fille aînée, broie aujourd'hui allègrement dans un roman subtil et très enlevé, ironiquement intitulé Un héros.

La revue de presse : Jean-Christophe Rufin - Paris-Match, août 2012

Autant l'avouer : je suis entré dans ce livre avec réticence. «Encore un règlement de comptes familial estampillé roman», ai-je eu la faiblesse de penser...
Ces clichés ont volé en éclats dès que j'ai commencé ce livre bouleversant. «Un héros», c'est d'abord une langue d'un classicisme parfaitement maîtrisé. Félicité Herzog exprime avec une clarté troublante les souvenirs les plus intimes, les détails enfouis dans le creux du temps...
Loin d'être un règlement de comptes, le livre de Félicité répond à la définition que Graham Greene donnait du roman : «Administrer la plus haute justice possible.» Au fond de tout cela perce une immense tendresse pour les êtres, et une attention généreuse portée aux plus faibles. Si noir et glacé qu'il puisse paraître, «Un héros» est un grand livre d'espoir et d'amour.

Retrouvez la fiche complète sur le choix des libraires

en partenariat avec 20minutes.fr
Newsletter
POP

En fin de journée, faites
le tour de l'actu POP : culture, people, médias

publicité
publicité
publicité

Top 5 des vidéos partagées
publicité
Réagissez à cet article
Vous souhaitez contribuer ? Inscrivez- vous, ou .
Confirmer l'alerte de commentaire
Annuler
publicité
publicité
Se connecter avec Facebook
S'identifier sur 20minutes.fr