L'enfant grec
L'enfant grec - Le choix des libraires

en partenariat avec 20minutes.fr

Résumé

Le sujet de ce roman est le roman lui-même. Il se déroule en majeure partie dans le jardin du Luxembourg à Paris, lieu éminemment romanesque qui se souvient des trois mousquetaires et du cardinal de Richelieu, de Lucien de Rubempré récitant ses poésies entre deux tilleuls, de Jean Valjean et de Cosette. Il se souvient en lait de tous les héros de la littérature, de Don Quichotte à Tarzan, puisqu'ils habitent tous, sous forme de-poupées, le théâtre de marionnettes qu'il abrite. C'est dire que le narrateur, un homme provisoirement handicapé, obligé de marcher avec des béquilles et dont l'existence se limite à de petites promenades, n'a pas le temps de s'ennuyer : en dehors îles héros de son enfance qu'il retrouve dans le jardin, il fait la connaissance de personnages qui, eux, ont l'air bien réels, comme Marie-Paule qui garde les toilettes, les deux soeurs qui dirigent le théâtre de marionnettes, Ricardo, un SDF d'origine italienne, M. Jean, un ancien bibliothécaire du Sénat, Charles, un critique littéraire à la retraite, Constantin, un jeune poète grec. Mais la frontière entre la réalité et la fiction s'estompe peu à peu, au point que l'auteur en vient à s'interroger sur sa propre identité : a-t-il vraiment besoin de ses béquilles ? les cris de protestation des jeunes Athéniens réunis place de la Constitution contre les mesures d'austérité imposées à leur pays lui rappellent néanmoins que son histoire, vraie ou fausse, a commencé en Grèce.

Vossilis Alexakis a publié entre autres Paris-Athènes, la Langue maternelle (prix Médicis 1995), Les Mots étrangers. Ap. J. C. (Grand Prix du roman de l'Académie française 2007) et Le Premier Mot. L'Enfant grec est sou quatorzième roman.

La revue de presse : Christine Ferniot - Lire, octobre 2012

L'Enfant grec est peut-être un roman, à moins qu'il ne s'agisse d'une autobiographie audacieuse. On y déniche aussi une joyeuse réflexion littéraire, une promenade culturelle sans pédanterie, capable de sauter du coq à l'âne, de Tarzan à Guignol, de Lucien de Rubempré à Ricardo le clochard, de Jules Verne à Balzac...
L'auteur donne rendez-vous sous la statue de Marie Stuart, près des toilettes tenues par Marie-Paule. De là, vous irez en sa compagnie prendre un verre à l'Auberge des Marionnettes où vous croiserez, si le coeur vous en dit, Victor Hugo et le chat Minouchet. Ce voyage au pays de l'enfance et de la lecture a toutes les chances d'être exaltant car le guide est fantasque et son discours affûté.

La revue de presse : Frédérique Roussel - Libération du 25 octobre 2012

Son roman défend une certaine idée de la littérature, sans prétention, sans effets de manche. Celle qui transfigure le quotidien par l'imaginaire, plante des personnages et des images dans les esprits et fait bouillonner les coeurs. Vassilis Alexakis ne s'oublie pas à manipuler ainsi les âmes créées par les autres. L'Enfant grec, facétieusement, incruste dans la mythologie du Luxembourg une ombre boitillant, pipe en poche, non loin de Richelieu, Baudelaire et des autres, tout près de l'éternité.

La revue de presse : Christine Ferniot - Télérama du 17 octobre 2012

Jouant à saute-mouton avec les anecdotes et les situations, l'écrivain emmène ses lecteurs à Athènes pour manifester place de la Constitution, puis leur propose un goûter à l'auberge des marionnettes. A peine sorti des coulisses de Guignol, on croise Jean Valjean dans les allées, entraînant la petite Cosette loin de ce voyou de Marius. En refermant ce roman tout fou et jubilatoire, nous vient le désir de replonger dans tous les livres qui bercèrent notre enfance et de faire comme l'auteur : saluer d'Artagnan d'une vigoureuse poignée de main et embrasser Elvire. Ou le contraire.

