Le sermon sur la chute de Rome de Jérôme Ferrari chez Actes Sud (Arles, France)

0 contributions
Publié le 5 septembre 2012.

Résumé

Le point de vue des éditeurs

Dans un village corse perché loin de la côte, le bar local est en train de connaître une mutation profonde sous l'impulsion de ses nouveaux gérants. À la surprise générale, ces deux enfants du pays ont tourné le dos à de prometteuses études de philosophie sur le continent pour, fidèles aux enseignements de Leibniz, transformer un modeste débit de boissons en "meilleur des mondes possibles". Mais c'est bientôt l'enfer en personne qui s'invite au comptoir, réactivant des blessures très anciennes ou conviant à d'irréversibles profanations des êtres assujettis à des rêves indigents de bonheur, et victimes, à leur insu, de la tragique propension de l'âme humaine à se corrompre.

Entrant, par-delà les siècles, en résonance avec le sermon par lequel saint Augustin tenta, à Hippone, de consoler ses fidèles de la fragilité des royaumes terrestres, Jérôme Ferrari jette, au fil d'une écriture somptueuse d'exigence, une lumière impitoyable sur la malédiction qui condamne les hommes à voir s'effondrer les mondes qu'ils édifient et à accomplir, ici-bas, leur part d'échec en refondant sans trêve, sur le sang ou les larmes, leurs impossibles mythologies.

Né à Paris en 1968, Jérôme Ferrari a enseigné en Algérie puis en Corse. Depuis septembre 2012, il est en poste dans les Émirats arabes unis.
Chez Actes Sud, il est l'auteur de quatre romans : Dans le secret (2007; Babel n° 1022), Balco Atlantico (2008), Un dieu un animal (2009, prix Landerneau ; Babel n° 1113) et Où j'ai laissé mon âme (2010, prix du roman France Télévisions, prix Initiales, prix Larbaud, grand prix Poncetton de la SGDL).

Le choix des libraires : choisi le 31/08/2012 par Max Buvry de la librairie VAUX LIVRES à VAUX-LE-PÉNIL, France

«Le démiurge n'est pas le Dieu créateur. Il ne sait même pas qu'il construit un monde, il fait une oeuvre d'homme, pierre après pierre, et bientôt sa création lui échappe et le dépasse et s'il ne la détruit pas, c'est elle qui le détruit.» et l'échelle de ce monde varie selon ses auteurs. Un petit village corse se meurt gentiment lorsque deux de ses enfants, étudiants en philosophie, décide de reprendre le débit de boisson qui va à vau-l'eau depuis quelques années. Ils sont unis par une amitié indéfectible, portent ce projet et s'y consacrent sans retenue aucune. A la surprise de tous, le commerce prend son essor et beaucoup du village et d'ailleurs viennent y prendre part et apportent leur pierre à l'édifice maintenant soutenu par une équipe entretenant ce rêve collectif. Jérôme Ferrari dresse ainsi le portrait de ce microcosme en le recadrant naturellement dans une perspective beaucoup plus large puisque mythologique ! L'écriture est précise, le roman ample, les personnages puissants, la tragédie saisissante, à découvrir «sur-le-champ» !

La revue de presse : Astrid de Larminat - Le Figaro du 30 août 2012

Ce roman très corse est aussi universel que la tragédie grecque. Les paysages, abrupts, originels, paradisiaques, invitent à un questionnement radical. L'auteur écrit une langue torturée, mais emportée par la grâce. Il cherche une réponse à ses questions métaphysiques dans «les grondements du fleuve dont on entendait couler les flots invisibles tout au fond du précipice encaissé qui déchirait la montagne comme une plaie profonde, un sillon tracé par le doigt de Dieu tout au début du monde». Mais le paysage et son créateur restent muets. Jérôme Ferrari encadre sa méditation sur le sens de l'histoire par des références, malheureusement trop hâtives, aux Sermons sur la chute de Romede saint Augustin. Certes, le rapprochement entre le Ve siècle qui vit l'effondrement d'une civilisation et le nôtre se justifie. On sent que l'auteur cherche dans le fameux pessimisme augustinien sur la nature humaine un écho au sien.

