"Ailleurs" de Richard Russo chez La Table ronde (Paris, France)

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Publié le 9 janvier 2014.

Résumé

Un monde ailleurs : voilà le rêve que sa mère avait insufflé à Rick, un rêve qu'elle caressait elle-même sans pouvoir le réaliser. A chaque étape de l'existence de son fils, de son enfance à Gloversville à sa carrière universitaire, de son mariage à l'éducation de ses deux filles, elle l'a suivi comme une ombre encombrante et intouchable, ballottée au gré des déménagements successifs, écartelée entre ses tentatives pour préserver un mode de vie qu'elle souhaitait «indépendant» et les violentes crises nerveuses dont elle était si souvent victime.

Peu de temps après la disparition de Jean Russo, son fils Richard lui consacre un récit intime et puissant. Avec humour et justesse, le lauréat du Prix Pulitzer décrypte le lien singulier qui unit une mère seule à son fils unique, explore cette relation aussi étouffante que fertile, terreau de son oeuvre.

RICHARD RUSSO

Né en 1949 aux États-Unis, Richard Russo a longtemps enseigné la littérature à l'université. Il se consacre désormais à récriture de scénarios et de romans dans sa maison du Maine. Ailleurs est son neuvième livre publié à Quai Voltaire après Un homme presque parfait (1995), Un rôle qui me convient (1998), Le Déclin de l'empire Whiting (2002, Prix Pulitzer), Le Phare de Monhegan (2004), Quatre saisons à Mohawk (2005), Le Pont des Soupirs (2008), Les Sortilèges du cap Cod (2010) et Mohawk (2011).

La revue de presse : Nathalie Crom - Télérama du 18 décembre 2013

Remontant le fil des décennies pour raconter leur existence commune, à Jean et lui, depuis l'enfance à Gloversville, petite ville industrieuse au nord de New York, jusqu'à la vieillesse de Jean et sa mort, Richard Russo entreprend de tracer peu à peu le portrait de cette mère fière, autoritaire, abusive, obsessionnelle, malade...
Et qu'il regarde en ces pages, gravement, presque avec froideur par instants, se débattre avec son orgueil, son narcissisme immense et ses détresses. Pour finalement lui dresser un tombeau subtil et poignant, qui ne nie rien des souffrances endurées par l'un et l'autre - la démence de la mère, la culpabilité du fils.

La revue de presse : André Clavel - Lire, septembre 2013

Si Kafka a écrit une douloureuse Lettre au père, Russo, lui, s'est littéralement flagellé pour sortir de ses tripes ce récit tout aussi tourmenté où, au fil d'anecdotes souvent tragiquement drôles, il brosse le portrait d'une mère toxique, castratrice, méfiante, obsessionnelle, autoritaire, bourrée de tocs, constamment shootée au Valium...
Des confessions qui n'ont pourtant rien d'un reniement ni d'un règlement de comptes : il y a beaucoup de compassion filiale -et un sens quasi évangélique du pardon- dans Ailleurs, où Russo finit par se résigner à son sort et par reconnaître que c'est grâce à sa cinglée de mère qu'il est devenu romancier. En se réfugiant dans ses chimères, pour fuir celle qui fut peut-être sa muse, bien malgré lui.

La revue de presse : Philippe Lançon - Libération du 12 septembre 2013

Ailleurs n'est pas que la formidable description d'une femme et du pays que sa vie maladive traverse et révèle. C'est le récit d'une transmission. Ecrire sa mère, pour Russo, c'est aussi parler de son travail : la nature du lien qui l'unit à elle définit la distance et le regard qu'il porte sur le monde. Jean n'a jamais cessé de lire, les plus belles pages d'Ailleurs sont celles où il raconte la lectrice qu'elle fut...
Dans Ma mère, le romancier américain Richard Ford écrivait : «A-t-on jamais une "relation" avec sa mère ? Non, je ne crois pas. Le pittoresque n'existe que dans l'esprit des insensés. Nous n'avons jamais été liés par la culpabilité ni par la gêne, ni même par le devoir. L'amour englobait tout. Nous espérions pouvoir lui faire confiance et il ne nous déçut pas.» Richard Russo n'échappe ni à la gêne, ni au devoir, ni à la culpabilité («de quoi occuper une vie entière»), et l'amour a été vécu sans confiance. Il finit par comprendre qu'il est aussi obsessionnel que sa mère. C'est ce qui a fait de lui le romancier qu'il est, un réaliste sensible, précis, maniaque, à l'artisanat solide, revenant par la fiction à la ville de son enfance : «Ces mêmes qualités qui, une vie durant, avaient restreint le monde de ma mère avaient élargi le mien. Comment, par quel mécanisme ? La simple chance ? La grâce ? Sincèrement, je n'en ai aucune idée. Appelez ça comme vous voulez, sauf la vertu.»

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