"La main de Dieu. Volume 1, La peur rouge" de Marc Védrines chez Glénat (Grenoble, France)

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Publié le 15 septembre 2012.

Résumé

La saga de l'homme le plus détesté et le plus admiré des États-Unis : John Edgar Hoover

L'histoire commence en 1971. Depuis près de 50 ans, le directeur du F.B.I. est en place, et ce grâce aux rumeurs qu'il a engrangées dans ses fameux dossiers secrets. 50 ans de règne, 50 ans de vie de l'Amérique...

Pour ses nombreux ennemis, c'en est trop : l'heure est venue de se débarrasser de lui. Une mystérieuse organisation décide ainsi de l'éliminer. Mais le risque est finalement jugé trop élevé. Les commanditaires ont alors une meilleure idée : employer la propre méthode d'Hoover, le discrédit, pour enfin l'obliger à partir.

C'est ainsi que s'engage une quête effrénée pour trouver les informations que personne n'a jusqu'ici réussi à rassembler sur ce personnage mystérieux et sombre. Mais arriveront-ils à trouver la faille ? C'est cette enquête que Marc Védrines nous propose de suivre, dans cette série en 5 volumes, sorte d'équivalent américain d'Il était une fois en France.

Courier des auteurs le 15/09/2012

Comment en êtes-vous venu à vous intéresser à ce personnage historique ?
J'aime l'histoire d'une façon générale et le personnage de Hoover traverse de l'intérieur quasiment toute l'Histoire du XXe siècle des États-Unis, ou pour le moins les affaires les plus importantes.

Après l'Islande, Hoover est devenu une autre de vos obsessions artistiques ?
C'est un personnage qui m'a toujours fasciné par l'immensité de son pouvoir et par sa personnalité très ambiguë, à la limite de la schizophrénie. C'était quelqu'un avec d'énormes responsabilités mais qui vivait encore avec sa maman (jusqu'à ce qu'elle meure), il détestait les homosexuels alors qu'il en était probablement un, il exécrait les hommes qui n'étaient pas blancs alors qu'il avait lui-même du sang noir. Ce ne sont que quelques exemples de ses contradictions, il faudra lire la BD pour connaître le reste...

Ce qui vous a donné envie d'en faire une histoire, c'est plutôt les implications politiques du FBI ou les méandres psychologiques du personnage ?
C'est l'accumulation des deux qui en fait un sujet passionnant. Ce qui doit être montré ou caché en politique comme dans le psychisme est le dénominateur commun qui m'intéresse. Et là, plus je grattais, plus j'étais abasourdi. Mensonge, manipulation, psychopathie, bref tout ce qui n'existe plus parmi nos personnalités publiques d'aujourd'hui (rire).

Vous racontez donc la vie et la carrière de Hoover sur cinq albums, mais sans entrer dans une narration linéaire. Pourquoi et comment avez-vous choisi de déstructurer le déroulement du temps ?
C'est le moyen de raconter une autre histoire dans l'Histoire, un fil rouge qui donne de l'épaisseur et de la cohérence à l'ensemble des cinq albums. Il me fallait trouver un angle d'attaque pour raconter un homme aussi complexe que Hoover, sans tomber dans le cliché du personnage âgé qui raconte sa vie.

Quelles ont été vos sources de documentation ?
C'est simple, tout ce qui a pu me tomber entre les mains : livres, films, documentaires, j'ai maintenant une bibliothèque entièrement remplie d'ouvrages sur ce sujet. Écrire dans le genre «historique» prend de la place... J'ai surtout travaillé sur des sources américaines jamais traduites en français, donc peu accessibles pour la plupart des gens.

La Main de Dieu est votre bande dessinée la plus directement inspirée du réel. Est-ce que cela a été difficile pour vous ?
Très difficile effectivement, j'ai l'impression de travailler sur une thèse : il faut fouiller pour trouver des éléments qui sont peu connus et disséminés à droite à gauche pour les concentrer en un seul ouvrage, vérifier ses sources, trouver les bons décors, etc.. Ouvrir une porte en amène cinq autres fermées, mais l'accumulation de matière ne doit pas faire perdre le fil, le sujet central. Cependant, je ne fais pas un travail d'historien, même si tous les éléments sont réels, j'inclus ma propre vision des événements avec une légère touche de fiction pour raconter Hoover de manière à rendre la lecture intéressante et accessible. Je veux en faire une sorte de polar.

Votre découpage est plus cinématographique sur cette nouvelle série. Avez-vous opéré des évolutions conscientes dans votre façon de faire de la bande dessinée ?
J'espère que j'agis en toute conscience et pas qu'en matière d'évolution artistique. Blague à part, ce projet est le moyen de montrer une autre facette de ce que je peux faire, mais c'est surtout l'envie de ne pas se répéter dans les thématiques et d'adapter le dessin au propos.

Comment se positionne votre série par rapport au film de Clint Eastwood sorti au début de l'année, J. Edgar ?
Je suis allé voir le film avec une certaine appréhension, en me demandant moi-même comment Clint Eastwood (et son scénariste) allaient traiter le sujet sur lequel je travaillais depuis deux ans. Le même personnage allait-il faire la même histoire ? Je suis sorti du cinéma rassuré. Le film ne traite pas de ce qui m'intéresse, c'est-à-dire les dessous des cartes et comment Hoover a réussi à devenir l'homme le plus puissant ou influent des États-Unis.

Dernière question : d'où vous vient le titre de la série, «La Main de Dieu» ?
«La Main de Dieu» vient tout simplement de la phrase qu'a prononcée J.F. Kennedy lorsqu'il a remporté la primaire démocrate et qu'un journaliste lui a demandé s'il garderait Hoover à la tête du F.B.I. s'il était élu président. Il lui avait répondu qu'on ne licenciait pas Dieu. Effectivement, telle une divinité, Hoover connaissait tout sur tout le monde, particulièrement ceux qu'il jugeait dangereux. Les Kennedy tenaient une bonne place dans son panthéon d'hommes qu'il fallait connaître intimement pour mieux les assujettir. La main représente le pouvoir de contenir les choses, de les contrôler.

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