"Avoir un corps" de Brigitte Giraud chez Stock (Paris, France)

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Publié le 24 octobre 2013.

Résumé

«Des vêtements à peine écartés, des ventres et des reins maladroitement caressés. Des intentions plus que des actes. On donne, on offre, on laisse à l'autre le soin de prendre, de saisir, de posséder. Mais l'autre est dans le trouble de la conquête, avec le trop-plein de lumière qui éclaire la chambre. Il est difficile d'accéder au secret en plein jour. Alors les yeux se ferment, les doigts s'agrippent et les cuisses s'extraient des pantalons. Il cherche, soulève, accélère. Je veux bien, veux tout, ne résiste pas.»

Avoir un corps est la trajectoire d'une enfant qui devient fille, puis femme, racontée du point de vue du corps, une traversée de l'existence, véritable aventure au quotidien où il est question d'éducation, de pudeur, de séduction, d'équilibre, d'amour, de sensualité, de travail, de maternité, d'ivresse, de deuil et de métamorphoses. L'écriture au réalisme vibrant, sensible et souvent drôle, interroge ce corps qui échappe parfois, qui ravit ou qui trahit. Un roman qui rappelle que la tête et le corps entretiennent un dialogue des plus serrés, des plus énigmatiques.

Brigitte Giraud est née en Algérie et vit à Lyon. Elle a publié sept livres aux éditions Stock dont L'amour est très surestimé, prix Concourt de la nouvelle 2007, Une année étrangère (2009) et Pas d'inquiétude (2011).

Le choix des libraires : choisi le 22/10/2013 par Philippe Bernadou de la librairie DELOCHE à MONTAUBAN, France

Les rapports que l'on entretient avec son enveloppe charnelle, Brigitte Giraud nous en parle dans son touchant dernier livre à partir de sa propre histoire qui, par la justesse et la finesse de son écriture, devient universelle.

Que l'on soit homme ou femme elle ravive notre première douleur (notre première conscience -une scarlatine, peut-être), notre première vibration amoureuse, notre premier dégoût, notre première indifférence aussi bien. Elle dit la volonté de le modifier, ce corps, en mangeant trop ou pas assez. Elle dit le corps-à-corps où s'écrivent les relations familiales, sociales, passionnelles. Et encore la grâce réservée aux femmes de se dédoubler : d'enfanter et de voir grandir une partie de soi qui toujours quoiqu'on fasse nous appartiendra. Et enfin elle dit le corps qui manque, celui du compagnon disparu, cette souffrance d'être amputé de l'autre.

Ni roman ni essai, ce récit poétique et aérien est né de rencontres avec la chorégraphe Bernadette Gaillard, et c'est à la danse qu'on pense tout au long de sa lecture qui nous enseigne que vivre c'est essayer avec élégance de ne pas tomber.

Le choix des libraires : choisi le 22/10/2013 par Emilie Dontenville de la librairie MOLLAT à BORDEAUX, France

Se raconter par le prisme de son corps et de sa mémoire c'est le beau défi littéraire que s'est lancé Brigitte Giraud dans son nouveau livre, sorte d'autobiographie qui va chercher dans les sensations les plus anciennes pour faire émerger une vision de soi. Parce qu'être c'est avant tout ressentir, souffrir, jouir, sentir, s'écrire soi-même c'est aussi traduire tout ce passé inscrit profondément et pour lequel il faut aller puiser loin, sans le secours de la psychologie. Sans fard et pourtant avec pudeur elle sait ne rien masquer sans céder au vertige de l'autofiction débridée, précise pour raconter un corps qui échappe ou qu'il faut apprivoiser, inquiète de ce temps qui modifie, abime, égare, ébahie par les bonheurs qui passent par la peau et notamment la maternité, atteinte lorsqu'il faut affronter la perte et apprendre à sortir de l'ombre que l'on est devenue, Brigitte Giraud nous raconte aussi les prémices d'une vie d'écrivain, interrompant son projet quand le temps de l'écriture va commencer. L'occasion aussi d'apprendre que l'auteur fut longtemps libraire, et que son corps s'en souvient encore...

La revue de presse : Christine Rousseau - Le Monde du 24 octobre 2013

Depuis ses débuts, l'écriture et le corps sont intimement liés chez Brigitte Giraud. Rien d'étonnant à ce que le second se retrouve au centre de son dixième livre, qui dessine la trajectoire d'une vie, au plus près des sensations, des émotions, de ce qui façonne une identité...
D'une naissance à l'autre, ainsi se déploie cette traversée intime, familiale et sociale. Une trajectoire rendue universelle par une écriture ample, irisée d'humour, qui sait avec subtilité épouser les courbes du corps, ses pulsions, ses trahisons et ses abandons.

La revue de presse : Valérie Trierweiler - Paris-Match, août 2013

Ce qui frappe chez Brigitte Giraud, c'est cette incroyable pudeur dont sont habillées les pires douleurs. Les mots sont choisis avec grâce. Le récit est plein d'élan et de rythme. Parce que «le corps n'est que le maillage avec l'esprit», le roman entraîne beaucoup plus loin qu'il n'y paraît. A propos de la mort, la narratrice dit : «Je comprends d'un coup ce qu'est un corps. C'est l'enveloppe qui reste. Une soustraction, pas une consolation. Une matière inerte que les vivants doivent ôter de leur vue.» Mais, c'est avant tout de la vie que Brigitte Giraud nous entreprend. Et donc, de nous-mêmes.

La revue de presse : Marianne Payot - L'Express, septembre 2013

Des années 1960 à aujourd'hui, Brigitte Giraud raconte une longue marche vers la possession de soi. Avec quel talent !...
Plus d'un an après l'accident de moto du père de son fils, la narratrice sort timidement de son enclos : "[...] ma tête et mon corps se rejoignent, après une longue séparation", note Brigitte Giraud dans ce roman aux parfums autobiographiques. Voilà seize ans, depuis La Chambre des parents, que la romancière et éditrice célèbre avec éclat ces retrouvailles.

La revue de presse : Claire Devarrieux - Libération du 26 septembre 2013

Dans «Avoir un corps», Brigitte Giraud écrit le temps qui passe par la voix d'une narratrice, de l'enfance à l'adolescence, l'amour, la maternité, le deuil...
Où mieux lire le passage du temps que sur un corps humain ? Pour ne citer que deux exemples récents, Paul Auster a raconté l'histoire de ses cicatrices dans Chronique d'hiver, et Daniel Pennac écrit son dernier roman sous la forme du Journal d'un corps. Brigitte Giraud, dans Avoir un corps enroule la pelote des jours, avec détermination...
Mais la vie est soudain déchirée en deux par la mort. Brigitte Giraud en a fait le récit en 2001, dans A présent. «La mort c'est d'abord un corps qui disparaît», écrit-elle ici. Le corps vivant est celui qui n'oublie rien, constitué de strates, «le vif de l'existence, fait de désirs, de force et de pulsations, mais aussi l'absence».

Retrouvez la fiche complète sur le choix des libraires

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