"L'ecole des colonies" de Didier Daeninckx chez Hoëbeke (Paris, France)

en partenariat avec 20minutes.fr

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Courrier des auteurs le 17/10/2015

1) Qui êtes-vous ? !
Didier Daeninckx, romancier, auteur d'une soixantaine d'ouvrages dont plusieurs prennent pour thème les séquelles de la colonisation française comme Meurtres pour mémoire ou Cannibale.

2) Quel est le thème central de ce livre ?
La manière dont les institutions éducatives de la métropole enseignaient aux enfants des colonies françaises réparties sur tous les continents. Une fiction où cinq instituteurs en poste en Algérie, à Madagascar, au Congo, au Vietnam et en Nouvelle-Calédonie, accompagnent plus d'une centaine de documents tirés des manuels scolaires de l'époque.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
Récemment Jules Romains, de l'Académie française, immortel auteur des Copains et de la fresque littéraire Les Hommes de bonne volonté, déclarait que "la race noire n'a jamais donné, ne donnera jamais un Einstein, un Stravinsky, un Gershwin".

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Nénufar, la chanson officielle de l'Exposition coloniale de 1931, à Paris, chantée par Alibert et dont un refrain plein de finesse exprimait cela :
Un jour Nénufar
Entra dans une grande parfumerie
Il voulait des fards
Pour les lèvres de sa p'tite amie
"Donnez-moi -qu'il dit-
Du rouge en étui
J'en veux trente kilos
Car c'est une négresse à plateaux"

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
L'effarement devant tant de bonne conscience au service de l'inégalité.

6) Avez-vous des rituels d'écrivain ? (Choix du lieu, de l'horaire, d'une musique de fond) ?
Pas de rituel, mais si je ne démarre pas un bout d'écriture très tôt le matin, avant que le fracas du monde n'envahisse l'espace, c'est une journée foutue.

7) Comment vous vient l'inspiration ?
A la suite de pas mal de transpiration. L'obsession est un des meilleurs moteurs pour aligner des mots.

8) Comment l'écriture est-elle entrée dans votre vie ? Vous êtes-vous dit enfant ou adolescent «un jour j'écrirai des livres» ?
Non, mes parents faisaient tout pour que je choisisse un travail de bureau, de fonctionnaire, pourquoi pas instit, afin de me faire échapper à la case "usine".
J'ai passé un brevet de comptable, puis j'ai fait en sorte d'aller à l'usine pour échapper à la déprime intense née à la vue de chiffres impeccablement alignés de part et d'autre des feuilles de bilan.

9) Vous souvenez-vous de vos premiers chocs littéraires (en tant que lecteur) ?
Les recueils de Contes et légendes du Far West, de l'Inde, du Languedoc, de Bretagne, publiés par les éditions Nathan et qu'on m'offrait lors de la remise des prix, en fin d'année scolaire.

10) Savez-vous à quoi servent les écrivains ? !
On ne sait pas si les écrivains parviennent à faire en sorte que la vie soit meilleure, mais on sait que sans eux, elle serait bien pire.

11) Quelle place tiennent les librairies dans votre vie ?
Mon père, grand lecteur de Séries Noires les achetait au marché pour quelques dizaines de centimes l'unité. La semaine suivante, une fois lues, il les revendait à moitié prix pour en prendre de nouvelles. Il n'est jamais entré dans une librairie, ce n'était pas son monde. Sauf une fois que je dédicaçais dans la ville où il habitait. Je le vois encore s'approchant gauchement de la table où mon nom, le sien, figurait sur la couverture d'une Série Noire. C'est mon plus beau souvenir de "librairie".

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