"Notre-Dame du Nil" de Scholastique Mukasonga chez Gallimard (Paris, France)

en partenariat avec 20minutes.fr

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Notre-Dame du Nil

Notre-Dame du Nil — Le choix des libraires

Résumé

Au Rwanda, un lycée de jeunes filles perché sur la crête Congo-Nil, à 2500 mètres d'altitude, près des sources du grand fleuve égyptien. Les familles espèrent que dans ce havre religieusement baptisé Notre-Dame du Nil, isolé, d'accès difficile, loin des tentations de la capitale, leurs filles parviendront vierges au mariage négocié pour elles dans l'intérêt du lignage, tes transgressions menacent au coeur de cette puissante et belle nature où par ailleurs un rigoureux quota «ethnique» limite à 10 % le nombre des élèves tutsi.
Sur le même sommet montagneux, dans une plantation à demi abandonnée, un «vieux Blanc», peintre et anthropologue excentrique, assure que les Tutsi descendent des pharaons noirs de Méroé. Avec passion, il peint à fresque les lycéennes dont les traits rappellent ceux de la déesse Isis et d'insoumises reines Candace sculptées sur les stèles, au bord du Nil, il y a trois millénaires. Non sans risques pour sa jeune vie, et pour bien d'autres filles du lycée, la déesse est intronisée dans le temple qu'il a bâti pour elle.
Le huis clos où doivent vivre ces lycéennes bientôt encerclées par les nervis du pouvoir hutu, les amitiés, les désirs et les haines qui traversent ces vies en fleur, les luttes politiques, les complots, les incitations aux meurtres raciaux, les persécutions sournoises puis ouvertes, les rêves et les désillusions, les espoirs de survie, c'est, dans ce microcosme existentiel, un prélude exemplaire au génocide rwandais, fascinant de vérité, d'une écriture directe et sans faille.

Scholastique Mukasonga, rescapée du massacre des Tutsi, nous donne ici, après trois livres poignants de nouvelles et de récits, son premier roman où des jeunes filles à mains nues tentent d'échapper à l'Histoire monstrueuse qui a décimé sa propre famille.

La revue de presse : Jérôme Garcin - Le Nouvel Observateur du 5 avril 2012

C'est le grand avantage du roman sur le témoignage : il en appelle à la légende des siècles pour donner du répit à la tragédie. Après avoir exercé son devoir de mémoire dans trois livres inoubliables, raconté comment les Hutus programmèrent la destruction des Tutsis et restitué le bonheur africain d'avant la purification ethnique, Scholastique Mukasonga, née dans la province de Gikongoro, emprunte pour la première fois la voie de la fiction pour faire entendre la voix de l'affliction. Ce roman, d'une rugueuse beauté, est aussi pour elle une autre manière de retourner dans son pays natal...
«Notre-Dame du Nil» est un roman d'atmosphère au suspense insoutenable. Architecte de l'effroi, Scholastique Mukasonga a édifié, sous la protection illusoire d'une statue de Vierge noire, ce havre de paix dans un lieu presque inatteignable, mais que la haine venue du palais présidentiel va pourtant finir par rattraper, annonçant le génocide. En attendant l'orage d'apocalypse, les filles toutes de bleu vêtues chantent des cantiques, prient, rient, vont en pèlerinage à Notre-Dame du Nil et accueillent la reine belge Fabiola, qui honore de sa présence ce pensionnat d'où sortira la nouvelle femme rwandaise...
Comme Fontenaille peint à fresque, elle écrit à fresque, dans une langue lumineuse, minérale et pénétrante, pour sauver de l'oubli, sur une plage normande, son paradis perdu.

La revue de presse : Christine Rousseau - Le Monde du 3 mai 2012

'est en romancière qu'elle revient sur les prémices de la tragédie dans un huis clos où seule la nature luxuriante semble préservée du poison qui s'immisce dans les âmes d'adolescentes bien nées...
D'une écriture âpre et tendue, Notre-Dame du Nil dépeint une société qui chemine inexorablement vers l'horreur, sous le regard impassible - " neutralité " oblige - des religieux belges et des professeurs français. Poignant et implacable.

La revue de presse : Marianne Payot - L'Express, décembre 2012

Les drames du Rwanda entre les murs d'un pensionnat. Le puissant récit de Scholastique Mukasonga méritait bien le prix Renaudot...
S'il n'y avait la saison des pluies, la montagne aux gorilles et les croyances ancestrales, la vie quotidienne du pensionnat ressemblerait presque à celle de toutes les institutions religieuses du monde : mère supérieure revêche, aumônier un rien libidineux, chuchotements nocturnes et jalousies entre élèves, tourmentées par leurs corps et leurs amours... Las ! avant la fin de l'année, une vague de violence emporte le pays. C'est cette montée en puissance de l'horreur, mais aussi l'histoire complexe du "pays aux Mille Collines" que Scholastique Musakonga nous conte avec une grande finesse.

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