La revue de presse : Mohammed Aïssaoui - Le Figaro du 11 octobre 2012

Le voyage que nous propose l'auteur puise pour beaucoup dans le passé et encore davantage dans la littérature. Ici, les personnages de fiction qui ont bercé le petit Vassilis sont convoqués, sans d'ailleurs que le guide fasse très bien la différence entre le réel et l'imaginaire. Il nous parle de Don Quichotte, d'Artagnan, Cyrano, Long John Silver, Tarzan, Robinson Crusoé, Michel Strogoff, Robin des bois, Zorro, Oliver Twist, Jean Valjean... Liste non exhaustive. Dans un dialogue, un personnage peut très bien demander comment vont les enfants du capitaine Grant. Il rappelle que Lénine et Baudelaire ont foulé le jardin. Peut-être sont-ils passés sur le terrain de basket qui fascine Alexakis en béquilles. Ce mélange délicieux de vivants et de fantômes célèbres ajoute au charme de la promenade, d'autant que les personnages réels ne sont pas moins pittoresques...
Il y a du sourire, une douce autodérision, et une nostalgie de l'avenir chez notre guide grec qui n'a jamais aussi bien rendu hommage à Paris et à la France. Ne dit-il pas «le jardin du Luxembourg est devenu mon nouveau pays» ?

La revue de presse : Jérôme Garcin - Le Nouvel Observateur du 13 septembre 2012

Où l'on voit l'écrivain gréco-français se réfugier dans un lieu hors du temps : le jardin du Luxembourg...
C'est fou ce que, sous l'autorité d'Alexakis, ce jardin est peuplé. On y croise Jean Valjean, Cosette, Tarzan, Robinson, Cyrano, Rubempré et les trois mousquetaires...
Il y a un mystère Alexakis, auquel ce vrai faux roman autobiographique rédigé au crayon ajoute une énigme supplémentaire : comment fait-il, ce fumeur de bouffarde, pour mêler en si fines volutes la dérision et l'émotion, l'amusement et le désabusement ? Le secret est dans «l'Enfant grec», où il explique, en feignant toujours de blaguer, pourquoi la littérature a été sa seule raison de vivre, et pourquoi ses merveilleux mensonges l'ont dédommagé des ravages du monde moderne. «J'ai su très tôt en somme que la meilleure façon de raconter un événement était de l'inventer.» La preuve, éclatante, avec «l'Enfant grec.»

La revue de presse : Marianne Payot - L'Express, septembre 2012

D'Artagnan, Cyrano, Robinson, Tarzan, Long John Silver, Oliver Twist, Jean Valjean, Michel Strogoff..., tous convoqués dans un maelström des plus poétique, peuplent eux aussi les rêveries du narrateur. Qui, en prince du mensonge - l'essence même de l'écriture - mêle l'imaginaire et le tangible, pour traiter de la mémoire et de l'oubli, du mouvement et de l'immobilité, de la vie et du roman, mais aussi de la crise grecque, source de lucides digressions. Sans oublier l'auteur lui-même, brocardé ici avec toute la malice d'un briscard des lettres de plus en plus juvénile.

La revue de presse : Bernard Pivot - Le Journal du Dimanche du 2 septembre 2012

L'Enfant grec ne sera pas une nouvelle victime innocente de la crise. Car c'est un joli roman, assez fou, qui rend heureux...
Ce qui est séduisant chez Vassilis Alexakis, c'est son art d'épingler de petites choses curieuses et drôles, de les tisser ensemble dans une chronique pince-sans-rire, douce-amère, émouvante et charmante...
Amateurs de romans qui racontent la violence des hommes, la détresse des familles ou l'impitoyable férocité des nations, passez votre chemin. Évitez le jardin du Luxembourg. Vous y croiseriez un tranquille fumeur de pipe - sans béquilles, maintenant, je l'espère. C'est Merlin l'enchanteur. Je le croyais celte. Il est grec.

La revue de presse : Florent Georgesco - Le Monde du 30 août 2012

Grec de naissance et de fidélité, écrivain ayant rédigé toute son oeuvre en français, il flotte agréablement au-dessus du vide. Il montre, au-delà, ou en deçà, des si sérieuses questions de notre temps, que migrer peut être une manière unique de se créer un destin, de vivre, puisque le sol natal s'est dérobé, sur une terre selon son goût. En l'occurrence : dans la grâce de la fiction, là où le réel cesse de peser, de contraindre, d'arracher les hommes à eux-mêmes. Pauvre armure face à l'agitation du monde. Mais armure souveraine dans son ordre, qui est celui de la liberté intérieure. On peut accepter de tout quitter, sauf la patrie secrète, inaliénable, qu'emporte avec lui chacun de ceux que le hasard a jetés sur les routes.

Retrouvez la fiche complète sur le choix des libraires