"Réanimation" de Cécile Guilbert chez Grasset (Paris, France)

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Publié le 6 septembre 2012.

Résumé

«Blaise vient de fêter ses cinquante printemps. Quelque chose en lui refuse-t-il de naître ? de céder ? de s'ouvrir ? Une délivrance ? une douleur ? un remords ? Peut-être. Car soudain tonne le canon qui abat tout, renverse tout, démolit tout.»

La narratrice et Blaise, mariés, vivent comme des adolescents, des Robinson parisiens, artistes accrochés l'un à l'autre, insouciants. Jusqu'au jour où Blaise est foudroyé par une infection rare, la «cellulite cervicale», nécrose parfois mortelle des tissus du cou. Hospitalisé d'urgence à Lariboisière, Blaise se mue du jour au lendemain en «homme-machine» plongé dans le coma. Alors la peur s'installe. De le perdre. De voir le bonheur disparaître. S'installe aussi la curiosité fascinée de la narratrice pour ce service spécial - la «réa» - tandis que son existence se détraque et se ranime elle aussi...

Récit intelligent et sensible, exercice de mise à distance du malheur, méditation d'une grande douceur sur le temps et l'espérance, les pouvoirs de l'art et de la médecine, les pièges de l'image et les sortilèges de l'imagination, le livre de Cécile Guilbert, traversé de mythes et de contes, est aussi - surtout ? - une lettre d'amour à Blaise.

Romancière et essayiste, Cécile Guilbert est l'auteur, aux éditions Grasset, de Warhol Spirit (2008, prix Médicis de l'essai) et de Animaux & Cie (2010), avec Nicolas Guilbert.

La revue de presse : Clara Dupont-Monod - Le Magazine Littéraire, août 2012

Pour son deuxième roman, Cécile Guilbert évoque le coma de son mari foudroyé par la maladie...
L'amour lui permet d'assumer sereinement des sentiments inavouables. Car l'attirail soignant la fascine. Le voyage immobile de Blaise la subjugue. La réanimation, dans son principe et dans sa pratique, excite son intérêt. En d'autres termes, la narratrice est un écrivain. Elle a sous les yeux un matériau littéraire brut. Elle le sait. Elle convoque les auteurs aimés, les fous qui, avant elle, ont exploré ces zones inconnues. Brûle en elle ce feu incandescent pour Blaise nu, malade et désarmé, qui, implicitement, lui offre cette descente en eaux troubles. Il se réveillera, elle aussi. Ils recommenceront. Forts tous les deux d'une expérience rare, celle de la tempête.

La revue de presse : Jérôme Garcin - Le Nouvel Observateur du 23 août 2012

Voici un très beau livre. Il commence comme un récit traumatologique et se termine comme un roman géographique. On entre à Lariboisière, mais on sort sur la banquise, lors de la fonte des glaces...
Dans une prose cuivrée de moraliste, une femme d'aujourd'hui espère le réveil de son Bel au bois dormant, la résurrection de son amant christique et le retour d'Ulysse. Même si vous ne croyez pas aux miracles, lisez ce livre qui rapproche le ciel de la terre.

La revue de presse : Lydie Salvayre - Le Monde du 30 août 2012

La maladie a deux visages. Et, quand elle ne tue pas, sa machine opère en deux temps : un temps de foudre où elle s'abat, détruit, sidère, puis celui, lent comme une germination, beau comme une naissance, où elle réanime l'esprit, puis l'affûte, le fouette, fait sauter son cran de sûreté et, magnifiquement, l'ouvre. Réanimation est le récit de ce passage du foudroiement à l'ouverture...
Mais qu'on n'aille pas croire que son récit est un chant de douleur. On n'aime pas la douleur, on n'aime pas la maladie, disait Marina Tsvetaeva, que je lis en même temps que Cécile Guilbert (les deux lectures s'aiguisant), mais une fois guéri, on bénit la blessure qui nous a fait homme et on essaie d'en restituer, à vif, la trace...
Ainsi délivrée de ce qui d'ordinaire l'englue, sa douleur n'est pas cette eau stagnante où le poète poitrinaire contemple son chagrin, mais une douleur dénouée, tonique, une douleur qui force les portes, change la nuit en jour, réactive l'esprit, le bouscule, et dans sa bousculade bouscule l'écriture.

La revue de presse : Philippe Lançon - Libération du 30 août 2012

Aujourd'hui, quand un livre évoque la maladie ou la mort d'un «proche», quand il parle d'une souffrance ou d'une perte, c'est généralement avec des phrases pauvres, courtes, ennuyeuses, sur un ton d'emphase muette que l'ordinaire du public qualifie en s'extasiant de sobre et pudique. L'idée, c'est que les grandes douleurs, il ne faut surtout pas faire de «phrases» avec. Ne comptons pas sur Cécile Guilbert pour jouer de ce violon d'époque à une corde. Elle n'affiche aucun lys de fausse modestie, aucune syntaxe à profil bas. Elle écrit : «L'habitude est un oripeau qui tombe comme un corset délacé au plus fort de l'étreinte.» Réanimation raconte de quelle façon l'habitude d'être, la sienne, tombe au plus fort de l'étreinte, inattendue et peut-être fatale, de la mort...
Auteure d'essais sur Saint-Simon, Guy Debord et Andy Warhol, mariée avec l'artiste Nicolas Guilbert, cette duchesse baroque au visage lisse et osseux, qui dort huit heures par nuit et qui dans l'épreuve, nous dit-elle, ne perd qu'à peine le sommeil, utilise tout ce que les auteurs qu'elle aime lui ont donné d'intelligence, d'éclat, de ton, tout ce qui lui a permis de construire son propre personnage à travers eux, pour refléter, penser et lutter avec ce qu'elle vit : la littérature est un sport de combat.

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