«Le Garçon» de Marcus Malte, sur les pas d'un jeune soldat de la Grande Guerre

ROMAN Prenez deux minutes pour savoir si «Le Garçon» de Marcus Malte est le livre qu'il vous faut...

Laurent Bainier

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«Le Garçon» de Marcus Malte (Zulma)

«Le Garçon» de Marcus Malte (Zulma) — 20 Minutes

Tous les jours de la semaine, la rédaction de 20 Minutes ou ses lecteurs vous proposent une idée de roman à dévorer ou à offrir. Aujourd’hui, Le Garçon de Marcus Malte chez Zulma (544 pages, 23,50€).

Une citation:

«Mais ça passe si vite. C’est déjà presque passé. Temps du bonheur et temps du malheur ne sont ni d’égale mesure ni d’égale valeur.»

Pourquoi choisir ce livre:

  • Parce qu’on ne devient pas comique troupier en un roman. Marcus Malte a quitté le polar, mais pas le noir. Dans Le Garçon, auréolé d’un prix Femina, il confie à un héros muet comme un cimetière le soin de raconter le premiers tiers du XXe siècle. Face à la barbarie, son silence nous glace les os.
  • Parce qu’on ne tient pas 500 pages avec un Bernardo sorti des collines sans tomber dans le lyrisme. C’est parfois longuet, souvent sublime, comme l’évocation de son baptême du feu. Ou lorsqu’il entremêle en une phrase fleuve la généalogie des belligérants couronnés de la Grande Guerre et l’achève par une question faussement innocente: pourquoi diable Poincaré a-t-il plongé ses pognes de roturier dans ce bain de sang bleu?
  • Parce que ce livre a des tripes. Celles qui pendent aux baïonnettes, celles que le héros fouille du bout de son vit, ceux qu’a dû prendre l’auteur pour écrire sa scène d’ouverture. Sexe, guerre, poésie, avec en bande-son les romances sans paroles de MendelssohnLe Garçon, c’est de l’art total.

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L’essentiel en 2 minutes:

L’intrigue. Quand le héros a débarqué sous nos yeux, il portait sa mère, mourante, sur ses épaules. Maintenant qu’il n’a plus sa daronne sur le dos, il va pouvoir jeter sa gourme et enterrer sa vie de garçon. Mais le chemin pour devenir un homme passe par un hameau où l’on n’aime pas les sauvageons.

Les personnages. Cherchez le garçon, trouvez son nom. Félix, le bienheureux qui ne lâche plus sa chatte. Mazeppa, réveillé des morts pour sauver la patrie. L’Ombre, le Lynx, le Sioux… Autant de surnoms pour notre ravi de la crèche, santon naïf devenu en quelques années soldat de plomb.

Les lieux. Par «dromomanie» ou parce qu’il n’est à sa place nulle part, le Garçon passe son roman à vagabonder, des rives de l’étang de Berre aux montagnes du Pérou, en passant par la Guyane et la Champagne, un destin de feuille morte prise dans la tempête du siècle.

L’époque. Du séisme de Lambesc à la Nuit de Cristal, le XXe siècle a de la fièvre et des tremblements. Pour le soigner, les grands de ce monde multiplient les saignées et les tranchées.

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L’auteur. Connu pour ses polars, qu’il les écrive pour un public adulte ou pour de jeunes lecteurs, Marcus Malte signe là un roman d’initiation sombre et engagé. Pour Le Garçon, il a reçu le prix Femina, ce qui lui plaît sans doute davantage que celui de l’Académie-Française, qu’il égratigne à chaque fois que l’occasion lui en est donnée dans ce livre.

Fiche réalisée par la rédaction de 20 Minutes. Pour rejoindre notre club de lecture, surveillez notre rubrique livres. Plus d’infos prochainement…