La décision n'est pas encore prise, mais elle provoque déjà des remous. Environ 120 personnes s'étaient donné rendez-vous mercredi après-midi devant la mairie de Cysoing pour protester contre le projet d'installation d'un camp rom derrière l'ancienne gare de la commune. Pour la préfecture, il s'agit de trouver une solution pour reloger les familles évacuées à Lille-Hellemmes et Villeneuve–d'Ascq le 9 août. Un second site est d'ailleurs pressenti à Bauvin.
« Comment vont-ils vivre ici ? »
Depuis lundi, date à laquelle le préfet l'a informé de son intention, le maire (SE) Benjamin Dumortier joue les frondeurs. « Voilà sept ans que je demande la dépollution de ce site pour agrandir le béguinage social adjacent et qu'on me le refuse. Aujourd'hui, l'Etat veut y mettre un camp rom. Je m'y opposerai », affirme-t-il. Certains riverains sont du même avis. « Comment vont-ils vivre ici ? », s'interroge l'un d'eux. Une pétition circule dans la commune et aurait déjà recueilli 800 signatures. « J'espère en avoir au moins 2 000 pour aller rencontrer le préfet, vendredi matin, sur le sujet », avoue Benjamin Dumortier.
Ce projet ne date peut-être pas d'hier, à en croire le mécanicien qui occupe le site, ancienne gare de marchandise, depuis six ans en accord avec le propriétaire Réseau Ferré de France (RFF). « On m'a demandé de partir il y a six mois, souligne l'homme. Qu'est-ce que je vais devenir ? Je n'ai plus de boulot. » Autre surprise : la liste du foncier disponible pour le logement social, parue mercredi, parle de 14 000 m2 appartenant à RFF. Il pourrait s'agir de la même parcelle. Contacté, RFF n'a pas souhaité s'exprimer. Une réunion avec la préfecture doit avoir lieu ce jeudi pour évoquer le sujet.