"Le christianisme et la crémation" de Piotr Kuberski chez Cerf (Paris, France)

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Publié le 22 décembre 2012.

Résumé

En 1963, l'Église catholique lève l'interdiction de recourir à la crémation des corps. Et l'histoire des Églises chrétiennes en général, et de l'Église catholique en particulier, avec cette pratique est complexe... Piotr Kuberski offre au lecteur la première véritable étude sur ce sujet.
Les questions qu'il aborde sont nombreuses : Quel crédit accorder à cette perception selon laquelle, dès son origine, le christianisme fut marqué par un refus de la crémation ? Ce refus serait-il le résultat de l'incompatibilité foncière entre la religion chrétienne et la coutume de brûler les morts ? L'hostilité vis-à-vis de la crémation tient-elle au fait que cet usage «a été compris par l'Église comme susceptible de porter atteinte à sa foi en la résurrection et à la vie éternelle» ? Cette hostilité est-elle une constante, traduite par des condamnations successives et répétées ?
Pour instruire ce dossier, ce livre se place dans une perspective essentiellement historique. Il présente et analyse les sources, à la fois écrites et matérielles : textes littéraires de natures très diverses (écrits bibliques, traités et commentaires théologiques, passions des martyrs, vies des saints, textes mythologiques, récits de voyage, utopies...), décisions des autorités religieuses et civiles ; des essais historiques ; des articles médicaux ou encore des épitaphes. L'archéologie n'est pas en reste.
L'actualité de ces questions n'est pas à démontrer : la pratique de la crémation est en progression. Le nombre de publications qui lui sont consacrées ne cesse de croître, notamment dans le monde anglo-saxon ou italien. En revanche, la France accuse un certain retard dans la recherche sur ce phénomène massif qui concerne au plus près la vie de chacun, la vie de la société et qui interroge les pratiques ou les coutumes religieuses. Avec ce livre pionnier, solide et très documenté, Piotr Kuberski vient combler ce vide et apporte au débat et à la recherche une contribution de premier ordre.

Piotr Kuberski, né en 1968, est professeur d'enseignement religieux dans le secondaire. Il a une formation universitaire en théologie et en archéologie. Comme archéologue, il a travaillé sur plusieurs chantiers en Pologne, en France ou en Italie. L'ensemble de sa recherche porte essentiellement sur les rites funéraires et l'eschatologie, tant dans le christianisme que dans les autres religions ou le paganisme.

La revue de presse : Bernadette Sauvaget - Libération du 20 décembre 2012

Un changement silencieux mais radical de culture... En vingt ans à peine, la crémation a pris sa place. Elle concernait, en 1983, 1,8% des obsèques qui avaient lieu en France et 30% en 2010. Les funérailles «se privatisent» et la société est désormais majoritairement areligieuse. Est-ce parce que le christianisme se défait que la crémation progresse ? Les liens entre l'un et l'autre sont complexes. C'est ce que montrent Piotr Kuberski dans un solide ouvrage historique...
En historien, convoquant les textes et les sources archéologiques, Piotr Kuberski montre que la pratique de l'inhumation a été valorisée par le christianisme, non pas à cause du dogme central de la résurrection des corps mais parce que l'Eglise l'a surtout promue en rupture avec d'anciennes pratiques, assimilées au paganisme.

La revue de presse : Nicolas Weill - Le Monde du 12 juillet 2012

Peu de pratiques sont aussi significatives de métamorphoses sociales que celles en rapport avec les morts. Or, comme le montre cette étude d'anthropologie historique pionnière, cette relation au corps défunt est en train de changer radicalement depuis une trentaine d'années. La crémation des morts au détriment de leur inhumation envahit les statistiques...
A partir de ce constat, Piotr Kuberski s'interroge en théologien et en historien. Cette mutation qui inverse une tendance bimillénaire à l'inhumation dépend-elle de l'évolution des conceptions religieuses ? La réponse que propose cet ouvrage ne laisse pas de surprendre. Contrairement aux idées reçues, l'histoire de la crémation des morts manifesterait une relative autonomie par rapport aux systèmes de croyance et à l'espérance en la résurrection. Avec un luxe d'érudition et l'appoint de l'archéologie dont il est spécialiste, l'auteur attribue la généralisation de l'ensevelissement en Occident aux Romains bien plus qu'à la diffusion du christianisme...
Mais tout eurocentrée qu'elle soit, cette somme ouvre brillamment la voie à une réflexion sur le désarroi que provoque, dans nos sociétés obsédées par la jeunesse du corps, la finitude de nos existences aussi insupportable qu'insurmontable.

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