La polémique autour de son Eloge littéraire d'Anders Breivik a conduit Richard Millet a démissionner du comité de lecture de Gallimard, a-t-on appris hier soir sur le site littéraire Bibliobs. La première attaque est venue de J.M.G. Le Clézio, la semaine dernière dans Le Nouvel Obs. Annie Ernaux en a remis une couche lundi dans Le Monde en accusant Millet d'avoir écrit « un pamphlet fasciste [qui] déshonore la littérature ». En réaction, L'Express lui a offert trois pages de carte blanche. « C'est la littérature qu'on cherche à atteindre à travers moi », se plaint à cet effet Richard Millet. Mais le coup de grâce est sans doute venu de l'intérieur, quand son collègue du comité de lecture Pierre Nora l'a incité sur lemonde.fr à sortir la maison Gallimard du « piège » dans lequel il l'avait fourrée, mais « sans hurler que l'on veut votre mort, et avec vous, celle de la littérature et même de l'Occident ». Un appel qui a non seulement été entendu, mais suivi d'effet.S.L.