"Acharnement" de Mathieu Larnaudie chez Actes Sud (Arles, France)

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Publié le 22 décembre 2012.

Résumé

Le point de vue des éditeurs

Depuis la défaite du ministre dont il rédigeait les discours, Müller a mis à distance sa fonction professionnelle de "plume". Dans la quiétude de sa demeure champêtre, il s'ingénie à élaborer l'allocution politique idéale, s'accordant quelques addictions (séries policières télévisées et petits verres de Chartreuse) et observant d'un oeil acerbe, en connaisseur, les campagnes électorales qui se succèdent et ramènent aux affaires des ambitieux qu'il a jadis côtoyés. Mais sa retraite est bientôt troublée par d'intempestifs suicidaires, des inconnus qui, du viaduc surplombant sa propriété, viennent s'écraser dans ses plates-bandes.
Le compulsif assemblage des mots, face au silence du désespoir. Ces deux réalités, une écriture caustique les met en miroir pour mieux illustrer les paradoxes de la rhétorique et l'incapacité de la parole à prendre en compte ce qui survient...
Après Les effondrés où il questionnait la chute de la doxa ultralibérale, Mathieu Larnaudie confirme sa capacité d'engager la fiction dans un décapage rigoureux des stratégies, effets de manches et belles envolées du langage qui nous gouverne.

Né en 1977, Mathieu Larnaudie vit et travaille à Paris. Depuis 2004, il codirige la revue et les éditions Inculte. Il est notamment l'auteur de Strangulation (Gallimard, 2008), La constituante piratesque (Burozoïque, 2009) et Les effondrés (Actes Sud, 2010).

La revue de presse : David Caviglioli - Le Nouvel Observateur du 20 décembre 2012

Son impeccable «Acharnement» n'est pas une énième «politique fiction». C'est un saut dans le vide. L'idée de départ est étrange, voire géniale. Müller, plume ministérielle d'un grand parti de droite, se retire dans une maison campagnarde après avoir été mis au placard...
Aigri par son éviction d'un ministère dont on ignore jusqu'à l'intitulé, Müller se remémore avec dégoût les années qu'il y a passées. Dans une langue travaillée dont la richesse contraste avec la pauvreté de ce qu'il décrit, il balance tout. Les bêtabloquants dont les ténors du parti se gavent pour paraître calmes à la télévision. La mauvaise foi la plus écoeurante érigée en talent d'orateur. L'omniprésent vocabulaire militaire (fief, QG, troupes, etc.). L'indifférence envers l'action politique et l'impériale obsession de la conquête.

La revue de presse : Eric Chevillard - Le Monde du 13 septembre 2012

Acharnement, son nouveau roman, s'offre comme l'antidote au poison dont il décrit les ravages en s'intéressant précisément à la figure d'un speech writer, c'est-à-dire le nègre d'un homme politique, chargé de trousser pour lui des discours du meilleur effet et qui n'engagent à rien. Telle était du moins la fonction de Müller, aujourd'hui retiré de ce cirque, par dégoût et lassitude. Il ne garnira plus de son le ventre et surtout la bouche de son ministre, aujourd'hui déchu, ni du rival plein d'avenir qui convoite ses services...
Mathieu Larnaudie décline son motif avec une grande intelligence, dans une narration qui passe alternativement de la première à la troisième personne, faisant de son héros tantôt un être maître de son destin, tantôt un fantoche de papier mené où bon lui semble par l'auteur, seul véritable démiurge de l'histoire, qui insuffle la vie dans une langue sclérosée et s'acharne à lui rendre la capacité, sinon d'ordonner le monde, au moins de le comprendre.

La revue de presse : Alain Nicolas - L'Humanité du 6 septembre 2012

Acharnement contre acharnement. Ceux qui veulent mourir contre celui qui s'acharne à persister dans son être d'écriture. Ou alors ceux qui meurent pour de vrai contre celui qui a choisi une certaine forme de suicide politique, symbolique, en refusant un poste envié aux côtés de celui qui va exercer le pouvoir. Le roman se structure autour de ces deux paires d'opposés, la mort et la continuation de la vie par le discours, la réalité et sa représentation politique. Mathieu Larnaudie travaille en profondeur ces thèmes, le roman étant loin de se réduire à l'épure qu'on pourrait imaginer à la lecture de ces quelques lignes. Il va pousser très loin cette réflexion sur les fonctions de la parole politique, sans aller jusqu'à l'essai, tout en produisant une description implacable du pouvoir mis à nu.

La revue de presse : Benjamin Locoge - Paris-Match, août 2012

Le romancier nous emporte avec brio dans le tourbillon effrayant de ceux qui nous gouvernent...
Dans ce sixième roman, Mathieu Larnaudie joue finement avec la comédie du pouvoir. Il est facile de reconnaître l'ambition de Nicolas Sarkozy, les lunettes de Claude Guéant ou le fantôme de Jacques Chirac. Mais l'auteur est plus subtil. S'il décrit à merveille le jeu politique, c'est pour mieux montrer combien ses propres acteurs sont eux aussi emportés par la folie de leur passion...
Avec une bonne dose de cynisme, Larnaudie signe un texte précis, cruel, que tout politique se doit d'apprendre par coeur. Avec acharnement.

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