"Aveyron, le temps de la terre : 1950-1960" de Marie-Claude Dupin-Valaison ,Hélène Tabes chez Rouergue (Arles, France)

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Publié le 19 février 2013.

Résumé

Photographe renommé de l'après-guerre, Jean Ribière a séjourné plusieurs reprises en Aveyron, laissant des archives inestimables sur la vie du département dans les années 1950. Ces images constituent aujourd'hui un témoignage unique sur la vie des Aveyronnais. Si certaines d'entre elles évoquent les toiles de Millet, c'est qu'elles montrent un monde presque inchangé depuis des siècles, juste avant le basculement dans la modernité des années 1960. Un Aveyron d'avant la révolution agricole, avec ses animaux de trait, ses paysages découpés en petites parcelles sa société soudée autour des fêtes religieuses Native du département, historienne de l'art, Marie-Claude Dupin-Valaison commente les plus belles photographies de Jean Ribière réunies par sa fille Hélène Tabès.

Marie-Claude Dupin-Valaison est conservatrice en chef honoraire des musées de France à Perpignan. Née à Millau, elle est restée très attachée au département de l'Aveyron dont elle est membre de la Société des lettres depuis 1962

Jean Ribière, photographe actif dans les années 1940 à 1980, avait créé sa propre agence et travaillait avec les grands titres de presse de l'époque : L'Express, l'Aurore, Paris Match, parmi d'autres. Sa fille Hélène Tabès gère aujourd'hui son oeuvre. Elle a notamment initié la publication du livre Les Pyrénées-Orientales 1945-1955 par Jean Ribière. reporter-photographe (Éditions Talaia, 2007).

Courier des auteurs le 15/12/2012

1) Qui êtes-vous ? !
Je suis Hélène TABES, fille du photojournaliste Jean RIBIÈRE (1922-1989). Il avait créé avec sa femme Micheline, à 24 ans, une agence de presse à Perpignan, qui a diffusé ses photos et ses reportages en France et à l'étranger. Il était vice-président de l'A.N.J.R.P.C. (Association nationale des Journalistes Reporters Photographes et Cinéastes), dont le président était Robert DOISNEAU et les autres vice-présidents Henri CARTIER-BRESSON et Raymond DEPARDON.
Le succès de son travail photographique vient du fait qu'il a montré ce qu'était la vie quotidienne dans la France dite "profonde", alors que les autres reporters filmaient alors les actualités, la vie urbaine et surtout Paris.

2) Quel est le thème central de ce livre ?
L'Aveyron est le département français qui a le plus séduit mes parents et ils y sont venus très souvent, mon père pour en photographier tous les aspects : la vie dans les champs, les coutumes, les paysages, les marchés, les croix et chapelles, les petits métiers, le savoir faire (la fabrication du Roquefort, la création des gants de Millau, la vie dans les burons,...); ma mère, quant à elle, se documentait sur place, dans les archives et auprès des habitants, pour écrire les reportages qui racontaient la vie dans cette belle terre aveyronnaise dans les années 50. Mais peut-être avez-vous lu leurs textes et photos, quand vous étiez petits, dans Le Journal de Mickey, Historia, Point-de-Vue, Femmes d'Aujourd'hui, Rustica, etc... ?

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
En Aveyron, "hommes et bêtes travaillent dur, ensemble... Jean RIBIÈRE a montré ce labeur incessant" (page 15)
Belle phrase très juste de l'auteur des textes, Marie-Claude DUPIN-VALAISON qui, pour avoir vécu longtemps en Aveyron, a su voir au fil de l'ouvrage des multitudes de détails que je n'avais même pas remarqués dans les photos de mon père.

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Ouh la la, je ne suis pas très musicienne. Marie-Claude saura certainement répondre mieux que moi.
Je pense à un petit air de musique traditionnelle qui aurait pu faire danser l'Escloupeto de Rodez, et rappeler plein de souvenirs de fêtes de villages aux personnes qui ont vécu cette époque et qui retrouveront leur jeunesse en feuilletant ce livre.

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
j'aimerais partager avec les lecteurs le souvenir de cette France d'après-guerre, au rythme lent, si rurale, illustré avec beaucoup d'humanité par les photos de mon père, où les choses avaient plus d'odeur et de saveur, où les moindres détails et les petits plaisirs comptaient, comme nous l'a si bien expliqué Marie-Claude DUPIN-VALAISON, que je remercie ici.

Courier des auteurs le 15/12/2012

1) Qui êtes-vous ? !
Je suis Marie-Claude Dupin-Valaison, conservatrice en chef honoraire des Musées de France à Perpignan, née à Millau (Aveyron) de mère aveyronnaise et de père tourangeau !
Si, professionnellement mes recherches vont vers les artistes de la Catalogne du Nord au début du XXème siècle, ma fibre aveyronnaise a été bouleversée par les photos de Jean Ribière sur l'Aveyron au mitan du XXème siècle. J'ai eu envie de parler, de dire, à la place de tous ceux qui n'ont pas parlé, pour que mes petits enfants sachent, tout simplement. Alors j'ai oublié que j'étais historienne de l'Art, pour me retrouver femme aveyronnaise, issue de paysans aveyronnais....

2) Quel est le thème central de ce livre ?
Grâce à ses photos, Jean Ribière a dépeint un monde essentiellement rural en train de disparaître comme l'avait fait Georges Rouquié, l'inoubliable réalisateur de «Farrebique» et Biquefarre» ! Un monde dur, où le travail est source de dignité, où les tâches les plus pénibles sont vécues comme nécessaires à la vie et non comme des contraintes intolérables, où chaque geste, lent, réfléchi, est comme une offrande. Une offrande à la vie, à l'espoir, et pour certains, à Dieu.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
Ce serait sans doute la conclusion du chapitre sur Le temps de la Fête et de la Foi :
«Devenus adultes, ces jeunes n'auront peut-être plus aucune croyance ou pratique religieuse, mais cette foi qui leur a été enseignée dans leur enfance par leur mère, même s'ils étaient à l'école publique, marquera leur vie d'une empreinte très forte... elle sera l'un des marqueurs de leur appartenance à un peuple, à une culture, à une terre : celle d'Aveyron.»

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Sans hésitations trois réponses possibles !
- un choral de Bach : «Jésus que ma joie demeure», avec des choeurs, et la trompette inspirée de Maurice André.
- une symphonie de Beethoven, La Symphonie Pastorale !
- de Serge Reggiani cette très belle chanson «Mon vieux»

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Le silence que les photos de Jean Ribière savent «faire entendre», le silence du travail de la terre, le silence qui suit le Benedicite, au moment de manger la soupe le soir, et de la «tremper», silence rompu simplement (en vrac) par les cloches de Conques, les meuglements des vaches, le bruit régulier du jet du lait qui tombe dans le seau au moment de la traite, le raclement des lourdes chaussures sur les planchers de châtaignier, le murmure d'une prière, la mélopée de femmes récitant un Ave Maria ou l'aboiement d'un chien dans le lointain. Ce silence qui fait qu'on est si bien ensemble, dans l'oustal, après une journée de travail quand la Voie Lactée, qui guidait les pèlerins de St Jacques de Compostelle, éclaire la nuit.

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