"Notre-Dame d'Alice Bhatti" de Mohammed Hanif chez Ed. des 2 terres (Paris, France)

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Publié le 1 novembre 2012.

Résumé

«Notre- Dame d'Alice Bhatti évolue avec compassion et désespoir une nation en plein chaos : audacieux et sans compromis !»
The Financial Times

«Hanif s'est fait une spécialité d'un cocktail inextricable d'horreur et d'humour à la Joseph Heller... Un petit roman malin et méchant au grand génie comique !»
The New York Times Book Review

Alice Bhatti, "intouchable" catholique issue des ruelles nauséabondes de la Colonie française, devient à sa sortie de prison infirmière à l'hôpital du Sacré-Coeur. En arpentant les couloirs encombrés de malades dédaignés, elle fait la connaissance de son futur mari, Teddy, musulman, bodybuilder, et gorille de la police locale. Consciente du sort réservé aux chrétiennes du Pakistan, elle utilise ses dons de guérisseuse et semble délivrer de leurs maux des milliers de patients.
Mais elle enflamme aussi l'imagination des hommes et suscite la jalousie de ses collègues féminines. Prisonnière du système des castes, de la bureaucratie et de son propre mari, elle aura besoin de tous ses fluides pour se libérer. Prise pour une sainte, elle incarne aux yeux de tous Notre-Dame d'Alice Bhatti.

Mohammed Hanif est né au Pakistan et il a fait carrière comme pilote dans l'armée de l'air pakistanaise. Il devient ensuite journaliste, signe des articles dans le New York Times, le Washington Post et le Guardian. Diplômé de l'université d'East Anglia, il a longtemps été responsable de la section urdu à la BBC à Londres. Attentat à la mangue, son premier roman, encensé par Le Point pour ses "personnages forts, audaces joyeuses et géopolitique au vitriol", lui a valu le prix Commonwealth 2009.
Notre-Dame d'Alice Bhatti sera publié dans huit pays. Mohammed Hanif vit au Pakistan avec sa famille. Bernard Turle, ancien élève de l'École Normale Supérieure de Saint-Cloud, Prix Coindreau et prix Baudelaire, a traduit plus d'une centaine de romans de langue anglaise. Il est le traducteur officiel, entre autres, de Peter Ackroyd, TC Boyle et André Brink. Parmi les auteurs du sous-continent indien, il a traduit VS Naipaul, Ruth Prawer Jhabvala, Sudhir Kakar, Manu Joseph, Moshin Hamid et Siddharth Dhanvant Shanghvi.

Courier des auteurs le 15/09/2012

1) Qui êtes-vous ? !
Le traducteur officiel de Mohammed Hanif en France

2) Quel est le thème central de ce livre ?
Mohammed Hanif lui-même se refuse à reconnaître un thème central à Notre-Dame d'Alice Bhatti (me semble-t-il me souvenir de notre dernière conversation à ce sujet). C'est avant tout une histoire. Une histoire inspirée par un personnage de la vie réelle, une infirmière qui a soigné la mère de l'auteur. Le thème central est donc Alice elle-même, avec toute sa richesse et sa rudesse. Son corps à la fois désirable par le contraste entre sa maigreur et sa poitrine volumineuse, et "intouchable". Sa pugnacité forgée dans le caniveau. Elle-même dans la fatale séduction qu'elle exerce (fatale pour elle) autant que la répulsion qu'elle suscite. Alice noyau bouillonnant d'énergie autour duquel, le temps du roman, tout le Pakistan semble tournoyer dans une poussérieuse, une macabre et pourtant jouissive farandole.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
"L'amour, en conclut-il, est une charia en cavale." Complétée par : "Le premier amour, dit Hina Alvi, c'est comme un premier A.V.C. On a des chances de perdurer, mais on n'y survivra pas. Ce premier étouffement est le début de la fin. Comme on réussit tout de même à aspirer un peu d'air, on croit qu'on va s'en sortir. (...) Mais, au bout du compte, il vous aura tout de même."

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
La musique des premiers bus des travailleurs et travailleuses de l'aube à Islamabad : ça commence par l'énoncé des destinations crié par les rabatteurs, ça continue avec le bruit du poinçon que les contrôleurs tapotent contre les carrosseries au moment du départ. Puis le vrombissement des moteurs, les cliquètements des carcasses métalliques, et, tout autour, quelques grincements de charrettes et pétarades de deux roues. Un dératé qui pourrait être un coup de feu. Un coup de feu qui pourrait être un dératé. Le tout sur fond de grésillements et parasites : une radio dont les musiques qu'elle dispense ont peine à se distinguer du tintamarre croissant, une radio qui a du mal à trouver sa fréquence : ghazal, voix suraiguë de doublure vocale de star de film indien ou scansions d'une foule accueillant un discours enflammé ?

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Le point de vue distancié, non exempt d'humour, d'un auteur qui, fort de sa connaissance intime de deux civilisations, a le pouvoir de nous faire comprendre avec légèreté et rugosité à la fois une société dont le sens nous échappe : une société dans laquelle ce qui est chez nous une majorité, les Chrétiens, est, là-bas, "de l'autre côté des Pyrénées", une minorité. La force insensée et, à la fois, la relativité des croyances inébranlables.

La revue de presse : Florence Noiville - Le Monde du 1er novembre 2012

L'héroïne de Mohammed Hanif nous entraîne à Karachi, ville tentaculaire et fascinante...
Dans ce roman courageux, compassionnel et on ne peut plus ancré dans l'actualité, l'écrivain lève le voile sur ce qui est hautement tabou dans son pays : la situation de ceux qui sont en majorité des " intouchables " convertis et qui cumulent le double handicap de la caste et de la religion...
Toute la subtilité de Mohammed Hanif consiste à avoir mis au coeur de son roman ce personnage incarnant à la fois la séduction - Alice est belle, sexuellement attirante, elle guérit... - et la répulsion liée à sa caste. Femme forte et pugnace, Alice se détache ainsi magnifiquement sur le fond du décor : la dangereuse et tentaculaire Karachi aussi présente dans le roman qu'un véritable personnage. Cette ville " gigantesque et monstrueuse où une demi-douzaine de personnes meurent en moyenne chaque jour ", Hanif réussit (presque) à nous la rendre attachante. En 2008, il a d'ailleurs décidé de quitter Londres pour retourner y vivre. A la stupeur de ses proches. De l'audace, toujours de l'audace...

La revue de presse : André Clavel - Lire, octobre 2012

Deux paumés dans une nation sinistrée, tels sont les protagonistes de ce roman dont le troisième personnage semble sortir d'une toile de Jérôme Bosch : la tentaculaire Karachi, sorcière diabolique aux prises avec les rats et les mendiants. De cette ville, Hanif extirpe tous les maux - politiques et sociaux - avant de s'en prendre à un système hospitalier pourri où les poches des blouses des médecins débordent de roupies - la rançon nécessaire pour éviter une autopsie, par exemple. Avec ce roman, le Pakistanais a signé une charge terrible contre son pays, une jungle où se débat une mère Courage déguisée en marchande de miracles.

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