La revue de presse : Marine Landrot - Télérama du 22 août 2012

Ceci n'est pas un péplum. Mais le récit chaotique et revigorant de la vie des membres d'une famille traversant le XXe siècle comme sur un radeau de survie. C'est un roman qui se désagrège à chaque page, et qui pourtant offre un grand sentiment de sécurité. Un livre meuble, fuyant, insaisissable, sur lequel on peut néanmoins prendre appui, pour avancer en confiance...
Très vite, l'auteur nous happe par son écriture si profonde, proche des émotions, et pourtant pleine de recul...
Comme dans ses romans précédents, aux titres déjà énigmatiques et forts (Un dieu un animal, Où j'ai laissé mon âme), Jérôme Ferrari saisit cet instant où tout bascule, où la bulle du rêve et de l'ambition éclate pour laisser place au vide abyssal. Mais pour lui, le vide est un espace qu'il y a toujours moyen d'occuper, une terre vierge qu'il faut cultiver pour la faire renaître.

La revue de presse : Baptiste Liger - L'Express, août 2012

Le dernier roman de Jérôme Ferrari pourrait être un traité de philosophie de comptoir. Au sens strict. C'est en effet dans le bar d'un village corse que l'auteur d'Où j'ai laissé mon âme (prix France Télévisions 2010) situe l'action de son très beau Sermon sur la chute de Rome, qui doit son titre aux mots prononcés par saint Augustin, en 410, dans la cathédrale d'Hippone...
Porté par une langue virtuose et lyrique, Le Sermon sur la chute de Rome dépasse sa trame régionaliste pour atteindre des accents mythologiques. Où Jérôme Ferrari nous interroge sur la fin d'un monde, les conditions de l'échec et la tentation du mal.

La revue de presse : Grégoire Leménager - Le Nouvel Observateur du 23 août 2012

Ce roman flamboyant pourrait n'être qu'une belle dissertation un peu théâtrale. Il pourrait signer l'intrusion de la tragédie grecque dans la brève de comptoir, comme aurait presque dit Malraux. Ce ne serait déjà pas si mal. Mais le livre de Ferrari est beaucoup plus que cela, grâce à son intelligence têtue, à son amour de la Corse qui éclate partout, à tous ses personnages qui titubent au bord d'un ravin sans le voir. Et puis, quelqu'un qui sait raconter comment on châtre les jeunes verrats ne peut être qu'un véritable écrivain.

La revue de presse : Raphaëlle Leyris - Le Monde du 23 août 2012

Avec " Le Sermon sur la chute de Rome ", l'écrivain fait d'un bar corse la scène d'un superbe roman sur les espérances déçues. Noir et caustique...
La phrase extraordinairement travaillée et sinueuse de Jérôme Ferrari s'emploie à explorer les voies que chacun se choisit - plus admirable encore dans Le Sermon qu'elle ne l'était dans ses romans précédents. L'auteur la maîtrise à plein, aussi habile pour l'étirer dans toute sa puissance et sa gravité que pour la gonfler d'ironie, et jouer du contraste entre son déploiement solennel et une pointe finale parfois drolatique sur laquelle elle vient s'éteindre. Il la parsème d'incises qui peuvent embrasser plusieurs temporalités à la fois et semblent servir à rappeler la finitude de tous destins, à la manière des mouches sur les vanités de l'âge baroque...
Convaincu que la fin est dans le début, Jérôme Ferrari construit ainsi un ambitieux cycle romanesque qui ne dit pas son nom, dont Le Sermon sur la chute de Rome constitue l'acmé. Il apporte la preuve que, non content d'être un auteur extrêmement original, il est un écrivain à la tête de son propre monde. Un monde minuscule et passionnant, hanté par des personnages dont la dimension tragique n'exclut pas le grotesque. Un monde voué à la destruction ? Forcément. Que cela ne vous empêche surtout pas de l'habiter pleinement.

Le choix des libraires en partenariat avec 20minutes.fr
Newsletter
POP

En fin de journée, faites
le tour de l'actu POP : culture, people, médias

publicité
publicité
publicité
Top 5 des vidéos partagées
publicité
Réagissez à cet article
Vous souhaitez contribuer ? Inscrivez- vous, ou .
Confirmer l'alerte de commentaire
Annuler
publicité
publicité
Se connecter avec Facebook
S'identifier sur 20minutes.fr