«Tout le monde dit que la famille, c'est sacré. En regardant celles qui vivent dans le quartier, à Rome, je me dis que ça doit être vrai. A chaque étage, il y a des cris, des embrassades, des rires, de la musique. Chez nous, on ne s'embrassait pas, ça gueulait politique et j'étais toujours tenu à l'écart.»
En sortant dans la rue ce matin-là, Lorenzo sent gonfler en lui toutes les promesses de l'été, de l'avenir. Alors il traverse sans faire attention. Et ne voit pas la voiture qui surgit au même moment... Étendu sur le bitume, Lorenzo remonte le fil de sa vie. Celle d'un jeune Romain qui a grandi écartelé entre l'intransigeance d'un père communiste ultramilitant, les migraines d'une mère rongée par un drame familial et l'amour d'un grand-père cachant tant bien que mal son passé mussolinien.
De l'assassinat d'Aldo Moro à l'avènement des années Berlusconi, un parcours chaotique marqué par ce sentiment d'incertitude et de résignation, mais aussi de désirs et de rêves enfouis qu'exprime le mot magari («si seulement...»), tel un état d'âme qui se décline à l'infini.
Journaliste, correspondant de Radio France à Rome pendant cinq ans, Éric Valmir est à la fois un grand amoureux de l'Italie et un des meilleurs analystes de la société italienne. Après Toute une nuit (Robert Laffont, 100$), Magari est son deuxième roman.
1) Qui êtes-vous ? !
Un quadragénaire chauve dont le corps et le coeur se promènent entre la France et l'Italie
2) Quel est le thème central de ce livre ?
Gouter aux simplicités de la vie
3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
Flâner est le contraire d'errer.
4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Mi fido di te de Lorenzo Jovanotti
5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Un verre de vin blanc sicilien en regardant le soleil s'écraser derrière les Iles Egades
6) Avez-vous des rituels d'écrivain ? (Choix du lieu, de l'horaire, d'une musique de fond) ?
Une seule règle : ne pas en avoir. Et c'est déjà une discipline
7) Comment vous vient l'inspiration ?
Dans l'observation de ce qui nous entoure
8) Comment l'écriture est-elle entrée dans votre vie ? Vous êtes-vous dit enfant ou adolescent «un jour j'écrirai des livres» ?
Au collège, dans les cours où je m'ennuyais, j'écrivais des polars à deux balles qui mettaient en scène les élèves de la classe. Ce fut mon premier contact avec l'écriture mais ensuite je n'ai jamais imaginé écrire plus tard. Je ne me suis pas projeté. Ça vient un jour sans crier gare.
9) Vous souvenez-vous de vos premiers chocs littéraires (en tant que lecteur) ?
E=MC2 mon amour de Cauvin à l'enfance, et 1984 d'Orwell à l'adolescence.
10) Savez-vous à quoi servent les écrivains ? !
A greffer sur notre esprit des yeux différents
11) Quelle place tiennent les librairies dans votre vie ?
Je suis incapable de passer devant une libraire sans y entrer. Si je n'avais pas été journaliste, mon rêve aurait été de tenir un café-librairie sur un port.
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