Réanimation (Grasset) est une double découverte : celle d'un singulier récit sur la maladie, et celle d'un écrivain, Cécile Guilbert, dont le style simple, précis et envoûtant emmène comme nul autre dans une réflexion sur l'amour, le corps et le sacré.
L'histoire. Peu après ses 50 ans, le mari de la narratrice contracte une maladie rare et fulgurante, et se retrouve placé douze jours dans un coma thérapeutique. Sa femme raconte l'angoisse et la confiance, les différents cycles que traversent les proches d'un souffrant, mais s'interroge aussi sur le mystère sacré contenu dans cet homme gisant, à travers sa connaissance de l'art et des légendes anciennes. « Toute épreuve est initiatique et quelle que soit sa charge négative, elle porte aussi une face lumineuse », confie l'auteur.
Qui est Cécile Guilbert ? Une intellectuelle en vue de la vie littéraire parisienne, connue pour ses essais comme Warhol Spirit ou encore la préface d'un livre de son mari artiste Nicolas Guilbert, Animaux & Cie (tous deux chez Grasset). Dans Réanimation, elle casse son image de belle intello, émeut avec un sujet intime, et fait œuvre d'écrivain.
Son truc à elle. « Je voulais des références littéraires discrètes, les plus délicates possible. Je voulais raconter les choses comme Charles Perrault, avec fraîcheur et simplicité, dans toute les nuances du ressenti, avec rien de trop mais tout quand même. C'est un livre de résurrection, il fallait que l'énergie porte l'écriture et le style. »
Le mot de l'éditeur. « Réanimation est un livre très fort qui montre que l'on peut avoir une intelligence et des idées dans un récit mis en scène, avec des échappées de pur sentiment. La post-production est très travaillée, mais exempte d'un surmoi corseté », explique Olivier Nora, PDG des éditions Grasset.