Lame de fond de Linda Lê chez Bourgois (Paris, France)

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Publié le 6 septembre 2012.

Résumé

«Je n'ai jamais été bavard de mon vivant. Maintenant que je suis dans un cercueil, j'ai toute latitude de soliloquer. Depuis que le couvercle s'est refermé sur moi, je n'ai qu'une envie : me justifier, définir mon rôle dans les événements survenus, donner quelques clés pour comprendre les tenants et les aboutissants de ce qui n'est qu'un fait divers. Je n'ai pas un penchant au regret, mais il me faut faire mon examen de conscience, si inutile qu'il soit désormais. Le souvenir que je laisse est celui d'un partisan des solutions hybrides, habitué à ajourner, soucieux de n'exaspérer personne, de ne pas empirer les choses en manquant de diplomatie. Je ne suis pas un de ces vieux hiboux formalistes, ni un de ces faiseurs d'embarras toujours persuadés d'être supérieurs à tout le monde. Non, j'ai veillé à ne pas incommoder mes proches, pas seulement par horreur des dissensions domestiques, mais parce que je ne suis pas un homme à problèmes.»

Née en 1963 au Viêt-nam, Linda Lê avoue volontiers qu'elle n'a plus une connaissance intime de sa langue natale. Le français, appris dès l'enfance, à Saigon, est devenu, sinon sa patrie, du moins un espace mouvant qui lui permet tout ensemble de se désabriter et de trouver une ancre flottante. Arrivée en France en 1977, deux ans après la fin de la guerre du Viêt-nam, elle a pris le chemin de la littérature. Après trois livres parus lorsqu'elle était très jeune, elle a publié Les Évangiles du crime dont une presse unanime a salué l'originalité exceptionnelle. En 1993, Christian Bourgois a édité son cinquième livre, le roman Calomnies (traduit et publié aux États-Unis, aux Pays-Bas et au Portugal) puis en 1995, Les dits d'un idiot. Les Trois Parques et Voix ont paru en 1998, Lettre morte en 1999, Personne en 2003, Kriss/L'homme de Porlock en 2004 et In memoriam en 2007. Elle a reçu le prix Wepler-Fondation La Poste en 2010 pour son roman Cronos et le prix Renaudot-poche en 2011 pour À l'enfant que je n'aurai pas (Nil).

Le choix des libraires : choisi le 26/08/2012 par Coline Meurot de la librairie MAJUSCULE LA ROSE DES VENTS à ARMENTIÈRES, France

Van vient de mourir. Sa femme l'a renversé avec sa voiture. Tour à tour, Van, son épouse Lou, sa fille Laure et la mystérieuse Ulma vont se confier. En retraçant la dernière année de leur vie, le quatuor raconte son parcours et comment ils en sont arrivés là.
Van arrivé du Vietnam à quinze ans et correcteur de roman désabusé ; Lou directrice d'école et épouse aimante ; Laure adolescente gothique et Ulma, fille d'une hippie cocaïnomane. Un magnifique roman où Linda Lê aborde les sujets récurrents de son oeuvre : immigration, amour, famille et langue française.

Le choix des libraires : choisi le 25/08/2012 par Stéphanie Fontaine de la librairie FURET DU NORD à LILLE, France

C'est l'histoire de quatre personnes dont la vie va être emportée et bouleversée par une lame de fond... Lou et Van sont mariés depuis 20 ans. Si le couple n'est plus dans l'amour fou du début, il semble plutôt solide, cimenté en quelque sorte par laure, leur fille adolescente au look gothique. Van a quitté son pays natal, le Vietnam, pour vivre en France où il exerce le métier de correcteur. Il manie la langue française avec passion, précision et dévotion... L'équilibre familial vacille cependant avec l'arrivée d'Ulma, la demi-soeur de Van. Tour à tour, ces quatre personnages prennent la parole et racontent leur vie, leurs sentiments, et l'effroyable engrenage qui a amené Lou à foncer sur Van au volant de son Austin. Une fois la lecture de ce formidable roman choral achevée, une question taraude le lecteur : «Quel est le secret de Linda Lê pour avoir une telle aisance dans la langue, un sens si aigu du mot juste, une facilité inouïe à faire naître des phrases si harmonieuses ?».
Peut-être parce, tout comme Van, d'origine vietnamienne, le français n'est pas sa langue maternelle mais celle du coeur et des découvertes littéraires...

Courier des auteurs le 25/08/2012

1) Qui êtes-vous ? !
Si j'étais ironique, je dirais que je suis un animal amphibie, bipolaire et habité par de multiples voix.

2) Quel est le thème central de ce livre ?
L'exil sous toutes ses formes.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
«L'aimer, c'était pour moi qui m'étais toujours senti en exil, me découvrir une patrie, n'être plus un étranger en phase avec personne.»

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Un ami m'a dit qu'en lisant certains passages il a pensé au 3e mouvement de la
3e symphonie de Brahms

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Le silence
6) Avez-vous des rituels d'écrivain ? (Choix du lieu, de l'horaire, d'une musique de fond) ?
Aucun

7) Comment vous vient l'inspiration ?
Je ne crois pas à l'inspiration, mais au travail.

8) Comment l'écriture est-elle entrée dans votre vie ? Vous êtes-vous dit enfant ou adolescent «un jour j'écrirai des livres» ?
Je me suis dit cela, tout en me demandant si j'oserai.

9) Vous souvenez-vous de vos premiers chocs littéraires (en tant que lectrice) ?
Victor Hugo et Lautréamont

10) Savez-vous à quoi servent les écrivains ? !
A sonner le tocsin, à réveiller les consciences.

11) Quelle place tiennent les librairies dans votre vie ?
C'est souvent un lieu de refuge pour moi.

Le choix des libraires en partenariat avec 20minutes.fr
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