"A l'encre bleu nuit" de Yvonne Baby chez Baker street (Paris, France)

en partenariat avec 20minutes.fr

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A l'encre bleu nuit

A l'encre bleu nuit — Le choix des libraires

Résumé

«Regardez, dit-il, et elle regarde : Il fait glisser ce papier fin et léger qui enveloppe la paille, le froisse, le roule, comme s'il roulait une cigarette, et, délicatement, le déchire, le divise : deux jambes, deux bras, un corps et une tête apparaissent, vivants, pense-t-elle, plus réels dès qu'il verse de l'eau sur le papier avec la paille. Une goutte, une autre, et une autre, un personnage vient de naître, frissonne, s'agite, se tord, avant de se plaquer contre le marbre de la table, foudroyé, inerte. [...] Elle pense aux grands plâtres, aux grands bronzes de l'atelier, hommes et femmes, veilleurs des dessins, des peintures, compagnons des bustes, des portraits pacifiés. Ils portent le poids de l'Histoire explosée, qu'Alberto Giacometti maintient en équilibre dans ses doigts patients. Nomades de la rue, de la ville, de la planète, ils marchent. Et ils marchent, malgré leurs corps carbonisés, immortels Don Quichotte, peut-être élus parmi les damnés - l'Esprit souffle où il veut.»
Extrait d'«Alberto», premier chapitre de ce livre.

Journaliste, Yvonne Baby a créé et dirigé le service culturel du journal Le Monde de 1970 à 1985, après y avoir été critique de cinéma. (Elle a été la première femme nommée chef de service dans ce journal.) Écrivain, elle est l'auteur de six romans, notamment de Oui, l'espoir (prix Interallié 1967), et d'un recueil d'entretiens, Quinze hommes splendides. Elle a été la vice-présidente du jury du Festival de Cannes, en 1983, auprès de William Styron, président.

Courrier des auteurs le 12/03/2014

1) Qui êtes-vous ? !
Je suis une femme, la mère de deux fils musiciens, et un écrivain, une journaliste. J'ai créé, et dirigé, le service culturel du journal Le Monde, dans les années 70/80. J'ai écrit plusieurs romans (Prix Interallié pour Oui, l'Espoir, en 1967) et je suis aussi l'auteur d'un recueil d'entretiens, de portraits : Quinze Hommes Splendides (éditions Gallimard, 2008). Ayant été critique du cinéma au journal Le Monde, j'ai eu l'occasion de rencontrer longuement ces "hommes splendides", tous des créateurs, des cinéastes, qui ont marqué notre époque. Ainsi, Orson Welles, Ingmar Bergman, Robert Bresson, Terrence Malick, Luis Buñuel, Federico Fellini, Woody Allen, Jean-Luc Godard, Francois Truffaut.

2) Quel est le thème central de ce livre ?
A l'Encre Bleu Nuit raconte un voyage et suit, chapitre par chapitre, la route de la narratrice. Une route où, depuis sa jeunesse, de grands artistes l'accompagnent ou l'ont accompagnée : Alberto Giacometti, Louis Aragon, Henri Cartier-Bresson, Georges Sadoul, Hervé Guibert, Paul Morand...Leur histoire devient la sienne, et ce voyage sera un pèlerinage dédié à ses fils.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
... "rêver d'être la Femme qui marche, rêver qu'Alberto Giacometti la relie aux étoiles sur le long chemin de l'art..."

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
L'Adagio molto e mesto du 7e quatuor en fa majeur de Beethoven.

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
L'émotion d'une vie, d'une époque.

La revue de presse : Béatrice Vallaeys - Libération du 27 mars 2014

D'Aragon à Guibert, une vie de rencontres écrite à la troisième personne «Elle». C'est ainsi qu'Yvonne Baby se présente, ainsi qu'elle parcourt, à la troisième personne, son dernier roman. Celui de sa vie, telle qu'elle a souhaité la raconter à ses deux fils, Nicolas et Olivier...
Pourtant, A l'encre bleu nuit ne se résume pas au récit d'une mère attentive à léguer un héritage familial. C'est l'histoire d'une femme soudain pressée de partager une part de son intimité avec deux jeunes hommes à qui elle a donné la vie et qui vivent désormais la leur...
De sa mère à ses enfants, Yvonne Baby finit de tracer sa route en famille. Elle est la Femme qui marche,«ténébreuse égalité» de l'Homme qui marche qu'elle a vu, jadis, dans l'atelier d'Alberto.

La revue de presse : Jérôme Garcin - Le Nouvel Observateur du 13 mars 2014

C'est (...) au présent, le temps de l'éternité, qu'Yvonne Baby raconte comment elle proposa à Hervé Guibert d'écrire dans les pages culturelles du «Monde», qu'elle dirigeait. Comment peu à peu il entra dans sa vie, devint l'ami de ses fils, lui écrivit de l'île d'Elbe des lettres magnifiques. Et comment il est parti, «pareil aux rois gisants de la basilique de Saint-Denis ou à un saint en pierre», soudain «étranger à la mort qui le hantait».

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