S’ils arrivent tous en même temps, ce n’est pas uniquement pour vous embrouiller. Les prix littéraires viennent clore la rentrée littéraire, chaque année, entre fin octobre et mi-novembre. Les jurys ont eu à peu près deux mois pour élire leur coup de cœur parmi la quantité de romans publiés en septembre, et rendent leur verdict presque tous en chœur. Quelques repères sur les cinq plus grands prix.

Le Femina

Pour qui/par qui: Pour «une œuvre de langue française écrite en prose ou en poésie». L’erreur classique est de croire que le Femina ne récompense que des femmes. C’est en fait le jury du Femina qui est exclusivement féminin. Le prix a été créé en 1904 par 22 femmes d’un magazine aujourd’hui disparu (La Vie heureuse). Leur objectif était de proposer une alternative au prix Goncourt, qui ne couronnait à l’époque que des hommes.

Dotation: Comme l'indique Quoi info, aucune. Mais le lauréat écoule en moyenne 155.000 exemplaires de son roman, selon l'Institut GfK.

Où et quand: Le premier mercredi de novembre à l'hôtel de Crillon, à Paris. Il a été décerné cette année à Patrick Deville pour Peste et Choléra. En 2011, Simon Liberati était l’heureux élu, avec Jayne Mansfield 1967.

Le Médicis

Pour qui: Pour un débutant. Plus exactement: «un roman, un récit, un recueil de nouvelles dont l'auteur débute ou n'a pas encore une notoriété correspondant à son talent». Le prix a été fondé en 1958 par Jean-Pierre Giraudoux. 

Par qui: Composé de huit personnes, le jury était présidé cette année par Dominique Fernandez.

Dotation: Elle s’élève à 686 euros, et le lauréat peut en plus compter sur une vente moyenne de 40.000 exemplaires vendus, d'après l'institut Gfk cité par Quoi info. 

Où et quand: Il était auparavant remis à l’Hôtel Crillon le même jour que le Femina. Il l’est désormais un jour plus tard au restaurant La Méditerranée, place de l'Odéon à Paris. Il a été remis cette année à Emmanuelle Pireyre pour Féérie générale. L’année dernière, Ce qu'aimer veut dire de Mathieu Lindon avait été couronné.

Le Goncourt

Pour qui: Pour «le meilleur ouvrage d'imagination en prose» d'un auteur d'expression française. Créé par le testament d'Edmond de Goncourt en 1896, c’est le plus ancien, le plus connu et le plus prestigieux des prix littéraires. Le premier prix a été décerné en 1902.

Par qui: Le jury est presque inamovible: les membres de l'Académie Goncourt, qui sont cooptés par les autres membres, sont désignés à vie. Ils sont bénévoles, hormis le couvert qui leur est assuré chez Drouant. Bernard Pivot, Tahar Ben Jelloun, Didier Decoin, Edmonde Charles Roux, Régis Debray et Pierre Assouline font notamment partie du jury. Le jury évoluant peu, il a la réputation de très peu surprendre par ses choix.

Dotation: Le Goncourt n'attribue par exemple qu'un chèque de 10 euros au lauréat, comme l'indique Jol Press. mais le prix lui ouvre les portes du palmarès de meilleures ventes.

Où et quand: Il est remis au grand restaurant Drouant, place Gaillon, dans le 2e arrondissement de Paris. En 2011, c’est Alexis Jenni qui décroche le prix avec son premier roman, L’Art français de la guerre (Gallimard).

Le Renaudot

Pour qui: Pour les malheureux du Goncourt. «On a coutume de dire que le Prix Renaudot répare les éventuelles injustices du Prix Goncourt», peut-on lire sur le site officiel du prix. Complément assumé du Goncourt, le Renaudot a été créé en 1926 par dix journalistes et critiques littéraires. Deux livres sont désignés au cas où le lauréat du Renaudot aurait déjà le Goncourt.

Par qui: Le jury se compose de dix membres recrutés par cooptation.

Dotation: Aucune, mais le lauréat peut compter sur une vente moyenne de 200.000 exemplaires, comme l'indique Quoi info. 

Où et quand: Le nom du lauréat est proclamé au restaurant Drouant en même temps que le Goncourt. En 2011, c’est Emmanuel Carrère qui a été couronné du Renaudot pour Limonov (P.O.L.). Carrère a d’ailleurs dépassé le Goncourt en termes de ventes.

L’Interallié

Pour qui: Pour un journaliste. Le prix Interallié a été fondé en 1930 par une trentaine de journalistes qui déjeunaient au Cercle de l'Union interalliée à Paris en attendant les délibérations du Femina. Les règles ne sont pas si strictes, puisque Michel Houellebecq, non journaliste, l’a reçu en 2005 pour La possibilité d'une île (Fayard).

Par qui: Le jury est composé de dix journalistes. Ce sont uniquement des hommes.

Dotation: Aucune. Mais un ouvrage récompensé par le prix Interallié se vend à 100.000 exemplaires environ d'après Gfk.

Où et quand: Le prix est remis au restaurant parisien Lasserre, dans le 8e arrondissement de Paris. Il clôt généralement la saison des prix littéraires. Il a été remis en 2011 à Morgan Sportes pour Tout, tout de suite (Fayard).