"Les vaincus" de Irina Golovkina chez Ed. des Syrtes (Paris, France)

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Publié le 13 septembre 2012.

Résumé

Conçu dans les années i960 et diffusé sous le manteau, Les Vaincus est publié pour la première fois en 1992, avant de connaître un immense succès et de devenir un livre culte. Roman de la tragédie russe après l'avènement de la dictature bolchevique, il évoque les derniers feux d'une noblesse héroïque et d'une intelligentsia idéaliste qui tentent de survivre sous la terreur stalinienne.
Le lecteur suit les destins entrelacés d'une illustre famille et d'une foule de personnages dans leur quotidien harassant : vente de maigres biens pour survivre, car le travail leur est interdit, assignation à résidence, prisons ou camps. Ce sont des individus aux abois, traqués par les dénonciations, les interrogatoires et les arrestations arbitraires. Poursuivis par la Guépéou, exilés, persécutés, exécutés, aucun n'échappera au rouleau compresseur soviétique. Mais Les Vaincus est aussi une sublime histoire d'amour, celle d'une princesse en haillons, et le lecteur est emporté par l'émotion que suscite ce drame puissant.
Dans cette fresque historique aux dimensions de l'épopée tout est véridique et prend valeur de témoignage. L'auteur a su ériger l'expérience de toute une génération en une oeuvre littéraire d'une terrible intensité dans la lignée des grands romans russes du XIXe siècle.

Irina Golovkina (1904-1989) est la petite-fille du compositeur Nikolaï Rimski-Korsakov. Elle a fait des études d'art et de linguistique qu'elle n'a pas pu achever en raison de ses origines sociales. Par la suite, elle a travaillé comme technicienne en radiographie, poste qu'elle a dû abandonner également.

La revue de presse : Philippe Lançon - Libération du 13 septembre 2012

Les Vaincus, écrit en douce à la fin des années 50, n'a été publié en Russie qu'en 1992. Son surtitre est Une saga sous la terreur stalinienne : la saga de Russes blancs qui n'ont pas émigré. La vie quotidienne et l'évolution de la répression sous Staline sont subies et observées par ces vestiges de l'intérieur, vivant en ayant à peine le droit de vivre, attendant le coup de sonnette de l'aube qui les enverra dans l'au-delà. Les Vaincus, ce sont les condamnés. Ils lisent en français Emile Zola, Alphonse Daudet...
Saga, oui, avec tout ce que ce mot signifie : grands sentiments, descriptions minutieuses, longs dialogues d'exposition, remarques politiques ou journaux de jeunes femmes intercalés, manière surannée qu'ont les personnages de dire tout ce qu'ils pensent, dans toute leur naïveté de personnages. Cette ingénuité bavarde et lacrymale pourrait être un obstacle. Mais les livres puissants vivent par leurs défauts, ils en ont besoin pour devenir ce qu'ils doivent être : l'anachronisme formel des Vaincus correspond à celui de ses héros, à leur façon de vivre, de penser, de bouger, de saluer. Il accompagne leurs corps et leurs consciences. Ainsi redouble-t-il l'émotion que les situations dégagent, et la compréhension qu'on en a : on lit la liquidation d'un monde au moment même où on le sent exister.

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