"Une partie de chasse" de Agnès Desarthe chez Ed. de l'Olivier (Paris, France)

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Publié le 17 septembre 2013.

Résumé

Ils sont quatre.
Quatre chasseurs qui avancent dans les vapeurs de l'aube, avec leurs fusils et leurs chiens. Tristan est le plus jeune. Que fait-il là, en compagnie de ces hommes dont il se sent si différent ? Est-ce pour se soumettre à une épreuve initiatique ? Ou pour régler une question d'honneur qui l'oppose à l'un d'entre eux ?
Un accident survient, il faut aller chercher du secours, les éléments s'en mêlent, une tempête se lève. Le déluge emporte tout sur son passage, répondant peut-être à ce désir qu'a Tristan de faire table rase d'un passé encombrant.

Avec ce roman habité par la fureur, Agnès Desarthe nous parle d'un monde où les bêtes seraient douées de parole, la nature violente et les hommes aveuglés par leurs passions.

Romancière, Agnès Desarthe a notamment publié Un secret sans importance (Prix du livre Inter 1996), Le Remplaçant (2009) et Dans la nuit brune (Prix Renaudot des lycéens 2010). Traductrice, elle a signé avec Geneviève Brisac un essai sur Virginia Woolf, V. W. Elle est également l'auteur de nombreux livres pour la jeunesse.

Le choix des libraires : choisi le 15/01/2013 par Max Buvry de la librairie VAUX LIVRES à VAUX-LE-PÉNIL, France

Tristan est jeune, le plus jeune des quatre chasseurs qui avancent avec fusils et chiens dans l'aube vaporeuse. Tristan est différent de ces hommes, il conserve caché dans sa gibecière un lapin qu'il n'a pu tuer («S'il survivait, tout ce qui avait été raté serait sauvé.»). Les trois autres forment un bloc, un groupe primaire, aux réactions basiques et lourdes, «rires pluriels et gras». Un accident les surprend et bouscule la hiérarchie, l'organisation, le chasseur change de statut. Tristan se retrouve seul avec l'un d'eux alors que les deux autres partent rechercher de l'aide. L'atmosphère devient lourde quand la nature s'en mêle, une tempête les surprend et le déluge entreprend un nettoyage complet. L'écriture est aussi soignée et précise que les rapports humains sont violents, une fureur habite les personnages et accompagne sous l'oeil éclairé du lapin philosophe le passage à l'âge adulte de Tristan.

Courrier des auteurs le 17/09/2013

1) Qui êtes-vous ? !
Je suis Agnès Desarthe, écrivain et traductrice, vivant en France.

2) Quel est le thème central de ce livre ?
Le rapport de l'homme avec la nature et avec lui-même.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
La première : "J'aimerais mourir de mort naturelle".

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
La chanson Broken Bicycles de Tom Waits tirée de l'album One from the heart.

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Mon goût pour la lecture, justement. J'écris ce que j'écris à cause de ce que je lis. Mes livres sont emplis d'autres livres.
On pourrait organiser un jeu de piste en partant de là.

6) Avez-vous des rituels d'écrivain ? (Choix du lieu, de l'horaire, d'une musique de fond) ?
Mon rituel est de ne pas avoir de rituel. Quand on me pose la question des horaires, je réponds invariablement "j'écris quand j'ai le temps".
Quant au lieu, c'est la même chose : "J'écris là où il y a de la place." Pour ce qui est de la musique, je n'en mets pas car dès que je me mets à écrire, je n'entends plus rien, pas même le marteau piqueur.

7) Comment vous vient l'inspiration ?
En lisant, en rêvassant, mais j'ai toujours peur qu'elle me fasse faux bond. Je n'hésite pas à la solliciter.

8) Comment l'écriture est-elle entrée dans votre vie ? Vous êtes-vous dit enfant ou adolescent «un jour j'écrirai des livres» ?
J'ai toujours écrit, mais dans un premier temps, je voulais devenir illustratrice. Je ne savais pas qu'écrire était un métier, ou du moins, un métier qui me serait accessible. A l'adolescence, j'ai commencé à y penser plus sérieusement, dans un mélange de certitude et de doute complet.

9) Vous souvenez-vous de vos premiers chocs littéraires (en tant que lectrice) ?
Tistou les Pouces verts de Maurice Druon, vers huit ans, le ravissement de Lol V. Stein de Marguerite Duras, vers quinze ans.

10) Savez-vous à quoi servent les écrivains ? !
Selon la plupart des gens, ils ne servent à rien, je crois. Selon moi, qui suis une grande lectrice, ils servent à m'élever, à me réveiller, à me distraire, à me consoler, c'est déjà pas mal.

11) Quelle place tiennent les librairies dans votre vie ?
La même que celle que tient le fruitier : indispensable.

La revue de presse : Muriel Steinmetz - L'Humanité du 27 septembre 2012

Dans son dernier roman, Agnès Desarthe imagine une partie de chasse pas tout à fait comme les autres, et dans laquelle le gibier a son mot à dire. Au fil des pages, l'instinct du rongeur gagnera du terrain dans l'esprit de l'homme...
C'est un roman loin d'être conventionnel, on l'a compris. Le mérite de l'écriture d'Agnès Desarthe est de se situer sur plusieurs registres subjectifs en même temps. L'auteur permet ainsi de nouvelles virtualités de lecture dans un texte prolixe en virgules et qui, surtout, sous-entend beaucoup dans une époque qui se pique de tout dire.

La revue de presse : Jean Birnbaum - Le Monde du 11 octobre 2012

Pascal l'a dit : rien de plus sérieux que le jeu. Rien de plus grave que les divertissements, chasses, pêches et traditions, par lesquels nous essayons à cor et à cri d'échapper à notre misérable condition. Mais que cela ne nous empêche pas d'en rire ! Au contraire, là serait vraiment l'aventure : contempler l'homme qui s'agite à toute force, fuyant vainement son néant intérieur, et s'égayer de ce spectacle...
Et de fait, ce roman aussi poignant que poilant est habité de jeux en tout genre, tarot, Cluedo et jeu de l'oie...
En projetant les chasseurs sur le terrain de la fiction, voire du burlesque, il fait le pari de la vie. Il tente d'y ouvrir l'espace d'un jeu, justement, c'est-à-dire la possibilité d'une surprise, l'horizon d'une liberté.

La revue de presse : Jean-Louis Ezine - Le Nouvel Observateur du 27 septembre 2012

Pourquoi cette fuite ? «En retard, en retard, nous sommes toujours en retard», se désole notre narrateur, qui a lu Lewis Carroll. La suite montrera qu'on n'est pas sur les pas d'Alice au pays des merveilles, mais dans ceux d'Agnès au pays des horreurs. Pour tout royaume, la galerie d'une ancienne mine offre ses ténèbres souterraines à une partie de chasse où la folie et le déluge combineront leurs effets dans une mathématique inexorable...
Agnès Desarthe mène ce conte philosophique avec une maîtrise quasi surnaturelle. En quoi l'homme, condamné à vaincre le désespoir à la course, et l'animal, courant pour rattraper le temps perdu sur l'évolution, se distinguent-ils devant la mort ? Sombre allégorie, lumineux roman.

Retrouvez la fiche complète sur le choix des libraires

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